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Travaux du REM : excédés, des usagers du train déposent une demande de recours collectif

Une locomotive circule en banlieue de Montréal, en hiver.

Le train de banlieue passe de moins en moins souvent sur les lignes de Deux-Montagnes et de Mascouche.

Photo : Radio-Canada / Luc Lavigne

Jérôme Labbé

Les mesures proposées jusqu'ici pour accommoder les usagers du train de banlieue pendant les travaux du Réseau express métropolitain (REM) « ne sont pas raisonnables » et entraîneront des « inconvénients anormaux » qui « excèdent les limites de la tolérance », selon une demande en autorisation de recours collectif déposée jeudi devant la Cour supérieure du Québec.

Le document d'une quinzaine de pages a été transmis à la cour en même temps qu'au procureur général du Québec, à la Caisse de dépôt et placement, à l'Agence régionale de transport métropolitain (ARTM) et à exo, le Réseau de transport métropolitain. Toutes les parties intimées ont refusé de commenter le dossier en évoquant la judiciarisation de l'affaire.

La demande a été déposée par les avocats Gérard Samet et Agathe Basilio–Parra d'Andert, de la firme Azran & Associés, au nom de Magali Barré, une mère de famille du quartier Sainte-Dorothée, à Laval, qui dit souffrir de la fermeture progressive de la ligne de Deux-Montagnes.

La principale intéressée se plaint des moyens mis en place par les autorités pour diminuer l'impact des travaux du REM sur les usagers du train de banlieue. Ces moyens, soutiennent ses avocats, sont aussi « tardifs » qu'« insuffisants ».

Selon la requête, « les mesures d'accommodement annoncées [vont] entraîner au minimum un doublement du temps de transport de la demanderesse et des membres du groupe visé pour se rendre à leur travail ».

« Avec tout ce qui s'en vient, c'est à peu près une heure et demie par jour en plus », nous a confié Mme Barré. « Ça veut dire ne plus profiter du temps avec nos enfants, ne plus avoir le temps de les aider pour leurs travaux... »

Pour elle, la voiture n'est pas une option. « Je n'ai absolument pas envie d'être bloquée dans les embouteillages, d'avoir le stress de conduire, devoir me stationner une fois sur place. Non, c'est une option que je ne considère absolument pas. Même le covoiturage, pour moi, ce n'est absolument pas une solution adaptée à ma situation. »

Elle ne souhaite pas non plus déménager, car elle aime le quartier. « Et puis, de toute façon, qui est-ce qui voudrait acheter maintenant dans un endroit où il n'y aura pas de train pendant quatre ans? »

Mme Barré souhaite représenter devant le tribunal « toute personne physique voisine ou utilisatrice, et affectée par l'interruption totale ou partielle du service de train de banlieue sur les lignes Deux-Montagnes/Montréal et Montréal/Mascouche et les mesures d'accommodement proposées » afin d'obtenir une forme de dédommagement financier pour celles-ci.

Selon les chiffres présentés par Mobilité Montréal la semaine dernière, les travaux du REM devraient affecter 15 000 usagers de la ligne de Deux-Montagnes, plus 3000 autres sur la ligne de Mascouche.

Des vies « détruites » par le REM

Dans une entrevue téléphonique accordée à Radio-Canada.ca, l'avocat Gérard Samet a plaidé que les préjudices causés par les travaux du REM aux usagers du train de banlieue étaient certains.

« Parce que vous allez avoir des gens qui vont perdre leur travail, qui vont perdre leur santé, qui vont perdre la valeur de leur maison et, pour reprendre l'expression qui a été utilisée par notre cliente, qui sont pris en otage dans cette situation, et qui voient leur vie complètement détruite par les mesures qui ont été annoncées », a-t-il illustré.

Me Samet s'attend à ce que la Cour supérieure tranche sur sa requête dans un délai de 7 à 12 mois.

Son action, qui n'est pas encore chiffrée, s'ajoute à un autre recours collectif déposé l'été dernier contre exo, à qui les usagers du train de banlieue reprochent les nombreux retards observés sur la ligne de Deux-Montagnes l'hiver dernier. Ce dossier chemine toujours, confirme exo. La cause sera entendue par la Cour supérieure les 8 et 9 mai prochain, a précisé un porte-parole.

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