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Mort de deux Autochtones à Timmins : aucune accusation pour les policiers

Des portraits de Joey Knapaysweet, 21 ans et Agnes Sutherland, 62 ans.

Joey Knapaysweet et Agnes Sutherland sont morts à la suite de deux interactions non reliées avec des agents du service de police de Timmins, dans le Nord-Est de l'Ontario.

Photo : Facebook/mironwilson.com

Radio-Canada

L'Unité des enquêtes spéciales (UES) ne déposera pas d'accusations criminelles relativement à deux morts liées à des interventions du Service de police de Timmins le 3 février 2018.

Joey Knapaysweet, 21 ans et Agnes Sutherland, 62 ans, sont morts dans deux incidents séparés à la suite d'interactions avec des policiers de Timmins.

Les deux victimes étaient originaires de la Première Nation de Fort Albany, sur la côte de la baie James.

Joey Knapaysweet a été tué par balle alors qu'il prenait la fuite à proximité du lac Gillies. L'homme, armé de deux couteaux, aurait été menaçant.

Dans son rapport, le directeur de l'UES, Tony Loparco, explique que les coups de feu tirés [...] qui ont atteint et tué le plaignant, étaient justifiés [...] [et le policier], en se protégeant contre la mort ou des lésions corporelles graves que le plaignant aurait pu lui infliger, n’a pas utilisé plus de force qu’il n’était nécessaire pour atteindre son objectif légitime.

Malgré le décès tragique qui en a résulté [...][il] n’y a aucune raison de porter des accusations criminelles dans cette affaire.

Tony Loparco, UES
Une croix accompagnée d'un drapeau canadien et de quelques fleurs est plantée dans la neige, sur les rives d'un lac gelé.

Cette croix marque l'endroit où Joey Knapaysweet, un jeune Autochtone de Fort Albany, a été abattu par la police de Timmins le 3 février 2018.

Photo : Radio-Canada / Jean-Loup Doudard

De son côté, Agnes Sutherland a perdu la vie à l'hôpital, où elle avait été transportée après avoir été détenue dans une cellule au poste de police. L'UES affirme également n'avoir « aucun motif de porter des accusations criminelles ».

Selon le rapport, la dame, qui souffrait de graves problèmes de santé, a été mise en état d'arrestation dans le stationnement d'un refuge où elle se trouvait, après avoir eu un comportement hostile. Une fois au poste de police, les policiers ont déterminé qu'ils ne porteraient pas d'accusations envers elle.

Le sergent de garde [...] a bien indiqué qu’il ne se sentait pas à l’aise de garder la plaignante en cellule alors qu’aucune accusation ne serait portée, précisant toutefois qu’il avait encore plus de mal à se faire à l’idée de la renvoyer à l’extérieur, car elle n’avait nulle part où aller et il faisait froid, explique le rapport. Le policier a parlé à la plaignante et a découvert qu’elle n’avait nulle part où aller et qu’elle voulait parler à un psychiatre, à la suite de quoi une ambulance a été appelée pour ramener la plaignante à l’hôpital. 

Agnes Sutherland est décédée le lendemain, puisqu'elle avait signé une ordonnance de ne pas la réanimer. La plaignante avait clairement fait savoir qu’elle ne souhaitait aucune autre intervention médicale et qu’elle voulait mourir, explique le rapport de l'UES. Il n’y a, à mon avis, aucun lien de causalité entre ce que l’agent impliqué ou d’autres agents ont fait ou n’ont pas fait au cours de leurs interactions avec la plaignante et le décès de cette dernière.

Une enquête du coroner réclamée

Le grand chef du conseil de Mushkegowuk dont fait partie Fort Albany, Jonathan Solomon, était avec les familles de M. Knapaysweet et Mme Sutherland lorsqu’elles ont reçu les rapports de l’UES.

C’était un jour très triste. Il y avait beaucoup d’émotions et les familles ont toujours beaucoup de questions sans réponses sur ce qui s’est passé, raconte-t-il.

Jonathan Solomon est le grand chef du conseil Mushkegowuk, qui regroupe sept Premières Nations dans le Nord-Est de l’Ontario.

Jonathan Solomon est le grand chef du conseil Mushkegowuk, qui regroupe sept Premières Nations dans le Nord-Est de l’Ontario.

Photo : Radio-Canada / Martine Laberge

Le leader autochtone souligne notamment que la famille de M. Knapaysweet estime toujours que l’agent policier aurait pu régler la confrontation sans avoir recours à la force létale.

À son avis, les circonstances de la mort du jeune homme ne pourront être réellement élucidées que par l’entremise d’une enquête du coroner.

Il y a une autre histoire qui doit être racontée. Une enquête du coroner donnerait l’occasion de parler du jeune homme qu’était Joey [Knapaysweet].

Jonathan Solomon, grand chef du conseil de Mushkegowuk

« Une année éprouvante » pour la police de Timmins

Selon le porte-parole du Service de police de Timmins, Marc Depatie, plusieurs agents du corps policier ont fait l’objet de commentaires désobligeants à la suite des incidents de février 2018.

Ça a été une année éprouvante pour l’agent impliqué [dans les événements ayant mené à la mort de Joey Knapaysweet] ainsi que ses collègues.

Marc Depatie, porte-parole du Service de police de Timmins

Il affirme toutefois que le Service de police de Timmins n’est ni satisfait ni déçu des conclusions de l’UES.

Tous les éléments de preuve ont été transmis à l’UES et elle a terminé son enquête, dont les résultats ont été ensuite rendus publics, conclut-il.

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