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10 ans depuis la tragédie du vol Cougar 491, à Terre-Neuve

Lori Chynn pose sa main sur la photographie de son mari reproduite sur l'affiche.
Lors de l’anniversaire de la tragédie en 2018, Lori Chynn a installé une affiche célébrant la vie de son mari, John Pelley, qui est mort lors de l’écrasement de l’hélicoptère Cougar. Photo: CBC/Fred Hutton
La Presse canadienne

Le 12 mars 2009, un hélicoptère Sikorsky de la compagnie Cougar Helicopters s'abîmait en mer, au large de Terre-Neuve, alors qu'il transportait des travailleurs vers les plates-formes de forage pétrolier. Dix-sept des dix-huit personnes à bord avaient péri.

L’enquête a démontré que l’appareil avait perdu toute l’huile de sa boîte d’engrenage, à la suite du bris d’une pièce, ce qui a précipité la catastrophe.

La tragédie avait entraîné la création de la commission Wells qui avait formulé, en 2010, 29 recommandations pour améliorer la sécurité du transport des travailleurs du secteur extracôtier. Elles portaient notamment sur l’amélioration de l’entraînement de survie des travailleurs et sur une plus grande transparence de l’industrie pétrolière.

Les proches se souviennent

Dix ans se sont écoulés, mais la catastrophe reste encore bien fraîche à la mémoire des proches des victimes. Lori Chynn y a perdu son mari, John Pelley, qui entamait un tour de service de trois semaines à bord de la plate-forme SeaRose.

John Pelley sur le pont du navire à la tombée du jourJohn Pelley travaillait en tant qu'infirmier à bord du navire d'extraction pétrolière SeaRose au large de Terre-Neuve. Photo : Gracieuseté de Lori Chynn

Après l’accident, elle s’est jointe à d’autres proches des victimes et a milité pour le resserrement de la sécurité lors du transport des travailleurs de l’industrie pétrolière.

Je sentais que je devais faire ce travail parce qu’il [son mari] n’avait plus de voix. Il aurait voulu avoir des réponses.

À chaque anniversaire de la tragédie, elle traverse l’île de Terre-Neuve depuis son domicile, à Deer Lake, pour déposer une couronne de fleurs à l’endroit où les hélicoptères de la compagnie Cougar décollaient en direction des plates-formes, il y a 10 ans.

Un hélicoptère Sikorsky S92 en vol au-dessus de la merDes Sikorsky S92 sont utilisés par l'entreprise Cougar Helicopters, à Terre-Neuve, pour transporter les travailleurs des plateformes pétrolières. Photo : Cougar Helocopters

Un service commémoratif annuel a également lieu à Saint-Jean. Des proches et des amis des victimes y assistent, dont le maire de Saint-Jean, Danny Breen, dont le frère Peter était mort lors de la tragédie.

Il avait marqué bien des gens; j’en reçois encore des échos 10 ans plus tard.

La sécurité des travailleurs est toujours d'actualité

Il estime que la question de la sécurité dans les industries extracôtières est encore d’actualité.

Il faut se rappeler que ces [choses] peuvent arriver et qu’en conséquence, il faut se préoccuper à tout moment de la sécurité des travailleurs du secteur extracôtier. Il faut toujours être vigilant à ce sujet.

Danny Breen, maire de Saint-Jean, T.-N.-L.
Danny Breen, maire de Saint-Jean de Terre-Neuve.Danny Breen, maire de Saint-Jean de Terre-Neuve. Photo : Radio-Canada / Marie Isabelle Rochon

Certaines des recommandations de la commission Wells n’ont pas encore été mises en oeuvre. L’une des principales, à savoir la création d’une agence indépendante pour assurer la sécurité dans l’industrie des hydrocarbures extracôtiers, n’a pas encore eu de suites. La Norvège, l’Australie, le Royaume-Uni et les États-Unis ont déjà agi en ce sens.

Les profits passent avant la sécurité, selon Unifor

Lana Payne, la directrice régionale du syndicat Unifor, qui représente quelque 700 travailleurs des plates-formes Hibernia et Terra Nova, au large de Terre-Neuve, affirme que le resserrement de la sécurité en mer est plus important que jamais au moment où Terre-Neuve encourage l’exploitation de gisements pétroliers en eaux plus profondes, à une distance plus grande des côtes.

Elle estime que la sécurité passe bien souvent après les profits et cite en exemple le fait qu’en 2017, le navire SeaRose ne s’est pas libéré de son ancrage lorsqu’un iceberg s’est approché à moins de 500 mètres. L’Office Canada-Terre-Neuve des hydrocarbures extracôtiers a réprimandé son propriétaire, la compagnie Husky Energy, à la suite de cet incident.

La plateforme pétrolière flottante SeaRose.250 000 litres de pétrole se sont déversés en mer près de la plateforme flottante SeaRose, le 16 novembre au large de Terre-Neuve. Photo : La Presse canadienne / Husky Energy

Plus récemment, Husky Energy a essayé des critiques parce qu'elle a relancé trop tôt l'extraction de pétrole à partir du navire SeaRose alors qu'une tempête sévissait. Une importante fuite de pétrole est survenue à ce moment-la.

Mme Lane croit qu’il existe toujours une culture qui empêche les travailleurs d’exprimer ouvertement leurs préoccupations concernant la sécurité dans le secteur extracôtier et souhaite que les mentalités changent.

Terre-Neuve-et-Labrador

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