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Assurance médicaments : ce serait une erreur d'imiter le régime québécois, dit la FTQ

Un pharmacien compte des pilules.
Les organisations qui font campagne pour l'instauration d'une assurance médicaments entièrement publique et universelle font valoir que celle-ci ferait économiser des milliards aux gouvernements. Photo: Radio-Canada / Radio-Canada
La Presse canadienne

À une dizaine de jours des budgets fédéral et provincial, les organisations qui font campagne pour l'instauration d'une assurance médicaments entièrement publique et universelle font valoir que celle-ci ferait économiser 11 milliards de dollars au Canada et 1 à 3 milliards au Québec.

Alors qu'Ottawa a créé le Conseil consultatif sur la mise en œuvre d'un régime national d'assurance médicaments, un front uni d'organisations l'implore de ne pas imiter le modèle québécois en la matière.

« La solution, ce n'est pas le régime du Québec. Ce serait une erreur d'adopter le régime hybride du Québec. Il y a des problèmes avec ce régime hybride là, autant dans la partie privée que dans la partie publique », s'est exclamé le président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), Daniel Boyer, en entrevue avec La Presse canadienne.

À la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), le secrétaire-trésorier Luc Beauregard confirme : « Au cours des dernières années, les primes d'assurance médicaments ont augmenté de 5 à 8 % par année. Résultat : de plus en plus de syndicats prennent la décision de mettre un terme à leur régime d'assurance collective ».

M. Boyer, de la FTQ, souligne qu'avec un régime d'assurance médicaments entièrement public et universel, le Québec pourrait économiser 1 à 3 milliards de dollars selon les modalités du régime et le Canada, 11 milliards. « Et ça, ce sont des sous qu'on pourra réinvestir dans nos services publics éventuellement. Pourquoi se priver de ces 1 à 3 milliards d'économies là? », demande M. Boyer.

On peut améliorer le modèle québécois, dit le CPQ

Au Conseil du patronat du Québec (CPQ), l'économiste en chef Norma Kozhaya est loin de rejeter le modèle québécois. « Le Québec a déjà un modèle. Le modèle que nous avons, ce n'est pas nécessairement le modèle le plus parfait. On peut l'améliorer peut-être, voir ce qui fonctionne bien dans notre système », dit-elle.

Mais les partisans d'un régime public et universel font valoir que cela comporterait l'avantage de disposer d'un levier plus puissant pour négocier de meilleurs prix face aux compagnies pharmaceutiques.

« Il y a de plus en plus de gens qui ne consomment pas leurs médicaments parce qu'ils n'ont pas les moyens de les acheter – 9 % du monde – malgré que tout le monde est couvert au Québec. Il faut trouver des solutions à ça », lance M. Boyer, dont la centrale syndicale compte plus de 600 000 membres.

Mme Kozhaya objecte que toute médaille a un revers. « En même temps, la question qu'on peut se poser, c'est les pharmaceutiques, est-ce qu'elles vont toujours être incitées à innover, à faire de la recherche et développement, à lancer de nouveaux médicaments au Québec et au Canada? Il peut y avoir des avantages, mais il faut aussi faire attention aux inconvénients », pense-t-elle.

Sur la scène québécoise, M. Boyer affirme avoir exposé les problèmes du régime hybride au premier ministre François Legault avant les Fêtes et que « ça semblait l'intéresser ».

Mais pour Mme Kozhaya, du CPQ, « la preuve reste encore à être faite qu'on va gagner autant en efficacité, en accessibilité, en viabilité à long terme » avec un régime 100 % public et universel.

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