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Deux autres policiers de la SQ relevés de leurs fonctions

Les explications de Véronique Prince
Radio-Canada

Le directeur général de la Sûreté du Québec (SQ), Martin Prud'homme, a été suspendu en même temps que deux autres policiers ont été relevés de leurs fonctions, mercredi. Le tout est relatif à l'enquête du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) qui porte sur les fuites à l'Unité permanente anticorruption (UPAC) et l'arrestation du député Guy Ouellette.

Selon nos informations, André Boulanger, ex-directeur des opérations de l'UPAC sous Robert Lafrenière, et Caroline Grenier Lafontaine, qui gérait l'enquête sur le député Ouellette, ont été confinés à des tâches administratives.

M. Boulanger avait travaillé sur la fuite de documents dans le cadre de l'enquête Mâchurer portant entre autres sur le financement du Parti libéral du Québec. Il était retourné travailler à la SQ l'an dernier.

Pour sa part, Mme Grenier Lafontaine avait surpris en indiquant, dans le cadre de l'enquête sur l'ex-ministre libérale Nathalie Normandeau, que là encore, des documents importants avaient été coulés.

On ignore la raison exacte justifiant le fait qu'ils soient relevés de leurs fonctions, mais des sources ont indiqué que cette décision avait été prise relativement à l'enquête du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) sur les fuites à l'UPAC et l'arrestation de M. Ouellette.

La Sûreté du Québec s'en tient à indiquer qu'elle ne fera pas de commentaires pour ne pas nuire à l'enquête policière en cours.

Importants remous

La suspension de Martin Prud'homme, remplacé sur une base intérimaire par le directeur général adjoint de la SQ, Mario Bouchard, a par ailleurs provoqué des réactions, jeudi, tant dans le milieu policier que chez les politiciens.

Le « super-policier » à la réputation sans tache est dans la tourmente depuis mercredi en raison d'une participation alléguée dans les fuites ayant fait l'objet de deux enquêtes de l'UPAC.

« Je crois que la ministre a pris la peine de s’assurer que l’allégation faite avait un certain fondement, sans présumer qu’elle va mener à des accusations, mais il y a derrière tout ça une vérification diligente pour s’assurer que ce n’est pas futile », a déclaré Marcel Savard, ex-directeur adjoint de la SQ, jeudi, à ICI RDI.

L'ex-policier pointe vers l'enquête menée actuellement par le BEI sur les fuites qui ont eu lieu dans le cadre de l'arrestation du député Guy Ouellette, lui aussi un ex-policier.

« Est-ce que le BEI a découvert certains éléments? Est-ce que l’allégation provient d’une personne privée qui a fait une allégation criminelle impliquant M. Prud’homme? Possible », a analysé M. Savard.

L'opposition officielle à Québec estime que la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a pris la décision qui s’imposait devant des allégations criminelles. « Il fallait le suspendre puisqu’il est à la tête d’un important corps policier; c’était la décision à prendre », a affirmé Christine Saint-Pierre, porte-parole en matière de sécurité publique, au micro de Gravel le matin, jeudi.

« Cependant, il faut que la lumière soit faite rapidement, parce qu’on parle d’un homme dont la crédibilité était sans tache; on parle de quelqu’un qui avait le qualificatif de "super-policier", donc il faut que les choses soient éclaircies rapidement », a-t-elle ajouté.

La députée libérale déplore toutefois que la ministre Guilbault soit demeurée vague sur l'allégation. « Si ces allégations mènent à des accusations, il devra faire face à la musique. Personne n’est au-dessus des lois. Mais si ces allégations ne sont pas fondées, il faudra poser des questions au gouvernement, il faudra voir ce qui se passe exactement », a encore dit Mme Saint-Pierre.

Le processus de nomination de M. Prud'homme – qui a été nommé par le gouvernement Couillard – ne saurait être remis en question, a aussi déclaré la députée libérale.

Avec les informations de Sébastien Bovet

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