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Louer une télé : une dépense pour les patients, une redevance pour les hôpitaux

Il en coûte 80$ par semaine pour louer une télévision dans un hôpital québécois.

Photo : Radio-Canada / La facture

Claire Frémont

Dans les hôpitaux québécois, les patients qui louent une télévision payent en moyenne 80 $ par semaine. Ce service, offert par des entreprises privées, est une source de revenus pour les établissements de santé.

Raymond Brassard est hospitalisé depuis plus de trois mois à l’Hôpital Saint-Sacrement à Québec. Il occupe son temps en jouant aux cartes et en lisant les journaux. Il reçoit régulièrement la visite de sa soeur et du mari de celle-ci.

En janvier dernier, lors du début de la saison télévisuelle, Raymond Brassard aurait eu envie de voir les nouveaux téléromans. Mais il n’a pas loué de télévision dans sa chambre d’hôpital.

Raymond Brassard.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Raymond Brassard

Photo : Radio-Canada / La facture

« À cause du prix de la télévision, il a dit : "tant pis, je ne la prendrai pas, je trouve ça trop cher" », explique sa soeur, Monique. Son beau-frère, Paul Langlais, s’indigne des prix.

Le premier jour, ça te coûte 16 $, le spécial 7 jours, 79,28 $, et le long terme, 28 jours, c’est 180 $. Ça n’a pas de sens! Tu ne peux pas payer 180 $ par mois pour une télé!

Paul Langlais

Au Québec, deux entreprises privées se partagent la majorité du marché du divertissement au chevet du patient. Il s’agit de Réseau Hospitalité et d'Hôpitel. Les tarifs sont, à quelques exceptions près, autour de 80 $ par semaine, et les prix varient de 125 $ à 300 $ mensuellement.

Le vice-président d’Hôpitel, Serge Legault, explique comment les prix sont déterminés.

Serge Legault.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le vice-président d’Hôpitel, Serge Legault

Photo : Radio-Canada / La facture

Les tarifs sont définis par plusieurs paramètres, à savoir le capital requis pour l’installation complète, les coûts de gestion et d’opération et ce qu’on peut donner comme redevance à l’hôpital.

Serge Legault, d’Hôpitel

Location de télé et stationnements

Serge Legault précise que les hôpitaux tiennent beaucoup à cette redevance. Il s’agit d’un montant d’argent que la compagnie verse à l’hôpital et qui fait partie du contrat de service.

Cet argent est réinvesti par les établissements de santé dans ce qu’ils appellent « l’humanisation des soins », comme des fauteuils dans les salles de séjour ou des jouets pour les enfants.

Cette manière de faire est la même que pour la gestion des stationnements des hôpitaux, où chaque établissement reçoit aussi une redevance.

Par contre, au Québec, la question du prix dans les stationnements des hôpitaux a été un enjeu électoral, et la Coalition avenir Québec s’est engagée à ce que les tarifs baissent. Mais pour ce qui est de la location des télés, la ministre de la Santé, Danielle McCann, nous a indiqué par courriel qu’elle ne souhaitait pas intervenir dans ce dossier.

Les prix de location des téléviseurs dans certains établissements peuvent effectivement surprendre. Toutefois, les établissements ont toute l’autorité nécessaire pour la gestion de cette offre.

Danielle McCann, ministre de la Santé

Le wi-fi dans sa chambre

Le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Québec, dont fait partie l’Hôpital Saint-Sacrement où est hospitalisé Raymond Brassard, a écouté les doléances des patients sur le prix élevé de la location des télévisions. Depuis près de deux ans, il offre un service de wi-fi comme autre option.

 Geneviève DupuisAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Geneviève Dupuis, porte-parole du CHU de Québec

Photo : Radio-Canada / La facture

Ce réseau wi-fi est à prix modique : 5 $ pour 24 heures, 20 $ pour la semaine et 40 $ par mois. L’usager peut avoir tout son divertissement à ce prix, jouer à des jeux sur une tablette en ligne et travailler sur son portable s’il le veut.

Geneviève Dupuis, porte-parole du CHU de Québec

Même avec ces tarifs, le CHU de Québec réussit quand même à verser 105 000 $ par année à sa fondation pour divers projets liés au bien-être du patient.

Au Québec, rares sont les établissements de santé qui ne font pas affaire avec une compagnie privée.

Par exemple, le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) fait affaire avec Hôpitel, et le Centre hospitalier de l’Université de Montréal, avec un nouveau joueur, Mosino. Dans les deux cas, ces nouveaux établissements reçoivent des redevances. Aucun n’a voulu nous préciser à combien elles s’élèvent.

Le reportage de Claire Frémont et Stéphanie Desforges est diffusé le 12 mars à La facture sur ICI TÉLÉ.

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