•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Foyers de soins : négociations sur fond de manifestations

Une vingtaine de manifestants posent pour une photo, pancartes à la main.

Des travailleurs des foyers de soins de Shippagan, Lamèque et Caraquet manifestent devant le bureau du vice-premier ministre, Robert Gauvin.

Photo : Radio-Canada / Anonyme

Radio-Canada

Des manifestations sont organisées par endroits au Nouveau-Brunswick tandis que le gouvernement a finalement accepté de s'asseoir à la table des négociations avec le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) et l'Association des foyers de soins du Nouveau-Brunswick (AFSNB).

Il ne s’agit pas d’un mouvement de grève illégale, mais de manifestations de travailleurs qui ne sont pas à l’horaire et de gens qui leur donnent leur appui, explique Simon Ouellette, porte-parole duSCFP dans les Maritimes.

Des manifestations du genre sont organisées devant le bureau de la ministre du Développement social, Dorothy Shephard, à Saint-Jean, devant le bureau du vice-premier ministre, Robert Gauvin, à Shippagan, et une autre à Edmundston devant le foyer de soins Résidence Jodoin, indique Simon Ouellette.

Le syndicat a déposé un avis de grève samedi. Le débrayage aurait pu s'amorcer aussi tôt que dimanche matin dans 46 foyers de soins de la province, mais le gouvernement a obtenu un sursis de 10 jours en vertu d’une ordonnance de la Cour du Banc de la Reine.

Nous sommes à la table de négociation, [mais] nous sommes devant une impasse, relatait lundi Tammy Nadeau, qui manifestait devant les bureaux de la ministre du Développement social, Dorothy Shephard. Elle fait partie d’un groupe de cinq personnes qui ont été invitées à discuter avec la ministre dans ses locaux.

La seule raison que nous ne pouvons pas avancer, c’est que le Conseil du Trésor et le gouvernement ne viennent pas avec de l’argent, croit-elle.

Le gouvernement accepte de négocier

La situation pourrait toutefois changer, puisque le gouvernement provincial a maintenant accepté l'invitation à prendre place à la table dans le cadre des négociations avec le SCFP, a déclaré la ministre Shephard dans un communiqué envoyé par courriel lundi en fin d'après-midi.

Les négociations ont repris à 11 h lundi et le syndicat exprimait alors peu d’espoir parce que le gouvernement refusait jusqu'à maintenant de s'asseoir à la table des négociations. L'Association des foyers de soins du Nouveau-Brunswick ne dispose pas des outils nécessaires, selon le syndicat, pour assurer une augmentation salariale qui est au moins égale à l'augmentation du coût de la vie. C'est le gouvernement qui contrôle l'argent, selon le syndicat.

Dorothy Shephard n'est toutefois pas elle-même à la table des négociations. Y sont présents :

  • les représentants syndicaux;
  • les représentants de l'Association des foyers de soins du Nouveau-Brunswick;
  • un avocat du ministère du Développement social;
  • le sous-ministre adjoint du Conseil du trésor, Frédérick Finn.

Bien que je soutienne le processus de négociation collective et la capacité des travailleurs de déclencher la grève, la santé et la sécurité des résidents des foyers de soins continuent d’être ma préoccupation principale, a ajouté Dorothy Shephard. Actuellement, les négociations se poursuivent, et il serait inapproprié de discuter davantage des détails des négociations en ce moment.

Les représentantes des cinq locaux syndicaux de la Péninsule acadienne ont eu l’occasion de discuter par vidéoconférence avec le vice-premier ministre Robert Gauvin en début d’après-midi.

Il disait qu’il nous comprenait, assure Céline Robichaud, infirmière auxiliaire dans un foyer de soins de Caraquet et secrétaire de sa section locale 1318. Il a dit qu’il ne prenait pas ça à la légère.

Les représentantes ont profité de sa présence pour lui montrer l’état de leur mobilisation. Des manifestantes sur les trottoirs, pancarte à la main, lui ont fait part de leurs conditions de travail.

Les leçons de 2001

Le vice-président du Conseil des syndicats des foyers de soins du Nouveau-Brunswick, Roland Cormier, rappelle qu’une grève a eu lieu en 2001 pour les mêmes raisons qui ont mené au récent mandat de grève, dont le manque de personnel dans les foyers de soins.

Le gouvernement de Bernard Lord, à l’époque de la grève de 2001, avait promis une étude des besoins dans les foyers de soins. L’étude concluait qu’il fallait augmenter le personnel de ces établissements. Il y en avait en moyenne à ce moment 28 travailleurs pour 100 résidents par tranche de 24 heures. L’étude recommandait d’augmenter le ratio à 35 travailleurs, mais le gouvernement a conclu par la suite qu’il n’avait pas les moyens financiers nécessaires.

Le ratio à l’heure actuelle serait d’environ 31 employés pour 100 résidents, ce qui n’est pas encore ce que recommandait l’étude menée il y a 18 ans. De plus, souligne le syndicat, beaucoup plus de résidents qu’à l’époque ont une mobilité réduite et leurs besoins sont plus importants.

Avec des renseignements de Michel Corriveau et de Gabrielle Fahmy, de CBC

Nouveau-Brunswick

Relations de travail