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47 mois de prison pour Paul Manafort, l’ex-directeur de campagne de Trump

Paul Manafort
Au premier jour de son procès, l'été dernier, Paul Manafort a été décrit comme un grand dépensier qui a pratiqué de la fraude fiscale et bancaire pour entretenir son train de vie « luxueux ». Photo: Reuters / Yuri Gripas
Radio-Canada

L'ancien directeur de campagne de Donald Trump, Paul Manafort – qui a été reconnu coupable d'accusation de fraudes fiscales et bancaires par un jury en août dernier –, est condamné à 47 mois de prison.

Les procureurs réclamaient une peine allant de 19 à 25 ans de prison, mais le juge a statué que les lignes directrices en matière de détermination de la peine étaient excessives et qu'elles créeraient une « disparité injustifiée » avec d'autres cas.

À la mi-février, les services du procureur spécial Robert Mueller avaient demandé au tribunal fédéral de Virginie de lui infliger une lourde peine de prison.

Parmi les huit crimes pour lesquels il est condamné figurent cinq condamnations pour avoir fait de la fraude fiscale entre 2010 et 2014, caché ses comptes bancaires étrangers aux autorités fédérales en 2012 et escroqué deux banques pour plus de 4 millions de dollars de prêts destinés à l’immobilier.

Paul Manafort a utilisé 31 comptes bancaires dans trois pays en vue d'éviter de payer des impôts sur les millions de dollars de revenus qu’il a tirés de la consultation politique ukrainienne. C’est l’enquête du conseiller spécial Robert Mueller sur l’ingérence russe lors des élections présidentielles de 2016 qui a conduit aux accusations.

L’inculpé n’a pas témoigné lors de son procès, au cours duquel une vie d’excès, même pour des lobbyistes haut placés de Washington, a été révélée. Grâce à son flux secret d’argent ukrainien, Paul Manafort avait entre autres acheté des vestes d’autruche et de python ainsi que des voitures de luxe. Il avait aussi fait des rénovations à son manoir des Hamptons, qu'il avait embelli de parterres de fleurs élaborés, et avait fait tailler un bosquet en forme de « M » (en l'honneur de la première lettre de son nom de famille).

Pendant le procès, Manafort a été désigné par son ancien adjoint Rick Gates et des comptables comme le cerveau de la fraude financière.

Ce n'est que le jour du prononcé de la peine que l'ancien directeur de campagne de Donald Trump a affirmé à la cour que sa vie professionnelle est ruinée, tout comme ses finances.

« Dire que j'ai été humilié et que j'ai honte, c'est un euphémisme », a déclaré Paul Manafort au juge de district américain T.S. Ellis avant le prononcé de sa peine.

Deuxième procès : peine à venir le 13 mars

Une deuxième peine sera infligée à Paul Manafort la semaine prochaine, pour un deuxième procès.

En septembre dernier, dans le cadre d’un accord négocié de culpabilité, il a accepté de coopérer à « l’enquête russe » et de plaider coupable à des chefs d’accusation de conspiration contre les États-Unis et de conspiration d’entrave à la justice lors de ce second procès. Or, il a contrevenu à l’accord de plaider coupable en mentant au procureur Mueller sur des questions importantes dans le cadre de l’enquête.

Le procureur spécial dans l’affaire russe, Robert Mueller, et son équipe enquêtent depuis mai 2017 sur les soupçons d’ingérence de la Russie dans l’élection présidentielle américaine de 2016 et sur une possible collusion entre l’équipe de campagne de Donald Trump et des responsables russes.

La charge de conspiration contre les États-Unis regroupe des délits de blanchiment d’argent, de fraude fiscale, de défaut d’enregistrement d’un compte bancaire à l’étranger et de défaut d’enregistrement du statut de lobbyiste pour des responsables politiques prorusses en Ukraine.

L’accusation de conspiration d’entrave à la justice est quant à elle associée à celle de subornation de témoin.

La peine pour le deuxième procès, qui pourrait être de 10 ans de prison, doit être prononcée le 13 mars. Elle pourra être cumulée ou non avec celle de Virginie, selon l'avis du juge.

Seule lueur d'espoir pour Paul Manafort : Donald Trump n'exclut pas de lui accorder une grâce présidentielle.

En novembre, le milliardaire républicain a loué le « courage » de son ancien directeur de campagne – l'un des rares, selon lui, à résister aux pressions de Robert Mueller, qu'il accuse de mener une injuste « chasse aux sorcières ».

Avec les informations de CNN, Reuters Agence France-Presse

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