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Catherine Fournier quitte le PQ et siégera comme souverainiste indépendante

Entrevue avec Catherine Fournier, députée de Marie-Victorin.
Radio-Canada

La députée de Marie-Victorin, Catherine Fournier, siégera désormais comme députée souverainiste indépendante, estimant que son parti n'est plus le véhicule approprié pour faire du Québec un pays.

La vérité, c’est que le Parti québécois a cessé d’attirer et de se renouveler. Trop de Québécois ne l’écoutent plus. À force de perdre, le Parti québécois est devenu perdant.

Catherine Fournier, députée indépendante de Marie-Victorin

Pour Catherine Fournier, le PQ, qui est censé être « le vaisseau amiral » des forces souverainistes, a ignoré les signaux d’alarme au fil des ans alors que le doute et la division s'installaient au sein des militants. Et c'est sans compter les jeunes générations qui, selon elle, « n'ont jamais été impliquées dans ce grand projet de société ».

En dépit des difficultés auxquelles la cause indépendantiste a été confrontée depuis le référendum de 1995, au moins le tiers des électeurs y demeurent attachés, croit Mme Fournier. Seulement, déplore-t-elle, ils sont dispersés dans plusieurs partis.

C’est le mouvement lui-même qui s’est fragmenté à coup de luttes intestines, de stratégies électorales malavisées et de trop nombreux changements de cap.

Catherine Fournier, députée indépendante de Marie-Victorin

« Malgré les vents contraires qui ont soufflé ces dernières années, le peuple, lui, n’a jamais renoncé », soutient l'ex-députée péquiste.

Elle appelle en conséquence au rassemblement des forces, sans préciser pour l’instant la forme que cela pourrait prendre.

Pas de nouveau parti souverainiste

Aux journalistes qui lui demandaient si elle comptait fonder un nouveau parti politique ou se joindre à une nouvelle formation souverainiste qui pourrait voir le jour, Catherine Fournier a répondu sans détour que « la dernière chose dont le mouvement a besoin à l'heure actuelle c'est d'un parti politique souverainiste qui vienne s'ajouter à l'offre de partis politiques ».

Même si éventuellement le Parti québécois se réformait, je crois qu’il est trop tard, qu’il a manqué ses opportunités et aujourd’hui il n’a plus la confiance ni la crédibilité pour le faire.

Catherine Fournier, députée indépendante de Marie-Victorin

Bérubé surpris

Le chef intérimaire du PQ, Pascal Bérubé, admet qu’aucun membre du caucus péquiste ne se doutait des intentions de Catherine Fournier.

Il est bien sûr déçu. Surtout, estime-t-il, que le parti va enclencher sous peu un vaste débat afin d’explorer toutes les avenues pour relancer le parti et le mouvement souverainiste.

Il n’est pas convaincu par ailleurs qu’elle a la légitimité pour continuer à siéger comme député, alors qu’elle a été élue comme péquiste dans Marie-Victorin. Il estime aussi que sa démarche risque de diviser davantage le mouvement, soit tout le contraire de ce qu’elle entend faire.

Il ne croit pas, sinon, que quiconque au caucus a l’intention d’emboîter le pas à Catherine Fournier.

Celle-ci n'a pas tardé à réagir aux propos de Pascal Bérubé. « La réaction du Parti québécois exprimée par son chef intérimaire Pascal Bérubé est à elle seule une bonne démonstration de ce qui ne fonctionne plus dans ce parti », a écrit Catherine Fournier sur son compte Twitter.

De son côté, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, refuse de condamner la décision de la députée Catherine Fournier de claquer la porte du PQ.

« C'est une réflexion qui lui appartient à elle, a commenté M. Blanchet. Chaque membre, chaque acteur du mouvement souverainiste doit, à son heure, faire sa réflexion. Et ça leur appartient. Je vous dirai seulement que le Bloc québécois est la démonstration qu'on peut sortir d'une réflexion beaucoup, beaucoup plus fort qu'au moment où on y est entré. »

Le chef du Bloc estime par ailleurs que cette division au Parti québécois n'aura pas d'impact sur la campagne électorale fédérale qui approche.

Le PQ conserve son statut de deuxième opposition

Avec ce départ, le PQ ne comptera désormais plus que neuf députés en Chambre, soit un de moins que Québec solidaire, qui occupe actuellement le rang de troisième opposition à l'Assemblée nationale.

Mais en vertu de l'entente conclue entre le PQ et l'Assemblée nationale, le parti conserverait malgré tout son titre de deuxième groupe parlementaire d'opposition pour toute la durée de la 42e législature, soit l'équivalent du mandat de quatre ans de l'actuel gouvernement.

Québec solidaire lève son drapeau

Québec solidaire a souhaité bonne chance à la nouvelle députée indépendante, ajoutant qu'à titre de formation indépendantiste, avec les militants d’Option nationale, la formation devient « la force indépendantiste en croissance ».

De plus, QS a sollicité une rencontre avec le secrétaire général de l’Assemblée nationale pour parler des modifications à apporter aux ressources parlementaires. Québec solidaire fait valoir qu'il devrait devenir le deuxième groupe d'opposition.

Les principes du parlementarisme québécois sont clairs : c'est le nombre de députés qui détermine l'ordre des partis.

Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de Québec solidaire

Les 10 députés du PQ, moins une

Catherine Fournier représente la circonscription de Marie-Victorin, en Montérégie, depuis 2016. Elle a été réélue aux élections générales du 1er octobre 2018, avec une majorité de 705 voix contre la candidate de la CAQ Martyne Prévost.

La circonscription avait été laissée vacante par le départ de Bernard Drainville, en juin 2016.

Mme Fournier fait partie des dix députés du PQ qui ont réussi à se faire élire lors des dernières élections provinciales, dans ce qui constitue la pire défaite électorale de la formation politique depuis sa fondation.

À 26 ans, elle est la plus jeune députée de l'Assemblée nationale.

Après son baccalauréat en économie et science politique à l’Université de Montréal, elle a notamment été nommée à la vice-présidence du Bloc québécois.

Elle a par la suite été recrutée, en novembre 2015, comme attachée politique au cabinet de l’ancien chef péquiste Pierre Karl Péladeau. Elle a occupé cette fonction jusqu’au départ de ce dernier.

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