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Une escrimeuse mauricienne s'estime victime de discrimination

Ève-Marie Vincent lors d'un combat.

Ève-Marie Vincent lors d'un combat.

Photo : Dominique Vincent

Catherine Bouchard

À la veille de la Journée internationale des femmes, une escrimeuse de la Mauricie, Léa-Marie Vincent, n'a pas pu compétitionner jeudi avec son arme de prédilection aux Jeux du Québec. C'est qu'il n'y avait pas de bloc pour les filles dans cette sous-discipline. Elle s'est pourtant qualifiée lors de la finale régionale en sabre, en terminant deuxième contre des garçons, qui avaient parfois jusqu'à 15 ans.

L'adolescente de 12 ans s'explique mal la situation. Elle a terminé dernière en épée mercredi aux Jeux du Québec, mais ce style de combat est très différent de celui avec un sabre où les points se font avec le tranchant de la lame, plutôt que la pointe.

Son père, Dominique Vincent, a décidé de dénoncer publiquement la situation pour toutes les filles qui voudraient, elles aussi, pouvoir compétitionner en sabre.

Le problème ne s'arrête pas à Léa-Marie qui n'a pas pu faire une compétition [...] Pour moi, c'est l'accessibilité au sport, notamment pour les jeunes filles [...] Toutes les questions que j'ai posées, partout, la réponse qui revient est la même, c'est parce que c'est une fille, indique M. Vincent.

La Fédération d'escrime du Québec n'entend pas créer de bloc mixte pour le sabre.

Il y a une question de différence de gabarit. Il y a une question de sécurité au niveau de cela, estime le président de la Fédération d'escrime du Québec, Jean-Yves Pelletier.

Lorsque questionné sur les raisons derrière cette séparation des genres dans le sport, M. Pelletier indique que l'expérience des entraîneurs justifie cette prise de décision.

Selon lui, les risques de blessures seraient accrues lorsque des filles compétitionnent contre les garçons.

La Fédérations des femmes du Québec dénonce la situation

Pour la présidente de la Fédération des femmes du Québec, Gabrielle Bouchard, la Fédération d'escrime du Québec a manqué une opportunité de bien faire. Elle réfute l'argument selon lequel il serait injuste de permettre à une fille de participer si les autres n'ont pas eu l'opportunité de se qualifier.

On a la chance d'avoir une occasion d'être meilleur. On a la chance de briser un cercle. Là, ce qu'on justifie, c'est que parce que certaines personnes sont encore discriminées, on ne doit pas avancer, soutient la présidente.

À l'argument du gabarit, Mme Bouchard s'anime, dénonce cette vision. On ne pose pas la question aux jeunes garçons qui n'auraient pas le même gabarit, mais par contre auraient le même âge. On accepte que ces jeunes hommes-là vont être capables de participer, sans dire à cause que tu es fragile, on va t'empêcher de participer. C'est ce qu'on fait avec Léa-Marie.

Mauricie et Centre du Québec

Escrime