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Des patients de Québec traités en radio-oncologie à Rimouski et Chicoutimi

Des patients de Québec traités en radio-oncologie à Rimouski et Chicoutimi
Ariane Perron-Langlois

Les hôpitaux de Rimouski et de Chicoutimi ont été utilisés en renfort pour traiter des patients de Québec atteints de cancer pendant une partie de l'année 2018, parce que ces personnes ne pouvaient pas obtenir chez elles leurs traitements de radio-oncologie dans les délais voulus.

Entre avril et novembre 2018, le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Québec n'arrivait plus à respecter la cible du ministère de la Santé, qui prévoit que 90 % des patients en radio-oncologie doivent être pris en charge en 28 jours ou moins.

Les listes d’attente s’allongeaient en raison d’un fort volume de patients et de bris d’équipement.

Le CHU a donc proposé à des patients, sur une base volontaire, de suivre leurs traitements en région. Leurs frais de déplacements et d’hébergement étaient remboursés.

Au total, 47 ont accepté d’être soignés à Rimouski, et 26 à Chicoutimi.

La cogestionnaire médicale du programme de cancérologie du CHU de Québec, Isabelle Germain, explique qu’il s’agissait de cas qui ne nécessitaient pas de soins surspécialisés et que la qualité des soins était identique à celle offerte dans la capitale.

C'est toujours dans le meilleur intérêt du patient qu'on prend des décisions comme celle-là, et je pense que c'était ce qu'il fallait faire pour la clientèle, leur donner le choix d'aller se faire traiter dans un autre centre, avoir un traitement de qualité qui répondait à leurs besoins, affirme Mme Germain.

Une salle de radiothérapie de l'hôpital de RimouskiUne salle de radiothérapie de l'hôpital de Rimouski Photo : Radio-Canada / Ariane Perron-Langlois

Attendre ou s’éloigner

Jean Mathieu fait partie des patients qui ont accepté de suivre leurs traitements de radio-oncologie à Rimouski. Ironie du sort, ce grand marcheur habite à quelques minutes à pied de l’Hôtel-Dieu de Québec.

À 65 ans, il a choisi d’aller à Rimouski pour ne pas retarder le début de ses traitements contre un cancer de la prostate qui se développait rapidement.

Ça a déboulé pas mal dans ma réflexion entre “est-ce que j’attends” et ils n’étaient pas capables de me préciser le nombre de semaines que je devrais attendre; ou j’accepte d’aller à l’extérieur où je perds mes repères, résume Jean Mathieu.

Jean Mathieu vit à Québec depuis toujours.Jean Mathieu vit à Québec depuis toujours. Photo : Radio-Canada / Ariane Perron-Langlois

En rétrospective, il considère que l’expérience a été positive, en raison de l’accueil qui lui a été réservé au Bas-Saint-Laurent. Il n’en veut pas au réseau de la santé de l’avoir éloigné de ses proches pour pouvoir commencer ses traitements dans les délais requis.

De me faire proposer d'aller suivre des traitements à l'extérieur de ma ville, en région, dans le Bas-Saint-Laurent, aujourd'hui je suis capable de dire que ça a été un plus, même si ça a été difficile par moments. Je trouve quand même que le réseau de la santé a pris une belle initiative.

Jean Mathieu

Être soigné loin des siens

Dominique Gingras a vécu un choc lorsqu’elle a reçu la proposition d’être soignée en région. Alors âgée de 40 ans, elle devait suivre six semaines de radiothérapie pour combattre un cancer du sein.

Sur le coup, ça m'a donné l'impression d'une bombe.

Dominique Gingras
Dominique Gingras dans l'autocar entre Québec et RimouskiDominique Gingras dans l'autocar entre Québec et Rimouski Photo : Radio-Canada / Courtoisie / Dominique Gingras

Au départ, elle appréhendait de suivre ses traitements loin de son conjoint et de ses deux enfants, dans une ville où elle ne connaissait personne. Toutefois, après réflexion, elle accepte l’offre et prend l’autobus pour Rimouski.

Je me disais que j’allais avoir juste moi à m’occuper, j’allais pouvoir me concentrer sur mes traitements, me reposer, raconte Mme Gingras.

Elle n’a jamais regretté son choix, puisque rapidement, elle a développé des liens forts avec le personnel et les bénévoles de l’hôpital et de l’hôtellerie.

Dominique Gingras est entourée des technologues Carole Proulx, Andrée-Anne Côté et Suzie Truchon.Dominique Gingras est entourée des technologues Carole Proulx, Andrée-Anne Côté et Suzie Truchon. Photo : Radio-Canada / Courtoisie / Dominique Gingras

Tu es accueillie comme si tu étais dans une famille d'accueil qui attend juste ça, de recevoir des gens, et de donner de l'amour, [qui] te faire sentir bien.

Dominique Gingras

Accueillis à bras ouverts

Dominique Gingras et Jean Mathieu ont logé à l’hôtellerie Omer-Brazeau, qui a l’habitude d’accueillir des patients qui vivent à des centaines de kilomètres de Rimouski. Régulièrement, des patients de la Côte-Nord, de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine y séjournent.

L’établissement héberge environ 2000 personnes par année. Il peut compter sur quelque 300 bénévoles pour soutenir ces patients et faciliter leur séjour.

C’est un défi de s’assurer de toujours être là pour eux, de les [soutenir], d'animer leur séjour pour éviter que ces gens-là s'ennuient […] Ils sont loin de leur famille, de leur maison, de leur milieu de vie. C’est d’en recréer un chez nous, pour leur permettre d’être le mieux possible, explique la directrice générale de l’Association du cancer de l’Est-du-Québec, Lise Fréchette, qui gère l’hôtellerie.

Dominique Gingras entourée de deux bénévoles de l'Association du cancer de l'Est du Québec, Julien-Marie Boudreau et Carmelle LeblancDominique Gingras entourée de deux bénévoles de l'Association du cancer de l'Est-du-Québec, Julien-Marie Boudreau et Carmelle Leblanc Photo : Radio-Canada / Courtoisie / Dominique Gingras

De son côté, le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent confirme que la venue de ces patients n'a eu aucun impact sur les délais de traitements pour les gens de la région.

Selon le CISSS, tous les patients sont vus dans un délai de 28 jours depuis plusieurs années.

Par ailleurs, le nombre de patients de Québec accueillis à Rimouski reste inférieur à ceux du Bas-Saint-Laurent qui ont été traités à l’extérieur de la région, parce qu’ils ont besoin de soins surspécialisés. Entre le 1er avril et le 2 février, 147 patients en radio-oncologie de la région ont été transférés à Québec, à Sherbrooke et dans la région de Montréal.

Une situation exceptionnelle

Depuis la fin du plan de contingence, en novembre 2018, aucun autre patient de la capitale n'a été envoyé en région pour des traitements de radio-oncologie, confirme le CHU de Québec.

Il n’est pas exclu que cette situation se reproduise, mais le bris d’équipement qui avait empiré la situation est maintenant réparé. De plus, l’ouverture du Centre régional intégré de cancérologie à Lévis devrait aider à désengorger le système, puisque des traitements de radiothérapie y seront offerts à partir d'avril.

Les plans de contingence en radio-oncologie sont rares, selon le ministère de la Santé. Le ministère fait état de quelques occasions seulement au cours des dernières années.

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