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Kepler, un télescope qui a changé notre regard sur l’Univers

Au total, Kepler a repéré près de 5000 astres susceptibles d'être des planètes.

Photo : NASA

Radio-Canada

De tous les instruments créés par l'homme pour scruter le ciel, bien peu ont un legs comparable à celui du télescope spatial Kepler. Lancé il y a 10 ans, ce télescope a permis des découvertes qui guideront les astronomes pour au moins une autre décennie.

Un texte de Louis Gabriel Parent-Belzile

En un peu moins de 10 ans passés à inspecter un distant recoin de l’Univers, Kepler a décelé près de 5000 planètes et planètes présumées, dont 361 qui orbitent dans la zone habitable autour d’une étoile. Des chiffres qui confirment qu’il est probable que la vie existe ailleurs que sur Terre.

Représentation d'artiste d'une planète noire et rouge, légèrement incandescente, et de son étoile jaune en arrière plan.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

« Exoplanète » désigne toute planète qui orbite autour d’une autre étoile que le Soleil.

Photo : NASA

« Maintenant qu’on sait qu’il y a beaucoup d’exoplanètes, on s’attarde à trouver et à étudier celles qui sont vraiment très proches du soleil. C’est ce qu’il va se passer dans les 5 ou 10 prochaines années », explique René Doyon, directeur de l’Institut de recherche sur les exoplanètes (IREX) et professeur à l’Université de Montréal.

Parmi les étoiles voisines de la nôtre, le quart a au moins une planète dans sa zone habitable.

Ce savoir constitue un puissant stimulant pour la recherche, selon lui. « Ça nous permet d’attirer d’autres subventions. Quand on a créé l’institut il y a trois ans, on était une douzaine de personnes, là on est plus de 40. »

Pour les agences spatiales du monde entier, Kepler a établi une fondation cruciale pour passer aux prochaines étapes dans la quête de planètes habitables. Ses résultats ont une influence directe sur d’autres missions.

La NASA a d'ailleurs lancé le télescope TESS (Transiting Exoplanet Survey Satellite) en avril dernier pour reprendre le flambeau de Kepler, qui a cessé de fonctionner à l’automne 2018. TESS est en quête de planètes proches de la nôtre, qui sont plus faciles à étudier.

Représentation d'artiste du télescope TESS en orbite autour de la Terre, avec la Lune en arrière plan.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

TESS, comme Kepler avant lui, détecte les planètes lorsqu’elles passent devant une étoile.

Photo : Reuters / NASA NASA

Mais repérer des planètes dans la zone habitable d’une étoile ne suffit pas pour trouver la vie. Il faut aussi déterminer si l’astre est solide et doté d’une atmosphère viable.

Pour répondre à ces questions, l’IREX a notamment créé le spectropolarimètre infrarouge SPIRou, installé sur le télescope Canada-France-Hawaï en 2018. Cet instrument permet de déterminer la masse et d’estimer la densité d’une planète. Contrairement à Kepler, il fait la différence entre une planète rocheuse et une planète gazeuse.

Les astronomes misent aussi beaucoup sur le successeur du télescope Hubble, James-Webb, qui doit être lancé en 2021. Ce télescope développé en partenariat avec les agences spatiales canadienne et européenne est un des plus ambitieux projets de la NASA à ce jour. Ses missions sont multiples. Il a été conçu pour retracer l’origine des premières étoiles et l’évolution des galaxies, en plus d’étudier la formation des astres actuels et y chercher des traces de vie.

Représentation d'artiste du télescope James-Webb dans l'espace.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le développement de James-Webb a commencé en 1997 avec un budget de 670 millions de dollars. Un chiffre plusieurs fois revu à la hausse qui a atteint 13 milliards de dollars en 2018.

Photo : NASA

Il utilisera un spectro-imageur fourni par l'Agence spatiale canadienne. L’appareil est assez puissant pour détecter l’atmosphère de petites planètes habitables semblables à la Terre. Il est aussi assez précis pour identifier leur composition chimique dans l’espoir de trouver de l’eau, de l’oxygène, du gaz carbonique et d’autres signes indicateurs de la vie.

Avec sa facture de 13 milliards de dollars, James-Webb est le projet le plus coûteux de la NASA depuis la Station spatiale internationale.



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