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analyse

Pédophilie dans l'Église : pour la troisième fois, un cardinal tombe

Le cardinal Philippe Barbarin lors de son procès

Le cardinal Barbarin a été condamné à six mois de prison avec sursis pour ne pas avoir dénoncé des agressions pédophiles.

Photo : Reuters / Emmanuel Foudrot

Alain Crevier

À Lyon, en France, le cardinal Philippe Barbarin vient d'être reconnu coupable de non-dénonciation dans une affaire de prêtre pédophile. Le cardinal a été condamné à six mois de prison avec sursis.

Confronté aux témoignages des victimes du père Preynat, le cardinal aurait demandé des instructions au Vatican. Les autorités cléricales lui auraient répondu de mettre le prêtre pédophile à l’écart et d’éviter le scandale public.

« Je ne vois pas de quoi je suis coupable », a dit le flamboyant cardinal pendant le procès.

Tout est là. Le cardinal est coupable non pas d’avoir oublié de parler de ces crimes odieux à l’Église, au ministère chargé de la discipline au Vatican, au cardinal Ouellet responsable des évêques ou encore au pape. Le cardinal est coupable de ne pas avoir dénoncé à la justice des hommes. Une fois de plus, dirons-nous.

Ce grand personnage de l’Église catholique est donc le troisième cardinal à être reconnu coupable dans des histoires de prêtres pédophiles. Mais en un sens, Barbarin incarne plus que les autres la grave crise de l’Église.

Les cardinaux McCarrick et Pell ont été récemment reconnus coupables d’avoir agressé eux-mêmes des mineurs. Barbarin, lui, écope de six mois de prison avec sursis pour ne pas avoir dénoncé à la police et à la justice un des prêtres du diocèse dont il est responsable. Un sentiment de déjà-vu? Comme si ces cardinaux devaient allégeance au Vatican et à personne d’autre?

C’est le deuxième cardinal à tomber depuis la fin du grand sommet au Vatican qui portait précisément sur les scandales qui n’ont pas fini d’ébranler l’institution catholique. Et quel était le message du pape François à la fin de ce sommet? Responsabilisation, reddition de compte et transparence.

Il ne suffit plus aujourd’hui d’identifier les prêtres qui agressent des mineurs. Les victimes réclament que ceux qui savaient et n'ont pas fait appel à la justice soient aussi identifiés et traduits devant les tribunaux. Et pas uniquement devant les tribunaux de l’Église qui ont perdu beaucoup de crédibilité ces dernières années.

Ce matin, dans une déclaration explosive, le cardinal annonce « j’ai décidé d’aller voir le Saint-Père pour lui remettre ma démission ».

Reste donc à voir maintenant comment le pape François réagira. Le théâtral Philippe Barbarin perdra-t-il son titre de cardinal? Sera-t-il rendu à l’état de laïc? Ou, miséricorde oblige, passera-t-on l’éponge en acceptant simplement sa démission?

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