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Le Fonds souverain norvégien entame un retrait graduel des investissements pétroliers

Une plateforme pétrolière au large de la Norvège.
La Norvège est le plus grand producteur de pétrole d'Europe de l'Ouest. Photo: Getty Images / Daniel Sannum Lauten
Radio-Canada

Le Fonds souverain norvégien a annoncé sa sortie progressive des entreprises d'exploration et de production pétrolière, invoquant les risques financiers liés à ces secteurs. Une décision symbolique qui ne surprend pas les observateurs économiques.

Le fonds de pension du gouvernement norvégien représente des actifs de plus de 1000 milliards de dollars américains, principalement issus de l’exploitation pétrolière nationale.

Or, le gouvernement a annoncé aujourd’hui que le fonds se débarrasserait d’actions représentant environ 8 milliards de dollars d’entreprises d’exploration et de production pétrolière.

Il s’agit surtout de petites entreprises, les géants pétroliers tels Total, Shell ou British Petroleum étant épargnés de la purge norvégienne.

« Pour ces compagnies-là, ce n'est pas dramatique, explique Patrick Gonzalez, professeur au Département d’économique de l’Université Laval. Tout ce que ça veut dire, c'est qu'ils détenaient des actions qu'ils vont vendre à quelqu'un d'autre. Donc, je ne suis pas convaincu que ça va avoir un effet très important à moyen terme sur le marché. »

De plus, le professeur souligne que ces investissements représentent à peine 3 % ou 4 % de la valeur totale du fonds norvégien.

Toutefois, ce désengagement envoie un signal symbolique « qui va résonner longtemps », selon M. Gonzalez.

Même son de cloche du côté de Bertrand Schepper de l’Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS).

« Le contexte économique du pétrole n’est plus le même qu’il ne l’était pendant les années 1990 », estime-t-il.

Message économique, raison politique

Si la Norvège ne compte pas pour autant se retirer complètement de l’industrie pétrolière – le pays étant d’ailleurs le plus gros producteur d’Europe de l’Ouest – ce changement de cap du Fonds souligne certains risques financiers.

La ministre norvégienne des Finances, Siv Jensen, a martelé que la décision était motivée uniquement par des raisons économiques, un discours qui ne convainc pas André Belisle, de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA).

Une femme aux cheveux courts blonds et aux yeux bleus a les mains dans les airs lors d'une conférence de presse.La ministre norvégienne des Finances Siv Jensen Photo : Getty Images / Cornelius Poppe

« Je ne suis pas surpris de les voir agir comme ça, de tenir un discours qui n'est pas alarmiste, explique M. Belisle. Mais si on les juge sur leurs actes, on peut dire qu'ils avancent toujours plus vers l'énergie verte et la conservation de l'énergie. »

Rappelons que le Fonds souverain norvégien avait déjà créé une secousse économique similaire lorsqu’il avait retiré ses investissements du secteur du charbon, alléguant aussi des enjeux économiques.

Avec les informations de Nancy Caouette

Europe

Économie