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Jane MacLatchy, première femme à diriger la GRC au Manitoba

Gros plan du visage souriant de Jane MacLatchy dans son uniforme de la GRC.

Jane MacLatchy, qui a trente ans de carrière, dirige la GRC au Manitoba.

Photo : Gendarmerie royale du Canada

Radio-Canada

Jane MacLatchy est arrivée tout récemment dans la province, où elle occupe depuis le 11 février le poste de commissaire adjointe et commandante de la GRC au Manitoba. Son mari, raconte-t-elle, est encore à Ottawa où il doit vendre la maison familiale avant de venir la rejoindre à Winnipeg, où elle espère être en poste au moins trois ans.

Née de parents originaires d’Angleterre, cette policière de carrière raconte que toute jeune, déjà, en Nouvelle-Écosse où elle a grandi, elle était fascinée par les policiers : « Je voyais des gendarmes, des mounties, chaque jour ou presque. Ils étaient toujours gentils, ils jasaient avec nous, donnaient les conseils pour être en sécurité. J’avais de l’admiration pour eux et je pensais que c’était vraiment une bonne profession », dit-elle.

Si c’est aussi un métier qui exige de fréquents déplacements – chose que ses parents ont dès le départ trouvé difficile – Jane MacLatchy indique qu’elle a trouvé des amis dans tous les endroits où elle a travaillé, que ce soit dans le nord de la Colombie-Britannique où s’est déroulée sa première affectation, ou à Regina où elle était écuyère pour le carrousel de la GRC.

Au cours des ans, elle a aussi travaillé à la coordination de la sécurité. Elle était ainsi aux Jeux olympiques et paralympiques de Vancouver en 2010.

« J’ai passé beaucoup d’années avec la section des événements majeurs. On faisait les plans de sécurité pour des événements petits et gros. Pour les Olympiques, il y avait beaucoup de choses à penser. Il y a des risques surtout pour le terrorisme et tout ça, et beaucoup à faire. »

Assurer la sécurité pour des événements comme un G7 ou un G20 fait aussi partie de ses expériences : « C’est une ambiance différente; ça devient un dossier [centré sur] la protection des personnes où vraiment il y a des risques pour eux », explique-t-elle.

Les femmes ont été admises dans la GRC en 1974; Jane MacLatchy y est entrée en 1988. « Au début on était minoritaires et il fallait parfois avoir la couenne dure, dit-elle, mais la plupart des gens avec qui j’ai travaillé dans mon premier poste, même les gars – et la plupart étaient des gars – étaient respectueux et m’acceptaient », dit-elle.

Elle reconnaît toutefois qu’il y « avait une façon de s’attendre que les gars vont faire une bonne job et pour les femmes c’était un peu différent ».

« Ils restaient pour voir si ça fonctionnait ou pas, en anglais je dirais "they didn't quite give me the benefit of the doubt" (ils ne me donnaient pas le bénéfice du doute). Au début, ils attendaient juste pour voir si j’étais capable de faire ma job. C’était ma perception à ce moment-là. »

Une femme dans l'uniforme traditionnel de la GRC, avec un cheval.

Jane MacLatchy a été pendant quelques années membre de l'équipe du carrousel de la GRC. On la voit ici avec le cheval Hector.

Photo : Gendarmerie royale du Canada

Au final, dit-elle, la GRC s’est avérée un milieu accueillant où elle a pu évoluer en tant que femme. « La majorité du monde avec qui j’ai travaillé était excellent. C’est comme mes frères ».

Au Manitoba, Jane MacLatchy se donne comme priorité de voir comment diminuer le taux d’incarcération, qui est élevé dans la province, en travaillant en partenariat avec les communautés. Appliquer la loi comme les policiers l’ont fait pendant des années ne suffit pas, constate-t-elle.

On doit regarder les raisons pour lesquelles les personnes deviennent des victimes ou des suspects, pourquoi elles deviennent des gens vulnérables.

Jane MacLatchy, commissaire adjointe et commandante de la GRC au Manitoba

« Les difficultés, les dépendances, les problèmes de santé mentale… Parfois les gens n’ont pas de maison adéquate, d’éducation, de job. Si on peut faire quelque chose pour aider les gens, pour qu’ils évitent d’aller dans cette direction, c’est ce que je voudrais faire, avec la mobilisation des communautés, pour soutenir les gens. »

Manitoba

Égalité des sexes