•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une autre mobilisation massive des Algériens contre un 5e mandat de Bouteflika

Plusieurs milliers de manifestants marchent dans les rues de la ville alors que d'autres sont debout aux balcons d'un bâtiment.

Plusieurs milliers d'Algériens ont gagné les rues d'Alger pour un troisième vendredi de suite.

Photo : Getty Images / Ryad Kramdi

Radio-Canada

En dépit de la mise en garde attribuée au président Bouteflika, qui a brandi jeudi le risque d'un « chaos », de grandioses manifestations ont eu lieu vendredi dans les rues d'Alger et dans plusieurs villes algériennes contre un cinquième mandat présidentiel d'Abdelaziz Bouteflika.

Pour un troisième vendredi de suite, plusieurs milliers de manifestants ont gagné les rues de la capitale algérienne pour dénoncer la candidature du président sortant, Abdelaziz Bouteflika, qui avait pourtant mis en garde contre « le chaos » qui pèserait sur le pays.

L’Agence France-Presse rapporte qu’il s’agissait de la plus importante mobilisation depuis plusieurs semaines. Le flot de manifestants n'a cessé de grossir à l'issue de la grande prière musulmane hebdomadaire.

En début de journée, les autorités avaient annoncé la suspension du trafic ferroviaire ainsi que du métro.

Le tout s’est déroulé calmement et aucune altercation n’a été rapportée par les forces de l’ordre, maintenant un climat de non-violence depuis plusieurs semaines.

Dans l’après-midi, la police a utilisé gaz lacrymogènes et grenades assourdissantes pour disperser des manifestants qui tentaient de forcer un cordon de police bloquant l'accès à une rue remontant vers la présidence de la république, selon un journaliste de l'AFP.

Selon la télévision publique, 195 personnes ont été interpellées.

En début de soirée, les rues étaient à nouveau désertes, malgré quelques affrontements entre jeunes et policiers.

D’autres manifestations ont été organisées dans plusieurs villes, dont Oran, Constantine, Béjaïa, Tizi-Ouzou, Annaba, etc.

Afin de maintenir un climat pacifique, les « 18 commandements des marcheurs du 8 mars » sont tout aussi populaires.

Le poète et écrivain Lazhari Labter y décrète des règles pour bien manifester: « Pacifiquement et tranquillement je marcherai », « À aucune provocation je ne répondrai », « Les baltaguias (casseurs payés par le pouvoir) j'isolerai et à la police je les remettrai », « Pas une pierre je ne jetterai », « Pas une vitre je ne briserai », « Après la marche [...] je nettoierai ».

Trois hommes tiennent une pancarte sur laquelle il est écrit: « 4 + 1 = 0 ».Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des Algériens manifestent contre un cinquième mandat pour le président sortant Abdelaziz Bouteflika.

Photo : Getty Images / Ryad Kramdi

Changement de ton

M. Bouteflika, 82 ans, est hospitalisé en Suisse depuis plus de 10 jours et avait envoyé jeudi un message mettant en garde l’Algérie contre le spectre du « chaos ». Il avait également dénoncé des ennemis « insidieux ».

Cet appel ne semble pas avoir découragé des milliers de manifestants qui insistent sur le caractère pacifique de leur action de contestation.

Signe que le pouvoir algérien commence à montrer des signes de fissuration, des députés le Front de libération nationale (FLN), le parti au pouvoir, auraient démissionné pour rejoindre le mouvement populaire, le plus important dans l'histoire de l'Algérie indépendante. C'est du moins ce que rapporte le média privé Echorouk TV, relayé par l'agence Reuters.

Un changement de vocabulaire a également été observé dans les communications de l’agence médiatique d’État qui, après avoir indiqué que les manifestants réclamaient un « changement politique », annonce maintenant qu’ils désirent plutôt « un changement de régime ».

Le chef de l'État, qui souffre de séquelles d'un AVC dont il a été victime en 2013, n’a pas annoncé la date de son retour au pays.

D’ailleurs, un opposant, Rachid Nekkaz, a été arrêté vendredi par la police genevoise pendant qu’il se trouvait dans l’hôpital où est soigné M. Bouteflika.

M. Nekkaz, un homme d’affaires né en France à la personnalité rocambolesque, a voulu filmer son passage à l’hôpital pour tenter de prouver sa théorie selon laquelle le président sortant serait décédé.

Un homme aux cheveux gris portant un manteau noir et un foulard fronce les sourcils alors qu'il semble discuter avec un policier.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'opposant Rachid Nekkaz devant un policier près de l'hôpital universitaire de Genève

Photo : Getty Images / Fabrice Coffrini

Appel à la mobilisation

La popularité de la contestation ne s’estompe pas, et le mot-clic #Mouvementdu8mars s’est répandu ces derniers jours.

À l'international, une importante mobilisation a également eu lieu à Paris, en France, où plusieurs centaines de personnes ont manifesté vendredi.

Les collectifs et associations qui ont appelé au rassemblement avaient invité les Algériennes « conscientes, engagées et investies dans toutes les luttes pour la liberté et la dignité » à se mobiliser « pour soutenir leurs compatriotes en Algérie ».

Des manifestants sont debout près d'une statue alors qu'on peut voir la Tour Eiffel au loin.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des manifestants étaient aussi présents à Paris, en France.

Photo : Getty Images / Bertrand Guay

Avec les informations de Agence France-Presse et Reuters

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Afrique

International