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Steam bannit un jeu faisant l’apologie du viol

Le logo de Steam, représentant la bielle d'une machine à vapeur.
Steam est l'une des boutiques de jeux vidéo en ligne parmi les plus populaires au monde. Photo: Steam
Radio-Canada

Rape Day, une BD romanesque interactive dont l'action se concentre sur l'abus sexuel de femmes, ne sera pas distribué sur Steam, a annoncé Valve, l'entreprise propriétaire de la boutique en ligne.

Rape Day a attiré l’attention de différents médias et communautés au cours des derniers jours pour son propos largement jugé inapproprié. Le jeu, campé pendant une attaque de zombies, doit permettre au joueur de violer et de tuer des victimes innocentes. Les agressions sexuelles seraient particulièrement mises de l’avant tout au long du scénario, d’après les informations de plusieurs magazines spécialisés.

L’une des scènes, décrite par l’auteur sur Steam, proposait de noyer et de réduire un bébé en purée. Devant la controverse suscitée par cette description, le concepteur s’est par la suite ravisé et a choisi de la retirer de son jeu.

L’action de Rape Day est conçue à la manière d’un livre dont vous êtes le héros, ce qui signifie que l’interaction se limite à choisir parmi une liste d’options à certains moments précis du récit.

L’auteur se justifie

« Un jour, les historiens du jeu vidéo verront les bandes dessinées romanesques interactives telles que Rape Day de la même façon qu’ils voient Grand Theft Auto aujourd’hui ou que la première fois que la nudité a fait son apparition à la télévision », affirme le concepteur du jeu sur son site web.

« C’est une comédie noire… un sujet sombre et horrible coloré par une joie et un objectif sombre, poursuit le créateur. Dans la vie réelle, presque tout ce que je dis et ce que je fais est teinté de sarcasme et d’irrévérence. J’arrive à rire dans les moments les plus inappropriés dans la vraie vie, et cette couleur émotionnelle est sous-entendue dans le jeu. »

« J’ai essayé de concevoir un jeu auquel j’aimerais moi-même jouer, et il y a d’autres personnes comme moi, affirme le concepteur dans un message publié sur Steam. Parmi la population, 4 % des gens sont sociopathes, et l’intérêt pour ce jeu ne se limite pas uniquement aux purs sociopathes. »

Valve sort de son mutisme

Après quelques jours de silence, Valve a réagi à la controverse mercredi en indiquant qu’elle allait bloquer le jeu.

Le créateur de Rape Day avait présenté son jeu sur la plateforme Steam Direct, qui facilite la vente de jeux indépendants en limitant les étapes à compléter pour afficher un jeu. Les jeux proposés sur Steam Direct doivent être approuvés par Steam avant d’être mis en vente. Rape Day n’était donc pas encore offert au public.

Valve a justifié sa réaction dans un communiqué en indiquant que Rape Day présentait des « coûts et des risques inconnus » pour elle, ses partenaires et ses clients.

« Nous respectons le désir des concepteurs de s’exprimer, et la mission de Steam est d’aider les concepteurs à trouver un public, mais ce concepteur a choisi un sujet et une façon de le représenter qui ne nous permet pas de l'aider à le faire. »

Des politiques jugées trop vagues

Valve est régulièrement critiquée en ligne en raison de ses décisions qui paraissent parfois arbitraires, dans des situations comme celle de Rape Day.

Ses politiques mises à jour l’an dernier autorisent presque tout type de contenu sur Steam. Elles interdisent uniquement les jeux présentant des contenus illégaux et ceux qui constituent ce que l’entreprise appelle du « trolling », soit des contenus visant à induire volontairement des réactions négatives du public.

Les critiques affirment que cette définition est trop vague et que les décisions de Valve sont donc parfois subjectives.

Le concepteur de Rape Day dit maintenant vouloir vendre son jeu sur une autre plateforme.

Avec les informations de Kotaku, et The Verge

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