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Loi russe pour un Internet indépendant : les opposants manifestent, le Kremlin persiste

Une foule manifeste en Russie

Des manifestations se sont déroulées en Russie pour dénoncer un projet de loi concernant Internet.

Photo : AFP/Getty Images / ALEXANDER NEMENOV

Agence France-Presse

Un projet de loi visant à permettre à la Russie de se doter d'un Internet indépendant suscite une controverse dans le pays. Si le Kremlin assure ne pas vouloir couper le web russe, mais le protéger d'attaques extérieures, les opposants au projet crient à la censure et accusent le pouvoir en place de tenter d'isoler le pays du reste du monde.

Des milliers de personnes ont manifesté, dimanche en Russie, contre ce projet de loi de la Chambre basse du Parlement.

Selon les organisateurs, la manifestation autorisée à Moscou a rassemblé 15 000 personnes. Et des événements de plus petite envergure se sont tenus à travers la Russie.

Au nom de la lutte pour la sécurité informatique, le projet de loi prévoit d'empêcher les sites russes de fonctionner grâce à des serveurs étrangers.

Un projet de loi vu comme liberticide

Cette proposition critiquée est perçue comme une tentative de contrôler les contenus, voire d'isoler progressivement l'Internet russe alors que les autorités exercent une pression sur les libertés en ligne.

« Nous sommes ici parce que l'anonymat en Russie disparaît. Les autorités votent des lois qui permettent d'envoyer les gens en prison sans motif, de bloquer les contenus [en ligne] et l'accès à l'information », a affirmé à l'AFP Nikita Ouchakov, un étudiant de 23 ans.

Lors de la manifestation à Moscou, des militants pour la liberté des médias et d'Internet, dont Sergueï Boïko, se sont exprimés.

Le gouvernement combat la liberté, y compris la liberté sur Internet. Je peux vous dire ça en tant que personne qui a passé un mois en prison pour un tweet.

Sergueï Boïko, militant pour la liberté des médias et d'Internet

Selon l'organisation OVD-Info, spécialisée dans le suivi des arrestations, 29 personnes, dont un journaliste, ont été arrêtées lors des manifestations.

Telegram s’oppose aussi

L’application russe de messagerie Telegram a également pris position contre le projet de loi. Sur un compte officiel, Telegram a affirmé qu’il visait à « isoler la Russie du reste du monde » , ce qui permettrait de « bloquer les messageries et les réseaux sociaux étrangers ».

Ce projet, qui doit être validé lors d'une deuxième lecture décisive, vise à « une censure totale », a ajouté Telegram.

Les arguments du Kremlin

Lundi, le Kremlin a défendu sa proposition de loi. « Tous sont pour la liberté sur Internet : les auteurs de la loi, l'administration présidentielle et le gouvernement », a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, lors d'un point de presse.

« Personne ne soutient l'idée de couper Internet ou de limiter les possibilités de travailler sur le web », a-t-il poursuivi.

Ceux qui manifestent « ne craignent pas d'être coupés d'Internet sur la décision de quelqu'un de l'autre côté de l'Atlantique », a-t-il en faisant référence aux serveurs américains.

La nouvelle loi « vise à garantir la survie d'Internet en cas d'éventuelles cyberactions agressives contre notre pays », a assuré le porte-parole de Vladimir Poutine.

Une « anti-utopie à la Orwell »

Dans une pétition lancée contre le projet de loi, Roskovsvoboda, un groupe russe de défense des libertés sur Internet, dénonce ce qui pourrait selon lui conduire à une « anti-utopie à la Orwell » en Russie.

Roskovsvoboda conteste les pouvoirs grandissants de l'agence de régulation des télécommunications, Roskomnadzor. Cette dernière sera notamment chargée de superviser la création d'un nouveau centre « pour contrôler le trafic sur Internet », selon le projet de loi contesté.

Les réseaux VPN également dans la ligne de mire

Dernièrement, Roskomnadzor a lancé des procédures contre Facebook et Twitter. En décembre, l'agence a également condamné Google à une amende pour n'avoir pas retiré du contenu interdit.

Des parlementaires russes ont aussi envisagé d'interdire les réseaux VPN, qui permettent d'accéder à des sites non autorisés.

La Douma a par ailleurs adopté mercredi dernier en deuxième lecture un projet de loi permettant de bloquer des médias diffusant sur Internet des informations jugées fausses par les autorités ou de leur infliger des amendes.

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