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Canola : une réponse scientifique à une crise politique

Un champ de canola en fleurs, avec une ferme au loin

Le canola canadien se retrouve au cœur de la crise politique entre Pékin et Ottawa.

Photo : Shutterstock

Radio-Canada

Pendant que le tout Ottawa était rivé sur les plus récents développements de l'affaire SNC-Lavalin, un nouveau chapitre des tensions sino-canadiennes s'écrivait. Mais si la Chine semble vouloir faire du canola canadien le plus récent instrument d'une crise politique, le Canada compte pour l'instant s'en tenir à des arguments scientifiques dans ce dossier.

Un texte de Mathieu Gohier

Pour la ministre fédérale de l'Agriculture, Marie-Claude Bibeau, il fait peu de doute que le blocage des grains de l'entreprise manitobaine Richardson International par la Chine constitue une forme de réplique à l'arrestation de la directrice financière du géant chinois des télécommunications Huawei.

« On ne peut pas s'empêcher d'y penser. [La ministre des Affaires étrangères Chrystia] Freeland fait les suivis qui s'imposent au niveau des relations diplomatiques avec la Chine », indique la ministre Bibeau, en entrevue à l'émission Les coulisses du pouvoir.

Mardi dernier, Pékin a révoqué le permis du distributeur canadien – l'un des plus grands exportateurs de canola du globe –, l'empêchant désormais d'avoir accès au marché chinois du canola. Quelques jours plus tard, la Chine annonçait qu'elle comptait soumettre les importations de canola canadien à des inspections plus approfondies après avoir trouvé des parasites lors de tests en laboratoire.

Des examens menés par l'Agence canadienne d'inspection des aliments sur les cas de non-conformité rapportés par la Chine n'ont toutefois pas permis de révéler la présence de parasites ou de bactéries.

Une réplique scientifique

Les tensions ont beau être politiques, la ministre de l'Agriculture préfère répliquer par l'entremise des experts de son ministère et de l'Agence canadienne d'inspection des aliments.

Marie-Claude Bibeau rappelle d'ailleurs qu'un incident semblable avec la Chine avait eu lieu en 2016.

« L'expérience a démontré qu'en ayant des discussions au niveau scientifique, technique, on a réussi à trouver des solutions dans le passé. Donc, c'est dans cet angle qu'on travaille, dans le but de pouvoir régler la situation le plus rapidement possible. On leur a dit qu'on était prêts à envoyer nos experts en Chine pour pouvoir travailler avec les leurs », explique-t-elle.

Les autorités chinoises n'ont toutefois pas encore répondu à l'invitation canadienne.

L'importance de diversifier les marchés

Ce nouveau conflit rappelle que les producteurs canadiens dépendent beaucoup du marché chinois pour exporter leurs produits agricoles. Le Canada exporte chaque année près de 5 milliards de dollars de canola. Du lot, 40 % sont destinés à la Chine.

Pour la ministre Bibeau, il est temps que le Canada réduise sa dépendance à ce marché, aussi lucratif soit-il.

« À l'intérieur de la stratégie économique du ministère de l'Agriculture, on a un objectif d'augmenter les exportations de 64 milliards à 75 milliards de dollars d'ici 2025, assure-t-elle. Et on travaille beaucoup sur la diversification des marchés avec l'entente avec l'Europe, l'entente de libre-échange avec les pays d'Asie. »

« Ça fait partie de notre stratégie d'être moins dépendant d'un marché ou d'un autre », indique la ministre.

L'entrevue complète avec Marie-Claude Bibeau sera diffusée à l'émission Les coulisses du pouvoir, dimanche, à 11 h, heure avancée de l'Est.

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