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Le Parti albertain veut rendre les vaccins obligatoires dans les écoles publiques

Une fillette se fait vacciner

En Ontario et au Nouveau-Brunswick, les enfants inscrits à l'école publique doivent recevoir tous les vaccins recommandés par leur province.

Photo : Shutterstock

Radio-Canada

Les parents devraient prouver que le carnet de vaccination de leur enfant est à jour pour pouvoir l'inscrire à une école publique, croit le chef du Parti albertain Stephen Mandel.

Un texte de Mirna Djukic

« C’est une question de santé publique, purement et simplement », affirme Stephen Mandel. « Les parents devraient pouvoir envoyer leurs enfants à l’école sans craindre qu’ils n’attrapent une maladie grave comme la rougeole, les oreillons, la coqueluche ou la polio ».

Si son parti était porté au pouvoir, les parents auraient l’obligation de prouver que leur enfant suit le programme d’immunisation recommandé par Services de Santé Alberta afin de pouvoir l’inscrire dans une école financée par le secteur public. Ce programme compte une vingtaine de vaccins de la naissance à l’âge adulte.

Le Nouveau-Brunswick et l’Ontario ont des lois similaires.

Stephen Mandel dit que la façon de mettre la loi en pratique doit encore être discutée. Le parti songe notamment à laisser les écoles organiser elles-mêmes les périodes de vaccination pour leurs élèves.

« Pénaliser les enfants »

En 2016, le gouvernement albertain a adopté une loi dans le but d’encourager les parents à faire vacciner leurs enfants. Celle-ci permettait aux écoles d’accéder aux carnets de vaccination de leurs élèves et d’identifier ceux qui n’ont pas tous les vaccins nécessaires. Un membre du personnel de santé publique rencontre individuellement les parents de ces derniers pour les sensibiliser à l’importance de ces vaccins.

Il n’a cependant pas l’intention d’aller plus loin.

« L’immunisation a sauvé un nombre incalculable de vies et [...] nous encourageons fortement chaque Albertain a être immunisé », a déclare la ministre de la Santé Sarah Hoffman. « Ceci dit, je ne crois pas que ce soit juste de pénaliser les enfants - qui veulent aller à l’école - pour les décisions de leurs parents ».

Une question controversée

Le Parti albertain a fait cette annonce alors que la résurgence de maladies contagieuses comme la rougeole fait les manchettes dans plusieurs communautés. L’état de Washington a été particulièrement touché avec 71 cas de rougeole. Dix-sept cas ont été confirmés à Vancouver. Les autorités ont aussi lancé une alerte à Edmonton, Leduc et Inuvik, après qu’un enfant infecté ait passé par là.

La montée du mouvement anti-vaccin a été directement mise en cause. L’Organisation mondiale de la santé estime que ce mouvement fait partie des dix plus grandes menaces pour la santé humaine à travers le monde en 2019.

« Le temps est venu. Quelqu’un doit oser en parler et nous avons pensé que le parti pouvait le faire », clame Stephen Mandel.

La question des vaccins cause aussi une certaine controverse en Alberta, notamment au sein du Parti conservateur uni (PCU). En mai dernier, les membres de ce parti avaient voté à 74 % en faveur d’une résolution pour interdire toute « procédure médicale invasive » sans l’accord des parents. La motion avait été proposé par un membre du parti qui disait que son enfant avait été vacciné à l'école sans qu'il le sache.

Le chef, Jason Kenney, avait toutefois précisé que ça ne ferait pas nécessairement partie de la plateforme du parti, même si c'était dans sa politique.

« Ce n’est pas mon intention d’inclure des enjeux sociaux controversés dans ma plateforme », avait-il commenté.

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