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Les gilets jaunes à la recherche d'un second souffle

Le 17e week-end de mobilisation est également inspiré par la Journée internationale des droits des femmes.
Le 17e week-end de mobilisation est également inspiré par la Journée internationale des droits des femmes. Photo: Associated Press / Francois Mori
Agence France-Presse

Des milliers de gilets jaunes ont manifesté pour le 17e samedi consécutif à travers la France, espérant contrer la lente décrue de leur mouvement de contestation qui dénonce la politique fiscale et sociale d'Emmanuel Macron avec plusieurs mobilisations disparates aux revendications multiples.

Samedi à 14 h (heure locale), quelque 7000 protestataires étaient réunis dans toute la France, dont environ 2800 à Paris, a indiqué le ministère de l'Intérieur. Samedi 2 mars à la même heure, ils étaient 5600 sur l'ensemble du pays, dont 1320 dans la capitale.

Les gilets jaunes étaient 282 000 à manifester le 17 novembre quand ils ont lancé leur mouvement inédit dans sa forme apolitique et asyndicale, qui portait alors sur le prix des carburants jugés trop élevés et la relance du pouvoir d'achat.

Cette fronde populaire est la pire crise essuyée par le président Macron depuis son élection en 2017.

Mais en près de quatre mois, le nombre des manifestants n'a cessé de refluer, allant jusqu'à passer sous la barre des 40 000 le 2 mars, sur l'ensemble de cette journée.

Les manifestants contestent les chiffres officiels et assurent que leur mobilisation reste entière, à une semaine de la fin du « grand débat national » voulu par le gouvernement pour écouter les doléances et apporter des solutions politiques à cette contestation sociale de grande ampleur.

« Acte décisif : nous ne bougerons pas » : le principal événement de la fin de semaine à Paris proposait de faire un sit-in sur le Champ-de-Mars, au pied de la tour Eiffel. Mais il a vite tourné court. Dès vendredi soir, une trentaine de manifestants ont tenté d'installer quelques structures près de la tour Eiffel, mais ont rapidement été délogés par les forces de l'ordre.

Samedi matin, une manifestation a débuté sur les Champs-Élysées, avec pour objectif de faire « converger toutes les mobilisations ». Une centaine de gilets jaunes ont d'abord côtoyé devant l'Arc de Triomphe des syndicats en gilets rouges, des assistantes maternelles en gilets roses et des femmes manifestant pour l'égalité, au lendemain de la Journée internationale des droits des femmes.

Toutefois, la convergence semblait difficile à établir. Une partie du cortège, rassemblant les syndicats et « gilets roses », s'est ensuite dirigée vers le jardin du Luxembourg, au coeur du Quartier latin, laissant les gilets jaunes derrière eux.

Nejeh Farhat, 40 ans, un gilet jaune de la première heure a regardé descendre les manifestants, l'air dépité. « C'est une organisation de merde », a-t-il lâché sous la pluie. Dans l'absolu, la convergence c'est pas mauvais, plus on est nombreux plus on est forts, c'est sûr. Mais le combat n'a pas changé, la priorité c'est le frigo. Après, l'égalité, tout ça, si ça se fait, ça se fait. Mais le frigo d'abord ».

Un policier antiémeute agrippe un gilet jaune par le cou, alors qu'un autre policier a la matraque tendue.À Quimper, des échauffourées ont éclaté entre les forces de l'ordre et des gilets jaunes, où près de 800 manifestants se sont réunis. Photo : AFP/Getty Images / Fred Tanneau

Des manifestations se sont également tenues dans de nombreuses autres villes, notamment à Nantes, où des échauffourées ont éclaté entre les forces de l'ordre et quelques dizaines de gilets jaunes qui leur jetaient des excréments, comme cela a déjà été le cas dans de précédentes manifestations.

Quelques heurts ont également eu lieu sur les Champs-Élysées à Paris, où un face-à-face tendu se poursuivait avec les forces de l'ordre en fin de journée.

Pour les gilets jaunes, l'objectif affiché du mois de mars est de renouer avec l'esprit des débuts du mouvement et d'accroître la pression sur le président Emmanuel Macron.

Le 16 mars, le 18e samedi de contestation aura ainsi lieu au lendemain de la fin officielle du grand débat et espère rassembler « la France entière à Paris » pour lancer un « ultimatum » au gouvernement.

International