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Le Manitoba veut renforcer la sécurité dans les hôpitaux

Une infirmière fait rouler un lit dans un couloir d'hôpital.

Après une augmentation du nombre d'incidents violents dans les hôpitaux du Manitoba, le gouvernement cherche à améliorer la sécurité dans les établissements de santé de la province.

Photo : shutterstock / john panella / John Panella

Radio-Canada

Face à l'augmentation du nombre d'incidents violents liés à la méthamphétamine le gouvernement du Manitoba a présenté, lundi, un projet de loi visant à permettre aux agents de sécurité des hôpitaux de faire appliquer les lois provinciales lorsque la sécurité des personnes et des biens est en jeu. La province veut aussi faire l'examen des services de sécurité dans les six principaux hôpitaux de Winnipeg.

Le gouvernement manitobain veut permettre aux agents de sécurité de détenir les individus violents.

Le ministre de la Justice, Cliff Cullen, a indiqué qu’il souhaitait que les agents de sécurité soient ainsi requalifiés d’agents de sécurité institutionnels.

Les autres tâches seront déterminées au terme de consultations, tout comme le type de formation, les uniformes et les équipements que ces agents recevront.

Il s’agit d’une réponse à l'escalade de la violence dans les hôpitaux. Le nombre d’incidents violents a doublé à certains endroits au cours de la dernière année.

« Aucun Manitobain ne nierait la prévalence accrue de la méthamphétamine dans nos communautés. Les causes de la violence et les problèmes liés à la sécurité dans nos établissements de soins de santé sont nombreux et complexes, mais la méthamphétamine fait évidemment partie de cette équation », a déclaré le ministre de la Santé, Cameron Friesen.

Il note que certains hôpitaux ruraux ne disposent d’aucun système de sécurité. Il en va de même pour les foyers de soins et les cliniques.

« Cela soulève des questions », affirme-t-il en attribuant cette situation au manque de planification. « Notre réponse aux besoins en matière de sécurité a toujours été réactive dans cette province. »

À l’hôpital de Saint-Boniface, certains patients, comme James Gabriel, s’inquiètent des conditions de sécurité dans le bâtiment.

« Ma femme est enceinte et, en allant aux toilettes, elle est tombée sur une femme sous l'emprise de la métamphétamine, raconte-t-il. Les agents de sécurité ne l'ont pas arrêtée. Je leur ai dit qu'il y avait quelqu'un sous l'emprise de la méthamphétamine et ils sont intervenus 10 ou 15 minutes plus tard ».

Il affirme que « beaucoup de sans-abri se retrouvent dans le sous-sol, c'est là qu'ils consomment de la drogue ».

Un examen en trois phases

Les détails de la première étape de l'examen ont été publiés dans un appel d’offres publié la semaine dernière par l'Office régional de la santé de Winnipeg (ORSW).

La première partie de l’étude portera sur les six hôpitaux de Winnipeg, soit le Centre des sciences de la santé et les hôpitaux Saint-Boniface, Grace, Seven Oaks, Concordia et Victoria.

« On attendait ça depuis longtemps. C'est quelque chose que nous demandons depuis des mois », commente la présidente du syndicat des infirmières du Manitoba, Darlene Jackson.

Selon des chiffres de l'ORSW publiés ce mois-ci, le nombre d'incidents violents signalés dans les principaux hôpitaux de la ville a connu une augmentation spectaculaire.

Entre octobre 2016 et octobre 2018, 175 incidents violents ont été signalés à l'hôpital Grace, et 444 au Centre des sciences de la santé.

La deuxième phase portera sur les centres de soins, les centres de santé et les cliniques de Winnipeg, tandis que la troisième phase portera sur la sécurité dans les hôpitaux situés à l'extérieur de Winnipeg.

Comme il est mentionné dans l’appel d’offres, le Manitoba a connu une augmentation importante de l’utilisation de la méthamphétamine en cristaux au cours des deux dernières années, ce qui entraîne une hausse du nombre de patients qui ont des interactions violentes avec le personnel hospitalier.

« Cela a de graves répercussions sur la prestation des soins de santé, peut-on y lire. Les gestes violents manifestés par des individus souffrant de psychose sont incroyablement difficiles à prévoir et à gérer. »

Manitoba

Santé publique