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Les partis albertains font plus d’efforts que jamais pour recruter des femmes candidates

La candidate Janet Eremenko est entourée de Rachel Notley et d'une dizaine de femmes et d'enfants, devant des pancartes électorales.
Le NPD albertain est le seul parti à présenter autant de femmes que d'hommes comme candidats, pour une deuxième élection consécutive. Photo: Radio-Canada
Audrey Neveu
Marie Chabot-Johnson

Alors que les partis politiques albertains attendent avec impatience le déclenchement des élections, ils consacrent plus d'efforts que jamais pour recruter des femmes candidates. Malgré des améliorations, on est encore loin de la coupe aux lèvres pour atteindre la parité des candidats dans plusieurs partis.

Selon les données compilées par Radio-Canada, le Nouveau Parti démocratique (NPD) est le seul parti albertain majeur qui atteint la parité, en plus d’être le seul dirigé par une femme, Rachel Notley. Ses principaux adversaires oscillent tous autour du tiers de candidates. Ces chiffres sont appelés à changer dans les prochaines semaines, puisqu’aucun parti n’a encore nommé tous ses candidats.

Tableau présentant le NPD ayant 50% de femmes et 50% d'hommes comme candidats.Le NPD est le seul à arriver à la parité chez ses candidats. Photo : Radio-Canada
Tableau présentant que le Parti conservateur uni a 32,5% de femmes candidates et 67,5% d'hommes candidats.Le Parti conservateur uni présente davantage de candidates féminines que les ses deux partis fondateurs, qui en avaient tous deux environ 20%. Photo : Radio-Canada
Tableau présentant que le Parti albertain a 30,4% de candidates féminines et 69,6% d'hommes candidats.Le Parti albertain a atteint sa cible d'environ 30% de femmes candidates. Photo : Radio-Canada
Tableau présentant que le Parti libéral de l'Alberta a 37% de candidates féminies et 63% de candidats hommes.Le Parti libéral de l'Alberta a dépassé la cible de 30% de candidates féminines qu'il s'était donnée. Photo : Radio-Canada

La raison du succès du NPD est simple : le parti s’est imposé des quotas pour respecter son engagement de représentativité des sexes parmi ses candidats. En 2015, il a par ailleurs été le seul parti à atteindre la parité au sein de son caucus.

Si la première ministre Rachel Notley ne veut pas utiliser le mot quota, elle affirme que le NPD a choisi un système de nomination de candidats qui assure la parité. « [La parité des candidats] n'arrive pas par accident. Il faut se concentrer là-dessus de manière intentionnelle », affirme Rachel Notley.

Tous les autres partis préfèrent les cibles aux quotas. C’est le cas du Parti conservateur uni (PCU), qui présente 32 % de candidates en date du 8 mars 2019. Ses deux partis fondateurs, le Parti progressiste-conservateur et le Wildrose, avaient respectivement 24 % et 18 % de femmes candidates aux dernières élections.

Lorsqu’il a été élu chef du PCU en 2017, Jason Kenney comptait seulement deux femmes au sein de son caucus. Il a donc fait du recrutement de candidates féminines une priorité.

Je suis fier de leur succès parce que toutes ces femmes ont gagné les investitures où la concurrence était forte. Ce n'est pas comme le Parti [néo-démocrate] qui n'a pas vraiment d’investitures contestées. C'est beaucoup plus facile de nommer les candidates.

Jason Kenney, chef du Parti conservateur uni

Les quotas, sujet de controverse

Plusieurs études démontrent que les électeurs votent aussi bien pour des hommes que des femmes. Le véritable obstacle sur le chemin des femmes en politique, ce sont les partis politiques eux-mêmes, selon la professeure spécialisée en représentation politique des femmes à l’Université de Calgary, Brenda O'Neill.

« Les partis sont les gardiens qui décident qui les représentera et qui ils veulent voir gagner », explique-t-elle. Le système politique ayant été construit par et pour des hommes, « ils ont tendance à voir les hommes comme étant davantage capables de gagner que les femmes ».

Brenda O'Neill donne une entrevue.Brenda O'Neill observe que les femmes sont souvent considérées comme moins capables de gagner une élection et sont donc plus souvent placées dans des circonscriptions perdues d'avance que des hommes. Photo : Radio-Canada / Audrey Neveu

Elle explique que c’est parce que le NPD reconnaît cette réalité qu’il a choisi d’utiliser des quotas. Ceux-ci empiètent sur le processus démocratique pour promouvoir un autre principe démocratique, la représentation égale des sexes. Brenda O'Neill ajoute que les quotas ont tendance à faire augmenter le niveau de compétences globales de tous les candidats, peu importe leur sexe.

Le fait que Rachel Notley a donné des portefeuilles importants à des femmes comme Shannon Phillips, Kathleen Ganley et Sarah Hoffman, change aussi la perception des femmes en politique. « Ce n’est pas qu’une question de présence, c’est aussi une question de pouvoir », affirme Brenda O’Neill.

Des efforts de recrutement soutenus

Quotas ou pas, les partis albertains ont tous fait des efforts substantiels pour recruter des femmes parmi leurs rangs. Le Parti albertain a, par exemple, lancé une initiative de recrutement « un à un », grâce à laquelle des femmes déjà actives dans le parti tentent de convaincre personnellement une autre femme de se porter candidate.

Sur la première page du journal Calgary Herald, on voit une photo du chef Jason Kenney entouré d'une quinzaine de ses candidates femmes, avec la mention ''Célébrons la Journée internationale de la femme''.Le Parti conservateur uni a payé une publicité de quatre pages dans le quotidien Calgary Herald pour présenter ses candidates féminines aux Albertains. Photo : Radio-Canada / Audrey Neveu

« En moyenne, il faut demander sept fois à une femme de se présenter avant qu’elle considère la possibilité de le faire », rappelle Lisa Skierka, de l’organisme de promotion des femmes en politique Equal Voices Alberta. Elle confirme que les partis se bousculent à sa porte pour obtenir son aide. Son organisme offre des formations en communications et du mentorat aux femmes en politique.

Le Parti albertain a également mis sur pied une plateforme d’échanges exclusivement pour les femmes, afin de leur donner un endroit sécuritaire où discuter.

Ce qui améliore les choses, c’est l’appui du réseau social, pour qu’elles aient un endroit où se confier, parler et se soutenir. On discute beaucoup, par exemple, de comment passer du temps avec nos enfants pendant que l’on fait du porte-à-porte.

Danisha Bhaloo, directrice des communications du Parti albertain

Le Parti libéral albertain a lui aussi utilisé l’influence de femmes fortes de son parti pour en recruter d’autres. Son chef, David Khan, croit toutefois que ce sont les politiques de son parti qui convainquent les femmes de faire le saut. « Nous militons pour l’égalité salariale, des garderies abordables, les droits reproductifs des femmes et la contraception gratuite », énumère-t-il.

Brenda O’Neill confirme que les femmes sont généralement plus attirées par les partis de gauche. Cela ne veut toutefois pas dire que les partis de droite manquent de candidates qualifiées. Au contraire, non seulement elles sont présentes, mais, grâce aux efforts des partis, elles seront plus nombreuses que jamais sur les bulletins de vote en Alberta.

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