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Maxime D.-Pomerleau brille sur les planches

Maxime D.-Pomerleau fait partie de la distribution de la pièce Guérilla de l'ordinaire de Marie-Ève Milot et Marie-Claude St-Laurent. Photo: Mikael Theimer
Julie Larouche

Il y a des rendez-vous inattendus, imprévus et résolument marquants. C'est de cette façon que le théâtre est arrivé dans le parcours de Maxime D.-Pomerleau. L'artiste originaire de Saguenay fait partie de la distribution de la pièce Guérilla de l'ordinaire de Marie-Ève Milot et Marie-Claude St-Laurent, à l'affiche au Centre du Théâtre d'Aujourd'hui à Montréal. Une création militante et sensible qui s'attaque aux manifestations visibles et invisibles des violences faites aux femmes.

Des affiches de Guérilla de l'ordinaire avec le visage de Maxime D.-Pomerleau sur les murs du Centre du théâtre d'aujourd'hui.Maxime D.-Pomerleau a été choisie pour les affiches de la pièce Guérilla de l'ordinaire. Photo : Radio-Canada / Julie Larouche

C’est vraiment le plus gros projet auquel j’ai pris part jusqu’à maintenant dans ma jeune carrière, celui de faire du théâtre avec des professionnels sur une grosse scène, affirme Maxime. Le Centre du Théâtre d’Aujourd’hui, c’est un théâtre institutionnel. C’est un grand honneur, mais c’est aussi un immense projet à porter. C’est le type de projet que j’irais voir. Les thématiques me touchent, il y a une grande sensibilité dans le texte.

Maxime D.-Pomerleau est assise dans sa loge et lit ses notes.Maxime D.-Pomerleau révise son texte dans sa loge avant de monter sur scène. Photo : Radio-Canada / Julie Larouche

Maxime nous accueille dans une toute petite loge du Théâtre le soir de la générale. Un gros cartable est posé devant elle. Son texte. Ces mots qui l’accompagnent depuis des mois. La fébrilité est palpable, mais ce qui retient l’attention, c’est cette lumière dans le regard. L’interprète illumine la pièce tout comme elle brille sur scène. Un charisme, un talent et une sensibilité qui ont ébloui l’autrice et metteuse en scène Marie-Ève Milot il y a quelques années. Un coup de foudre.

On s’est croisées aux Rencontres internationales du Festival TransAmériques, raconte-t-elle. Je suis allée la voir performer et je suis tombée en amour. C’était un spectacle de danse où elle faisait aussi un court monologue. J’ai été complètement hypnotisée. C’est quelqu’un qui a une présence incomparable, un très beau cœur, une belle intelligence et c’est quelqu’un qui dégage énormément de force. Tout ça m’interpelle comme metteuse en scène, c’est certain.

La cocréatrice de la pièce, Marie-Claude St-Laurent, abonde dans le même sens. Je trouve que c’est une coureuse de fond qui n’arrête jamais de travailler, d’évoluer puis elle nous surprend sans cesse de par sa sensibilité et son intelligence. C’est vraiment une interprète incroyable, je vais encore écrire pour elle. Plus je la connais et plus j’ai envie d’écrire pour elle!

Marie-Claude St-Laurent, Maxime D. Pomerleau et Marie-Ève Milot dans la loge.L'autrice et interprète Marie-Claude St-Laurent, l'interprète Maxime D.-Pomerleau et l'autrice et metteuse en scène Marie-Ève Milot. Photo : Radio-Canada / Julie Larouche

L’intérêt pour le théâtre ne date pas d’hier, mais ne faisait pas partie du plan de carrière de Maxime D.-Pomerleau. Sa dernière présence sur les planches, c’était lors de ses études au Cégep de Jonquière. Je n’ai pas poursuivi entre autres parce que je croyais que ce n’était pas possible pour moi de travailler comme artiste en performance à cause de mon fauteuil roulant, explique-t-elle. Finalement, avec les années, on est venu me chercher pour différents projets et je me suis rendu compte que, pour les créateurs, contrairement à l’image sociale où pour la personne handicapée le fauteuil représente une contrainte, pour eux, ça représente des opportunités.

Maxime s’est fait connaître en 2013 avec un projet web intitulé Batwheel. Elle y jouait un personnage de « superhéroïne de série B en fauteuil roulant. Une critique sociale sur la condition des personnes vivant avec un handicap au Québec ». C’était une façon de mettre de l’avant son humour et de nombreuses anecdotes personnelles liées à sa condition. Atteinte du syndrome de McCune-Albright, une maladie génétique rare, elle doit se déplacer principalement en fauteuil roulant.

Parmi les autres projets marquants, elle a collaboré avec le chorégraphe Dave St-Pierre pour le vidéoclip Tu voulais des enfants de Philippe Brach, en plus de jouer dans le film Prends-moi d’Anaïs Barbeau-Lavalette et André Turpin.

La différence à l'avant-plan

France Geoffroy danse dans son fauteuil roulant.La directrice générale de la compagnie Corpuscule Danse, France Geoffroy. Photo : Mikael Theimer

La danse s’est aussi imposée dans son parcours artistique il y a quelques années. Là encore, une rencontre marquante, cette fois avec une pionnière de la danse intégrée au Québec, France Geoffroy. Cette discipline propose un mariage entre danseurs avec et sans handicap, dans des ateliers et sur scène. Maxime a un charisme fou. Elle transcende son handicap. Elle a des idées bien arrêtées, elle s’exprime bien et, comme moi je pensais à prendre ma retraite comme danseuse, ça a été tout naturel que je l’aie approchée, souligne-t-elle.

Pour la directrice générale de la compagnie Corpuscule Danse, le vent est favorable actuellement pour donner une plus grande place à la diversité : Il y a comme une révolution de s’affirmer, de s’affranchir de sa différence. Je pense que c’est dans l’air du temps parce qu’il y a des propositions théâtrales. Il y a des metteurs en scène qui pensent à ça.

Les artistes participants à la pièce Guérilla de l'ordinaire sur scène.La pièce Guérilla de l'ordinaire est présentée jusqu'au 28 mars 2019 au Centre du Théâtre d'Aujourd'hui. Photo : Mikael Theimer

Et pour la suite? D’abord, il faut que ça aille bien, que je sois en forme, souligne Maxime. Tout le mois de mars est consacré à Guérilla de l’ordinaire. Ensuite? Pourquoi pas une tournée? Si on peut aller ailleurs au Québec, on pourrait avoir une plus grande diversité, on pourrait voir des modèles différents et c’est peut-être là que l’on réussirait à aller chercher des artistes de 15 ans, de 18 ans dans les régions. Des jeunes qui étaient comme moi il y a 15 ans et qui pourraient se dire : “je peux maintenant me voir sur scène”. Ça pourrait les inspirer à continuer dans leur parcours.

On lui souhaite tout ça, et plus encore, à cette brillante et inspirante créatrice.

Saguenay–Lac-St-Jean

Théâtre