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Budget manitobain : se serrer la ceinture pour diminuer la taxe de vente

Une image du palais législatif du Manitoba sur laquelle on peut lire les mots Budget Manitoba 2019.

Le budget 2019-2020 du Manitoba a été présenté par le ministre des Finances, Scott Fielding, le 7 mars.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le gouvernement progressiste-conservateur du Manitoba profite de son quatrième budget pour remplir une promesse phare de la dernière élection. Il diminue la taxe de vente provinciale d'un point de pourcentage. Pour y parvenir, il limite toutefois grandement ses dépenses et diminue le financement dans plusieurs secteurs.

Le budget déposé jeudi par le ministre des Finances, Scott Fielding, est présenté comme le fruit de plusieurs années de travail pour diminuer le déficit provincial et ainsi obtenir la marge de manoeuvre nécessaire pour faire passer de 8 % à 7 % la taxe de vente provinciale (TVP).

Cette mesure sera en place à compter du 1er juillet 2019. Cette diminution marque un retour de la TVP à son niveau d'avant 2013.

Une famille de quatre personnes paiera environ 239 $ de moins en 2019, et 490 $ de moins, en 2020. Une personne seule économisera respectivement 86 $ et 175 $ en 2019 et en 2020. Le gouvernement manitobain va par contre percevoir 325 millions de dollars de moins pour une année fiscale complète à la suite de la diminution de la TVP.

Tableau montrant l'impact de la baisse de la taxe de vente provinciale sur les revenus des personne seules et des familles. Par exemple, en 2019, une personne seule aura 86 % de plus dans ses poches et une famille de 4 personnes en aura 239 $.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le gouvernement prévoit que la diminution de la taxe de vente provinciale se traduira en revenus supplémentaires pour les Manitobains au cours des 4 prochaines années.

Photo : Radio-Canada

Diminution du déficit

Le plus récent budget des progressistes-conservateurs voit le déficit de la province diminuer pour une autre année consécutive et s'établir à 360 millions de dollars, soit 161 millions de moins que ce qui était prévu pour l'exercice 2018-2019.

Le gouvernement y parvient en limitant de façon importante la croissance des dépenses à 0,3 %. Le plus important poste de dépenses du gouvernement, la santé, voit son budget réduit de 1,8 % par rapport aux prévisions du budget de l'année passée. Le budget du second poste de dépenses en importance, l'éducation, augmente plutôt de 2,9 %.

Tableau indiquant que le budget comprend une faible augmentation des dépenses, les revenus augmentent de 1,4 % et le déficit prévu est de 360 millions $.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le budget comprend une faible augmentation des dépenses, des revenus qui augmentent de 1,4 % et un déficit prévu de 360 millions $.

Photo : Radio-Canada

En comparaison, le précédent budget prévoyait une croissance générale des dépenses de 2,2 %.

Nous ne vivons pas au-dessus de nos moyens. Nous prévoyons une augmentation des dépenses de 0,3 %, et tous les ministères respectent leur budget.

Scott Fielding, ministre des Finances

Le gouvernement provincial bénéficiera par ailleurs d'une augmentation des transferts fédéraux de 319 millions de dollars au cours de la prochaine année. Il prévoit aussi une augmentation des revenus provenant de l'impôt des particuliers et des entreprises de 5,2 %.

Coupe de 20 % au Secrétariat des affaires francophones

Le Secrétariat des affaires francophones voit son budget diminuer de 20 % pour s'établir à 2,5 millions de dollars. En particulier, la somme consacrée aux salaires est amputée de 1 million, principalement en raison de la décision du gouvernement de sous-traiter une partie des services de traduction. Le budget du Bureau de l'éducation française est inchangé par rapport à l'année dernière, à 9 millions de dollars.

Un tableau montrant que le budget s'établit à 2,5 millions, ce qui correspond à un diminution de 20 % et que leS salaires diminuent de 1 million. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le financement du Secrétariat aux affaires francophones est réduit de 20 % dans le budget provincial 2019.

Photo : Radio-Canada

« Notre gouvernement s’était engagé à améliorer les services de traduction. Nous avons des services francophones prévus pour tous les départements ainsi que les agences de la Couronne. Nous avons besoin de répondre plus rapidement aux besoins de traduction », explique la ministre responsable des Affaires francophones, Rochelle Squires.

Elle ajoute que le gouvernement a choisi de réduire les coûts salariaux pour investir dans davantage de services de traduction en sous-traitance.

Certains secteurs voient par ailleurs leur financement diminuer. C'est le cas des Services à l'enfant et à la famille, dont le budget passe de 750 à 719 millions de dollars. Les services de soutien à l'inclusion dans les écoles baissent de 1,78 million, et le soutien aux collèges et aux universités est réduit de 6 millions de dollars.

Le gouvernement profite aussi de ce budget pour remplir sa promesse électorale de limiter les frais d'ambulance à 250 $.

Les progressistes-conservateurs semblent avoir pris note de la croissance de l'industrie cinématographique et fait passer de 16 à 31,5 millions de dollars le crédit d'impôt provincial pour la production de films et de vidéos.

Tableau  montrant les 5 faits saillants du budget du Manitoba déposé le 7 mars.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

5 faits saillants du budget du Manitoba déposé le 7 mars.

Photo : Radio-Canada

Des réactions partagées

Plusieurs représentants du secteur commercial et entrepreneurial applaudissent la baisse de la TVP.

Pour le président de la Chambre de commerce de Winnipeg, Loren Rémillard, il s’agit d’une « bonne nouvelle pour le secteur de la vente ».

« Que le gouvernement tienne ses promesses est un signe de confiance pour l’industrie commerciale », affirme-t-il.

« C’est beaucoup d’argent que les gens pourront investir pour rembourser leurs prêts, ou mettre dans leur retraite. C’est aussi de l’argent qui peut être réinvesti dans les entreprises pour embaucher », estime le directeur de la Fédération canadienne des contribuables pour les Prairies, Todd MacKay.

C’est comme si Noël arrivait en avance.

Todd MacKay, directeur de la Fédération canadienne des contribuables pour les Prairies

Le directeur des affaires provinciales pour la branche manitobaine de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, Jonathan Alward, est « heureux de voir que cela arrive plus tôt qu’[il l’avait] espéré ».

Du côté de l’opposition, en revanche, ce nouveau budget soulève des inquiétudes.

Le chef du Nouveau Parti démocratique du Manitoba, Wab Kinew, prévient que « les Manitobains devraient se demander si cette économie de dix cents sur leur dîner vaut la fermeture de services de santé et des factures d’Hydro plus chère ».

Selon lui, le gouvernement « prend d’une main et redonne un tout petit peu de l’autre ».

Le chef du Parti libéral du Manitoba, Dougald Lamont dit ne pas avoir « de problème avec le fait de réduire [la TVP] », mais estime qu’il est trop tôt pour le faire.

« En cas d’imprévu, le gouvernement va avoir beaucoup de mal à payer ses factures. On peut se permettre une dette si on investit dans quelque chose de productif », avertit-il.

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