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Une chirurgienne qui a sauvé des victimes d’une fusillade visée par un lobby d’armes à feu

La Dr. Najma Ahmed en blouse de médecin dans une salle de consultation.
La Dr. Najma Ahmed est chirurgienne au département de traumatologie à l'hôpital St. Michael's de Toronto Photo: CBC / Albert Leung
Radio-Canada

Une association de propriétaires d'armes à feu fait pression sur une chirurgienne ontarienne qui a soigné les victimes de la fusillade de Danforth l'été dernier.

Près de 70 plaintes ont été portées contre Najma Ahmed, coprésidente d’une organisation représentant des médecins canadiens pour un meilleur contrôle des armes à feu.

Depuis le mois de janvier, la chirurgienne publie plusieurs messages sur les réseaux sociaux en faveur de l’adoption rapide du projet de loi C‑ 71, visant à mieux encadrer l’achat d’armes à feu au pays.

Elle se prononce également contre la possession d’armes de poing et des armes d’assaut.

Le groupe de lobbyistes reproche à Mme Ahmed d’user de sa crédibilité à titre de chirurgienne pour alimenter un débat politique.

Leur expertise [les médecins] c’est de sauver les victimes de fusillades, c’est de parler aux familles : c’est ça leur formation et leur expérience. Mais ils ne comprennent pas l’aspect politique du problème a déclaré le président de l’Association, Rod Giltaca.

Selon M. Giltaca, ce sont cinq médecins contre l’approche du groupe de Mme Ahmed qui ont contacté l’association de propriétaires d’armes à feu pour inviter leurs membres à porter plainte. Ces médecins connaissent l’enjeu des armes à feu, mais ne voulaient pas s’impliquer politiquement. Ils nous ont guidés étape par étape pour savoir comment porter plainte.

L'Ordre des médecins refuse de trancher un désaccord politique

Le processus de traitement des plaintes de l’Ordre, très réglementé, se penche habituellement sur les soins cliniques ou le comportement professionnel d’un médecin, a rappelé la registraire, Nancy Whitmore, dans un communiqué.

Le rôle de l’Ordre n’est pas de trancher des désaccords politiques, si les soins ou la conduite professionnelle ne sont pas en cause. Nous reconnaissons le rôle important que peuvent jouer les médecins pour militer en faveur de changements d’une manière socialement responsable.

Des policiers en uniforme regardent droit devant eux, l'air penseur, alors qu'une femme aux cheveux courts pleure près d'eux. La photographie a été prise le soir ou la nuit, puisqu'il fait sombre.Des policiers de Toronto observent la rue Danforth après la fusillade mortelle qui est survenue dans le quartier Riverdale. Photo : Getty Images / AFP/Cole Burston

De son côté, la chirurgienne du centre de traumatologie de l’Hôpital St Michael affirme, en entrevue à CBC, qu’elle ne restera pas silencieuse.

C’est notre responsabilité éthique de s’engager dans un dialogue qui concerne certaines politiques publiques, lorsque cela concerne la santé et le bien-être des Canadiens [...] ça fait partie de notre rôle tel que défini par le Collège des médecins du Canada, a-t-elle déclaré.

Selon elle, le projet de loi C-71 pourrait réduire la hausse alarmante de décès liés aux armes à feu qu’elle et ses collègues disent observer au pays ces dernières années.

Pour sa part, le parrain du projet de loi C-71, le sénateur André Pratte, trouve dommage qu’on s’en prenne à la docteure Ahmed. Elle a tout à fait le droit de participer à ce débat. La liberté d’expression est un droit fondamental au Canada et la Coalition devrait le respecter plutôt que de chercher à l’intimider, dit-il.

Le projet de loi C-71 propose, entre autres, des mesures comme la vérification plus complète des antécédents d’une personne qui demande un permis d’arme à feu ou encore l’obligation pour les commerçants qui vendent des armes de chasse de conserver des dossiers de ces transactions.

Toronto

Santé publique