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Lock-out à l'ABI : l'offre patronale est rejetée à 82 %

Hommes qui crient le poing en l'air.

Les travailleurs encore présents à la salle du centre des congrès, à Trois-Rivières, se sont mis à crier de joie et à scander « so-so-so solidarité » après l'annonce du résultat, lundi soir.

Photo : Radio-Canada

Marilyn Marceau

Les travailleurs de l'Aluminerie de Bécancour inc. (ABI) ont éclaté de joie à l'annonce du rejet de l'offre patronale et du protocole de retour au travail à 82 %, prolongeant ainsi le conflit de travail qui dure depuis 14 mois.

Les employés de l’ABI se sont prononcés lundi sur la première offre faite par la direction depuis le déclenchement du lock-out.

Le Syndicat des métallos aurait préféré présenter à ses membres une entente négociée par les deux parties. Le conseil exécutif et l’unité de négociation ont d’ailleurs recommandé à leurs membres de rejeter cette offre, ce qu'ils ont fait avec une forte majorité.

Clément Masse, tout sourire, qui serre les mains de ses membres.

Le conseil exécutif du syndicat et l'unité de négociation ont recommandé à leurs membres de voter contre l'offre de la direction de l'ABI.

Photo : Radio-Canada

Une offre moins généreuse, selon le syndicat

Cette offre était moins généreuse que la dernière présentée par l’employeur avant qu’il ne décrète un lock-out et qui avait été rejetée à 80,3 %, selon le président de la section locale 9700 du Syndicat des métallos, Clément Masse.

Ce dernier affirme que le syndicat et l’employeur sont maintenant en désaccord sur plusieurs points, notamment les horaires de travail, le régime de retraite, les compressions de poste et la sous-traitance.

Les travailleurs ont aussi rejeté le protocole de retour au travail qui, selon le syndicat, était très désavantageux pour ses membres.

Le redémarrage aurait pris 10 mois, ce qui aurait retardé le retour au travail de nombreux employés.

De plus, la direction ne prévoyait pas donner de date de retour aux travailleurs ni leur garantir des heures.

Pour ce qui est de la suite des choses, le syndicat souhaite avoir des discussions avec Alcoa. L’employeur veut encore imposer sa façon de faire, a-t-il déclaré.

L’employeur, il est temps qu’il vienne s’asseoir et négocier de bonne foi.

Clément Masse, président de la section locale 9700 du Syndicat des métallos

Alcoa «  déçue  » du résultat

Par voie de communiqué, la direction de l'ABI a dit être déçue que le syndicat ait rejeté une offre qu'elle qualifie de juste et compétitive.

La ratification de l’offre aurait mis fin au conflit de travail avec un plan de reprise des opérations, souligne Alcoa, qui détient 75 % des parts dans l'entreprise.

Environ 90 % des syndiqués se sont présentés à la rencontre de lundi, soit 829 sur 926, ce qui est la plus importante participation à une assemblée syndicale depuis le début du lock-out le 11 janvier 2018.

Des travailleurs de l'ABI sont assis dans une salle du Centre des congrès de Trois-Rivières.

La salle du Centre des congrès de Trois-Rivières était comble pour l'assemblée syndicale de la section locale 9700 des Métallos, pendant laquelle les travailleurs doivent voter sur la plus récente offre patronale.

Photo : Radio-Canada / Maude Montembeault

Le syndicat veut rencontrer François Legault

Le directeur québécois du Syndicat des métallos, Alain Croteau, a rappelé que l’usine de Bécancour est parmi les alumineries les plus performantes sur le continent.

On l’appelle la formule 1 des alumineries en Amérique, ce n’est pas à cause des coûts de main-d’oeuvre que ça ne fonctionne pas, a-t-il expliqué.

Il estime que le fait que l’ABI n’ait pas eu à payer toute sa facture à Hydro-Québec durant le lock-out a créé un déséquilibre financier qui désavantage le syndicat et avantage la direction. Alcoa a économisé environ 165 millions de dollars en coût énergétique en 2018.

Je demande dans les plus brefs délais une rencontre avec le premier ministre [à ce sujet], a déclaré M. Croteau, en conférence de presse à Trois-Rivières, après le dépouillement des votes.

Pour voir l'intégrale du point de presse du syndicat de l'ABI, lundi soir :

Les attentes étaient élevées

En entrevue à RDI lundi matin, le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, s’était dit optimiste quant à l’issue du vote.

Je ne peux pas prédire [le résultat du vote]. Comme je m’amuse à le dire, ma bouteille de champagne est sortie. Ça fait longtemps qu’elle était là. Elle n’est pas encore débouchée, mais j’espère, j’espère la sabrer aujourd’hui.

Jean-Guy Dubois, maire de Bécancour
Jean-Guy Dubois dans un cercle avec les syndiqués en face de l'usine

Le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, qui parle à des travailleurs de l'ABI en lock-out. (Archives)

Photo : Radio-Canada

Jean-Guy Dubois avait dit ne même pas vouloir penser à un scénario où l’offre patronale serait refusée, ce qui prolongerait le conflit de travail. ABI, c’est 16 % de notre budget municipal, c’est de loin le plus gros employeur de la ville.

Le maire de Bécancour a rappelé que l’Aluminerie de Bécancour est, selon lui, « l’entreprise la mieux située » dans l’industrie de l’aluminium au Québec. On a un port en eaux profondes, directement relié avec les voies ferrées et avec le système autoroutier. L’alumine arrive par bateau, est pompée directement dans l’usine grâce à un système de silo et une fois que la production est terminée, on le met dans un train qui est dans l’usine et il part vers les États-Unis ou vers les marchés.

Avec la collaboration de Maude Montembeault et Michelle Raza

Mauricie et Centre du Québec

Relations de travail