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Service en français à l'aéroport : une Franco-Manitobaine porte plainte

Chloé Freynet-Gagné

La Franco-Manitobaine Chloé Freynet-Gagné étudie le droit à Moncton.

Photo : Document remis

Denis-Michel Thibeault
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une Franco-Manitobaine a déposé une plainte auprès du Commissariat aux langues officielles (CLO) parce qu'elle dit ne pas avoir reçu d'offre active de service en français à l'Aéroport international Roméo-LeBlanc de Moncton et a dû patienter avant d'être servie dans sa langue.

Chloé Freynet-Gagné, qui termine ses études de droit à l’Université de Moncton, s’apprêtait à traverser la sécurité pour prendre un vol à destination d'Halifax où elle participait à un forum pancanadien organisé par la Fédération de la jeunesse canadienne-française.

Elle a alors indiqué, en anglais, à l’agente de l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien (ACSTA) qu’elle désirait être avoir des services en français. Mme Freynet-Gagné se serait alors fait répondre : « Really? You can’t speak English? » [Vraiment? Vous ne parlez pas anglais?]

Une réponse que la Franco-Manitobaine a perçue comme étant condescendante.

« Ça m’a frustrée parce que, peu importe si je peux parler parfaitement anglais, ça ne devrait pas faire de différence, affirme-t-elle. J’ai dû demander et je me suis sentie mal de demander. »

Chloé Freynet-Gagné précise qu’elle a reçu un service en français après avoir insisté et attendu longtemps.

« On réussit toujours par avoir nos services, mais il faut toujours se démener, ajoute la Franco-Manitobaine. Quand on a de petits commentaires comme ça, c’est frustrant et ce ne devrait pas l’être. »

L’ACSTA et l’aéroport veulent collaborer

La porte-parole de l’ACSTA, Christine Langlois, dit ne pas pouvoir commenter cette situation particulière, puisqu’aucune plainte n’a été déposée auprès de l’organisation.

Elle ajoute cependant que l’ACSTA prend très au sérieux les droits linguistiques et qu'elle est prête à collaborer avec le CLO.

Dans un rapport du CLO paru en 2017, il avait été démontré qu’il était difficile d’obtenir des services en français des agents de l’ACSTA dans les aéroports du pays.

Photo d'un passager qui montre sa carte d'embarquement à une employée de la sécurité.
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Un passage passe au contrôle de sécurité à l'aéroport.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Parmi les six aéroports étudiés entre décembre 2015 et mars 2016, il n'y a qu’à Montréal que presque tous les agents étaient en mesure d'offrir des services au public en français. À Ottawa, ils étaient moins de 30 %, tandis qu’à Toronto, 5 % des agents seulement pouvaient le faire.

La commissaire aux langues officielles par intérim à l’époque, Ghislaine Saikaley, avait dit que l’ACSTA avait déployé de nombreux efforts pour respecter ses obligations linguistiques, mais constatait de nombreuses lacunes quant à la prestation de services de qualité égale dans les deux langues officielles.

« Nous avons remarqué que les agents de contrôle n’accueillent pas toujours le public voyageur dans les deux langues officielles et que les services offerts ne sont pas toujours de qualité égale dans les deux langues officielles », avait-elle dit.

Julie Pondant, spécialiste des communications à l’Aéroport international Roméo-LeBlanc.
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Julie Pondant, spécialiste des communications à l’Aéroport international Roméo LeBlanc.

Photo : Radio-Canada

Dans une déclaration écrite, l’Aéroport international Roméo-LeBlanc dit prendre la situation au sérieux.

« La Direction de l’Aéroport international du Grand Moncton prend au sérieux les plaintes, y compris celles liées aux langues officielles. On fera le suivi avec l’ACSTA afin de se pencher sur ce qui s’est déroulé hier matin, ici, à l’aéroport. Tous les passagers ont le droit de se faire servir dans la langue officielle de leur choix », explique Julie Pondant, spécialiste des communications à l’Aéroport international Roméo-LeBlanc.

En ce qui concerne Chloé Freynet-Gagné, qui poursuivra ses études à la maîtrise en droit linguistique l’an prochain, cet épisode lui a fait prendre conscience de bien des choses.

« Les gens commencent à se rendre compte qu’on ne peut pas tenir nos droits [linguistiques] pour acquis », soutient-elle.

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