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Le service d'obstétrique demeure fermé en Abitibi-Ouest

Des gens sont assis à une table sur une scène.

Pour cette deuxième soirée d'information, une brochette de 13 personnes étaient sur la scène pour présenter à la population des actions concrètes afin de tenter de corriger le problème de découverture en obstétrique.

Photo : Radio-Canada / Lise Millette

Lise Millette

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Abitibi-Témiscamingue (CISSS-AT) s'est rapidement heurté à une levée de boucliers lors de la deuxième soirée de consultation avec la population pour tenter de régler le problème de découverture du service d'obstétrique à l'hôpital de La Sarre.

L’unité d’obstétrique est fermée depuis le 21 février. Les mesures d’atténuation proposées n’ont pas suffi à avoir raison de la grogne palpable chez les 350 personnes qui s'étaient réunies mercredi soir à la Salle Desjardins de la Polyno de La Sarre.

La chef de l'unité d'obstétrique, la docteure Kim Beauregard-Lepage, a été claire.

Après une semaine, c'est le statu quo, on n'a aucune idée du moment de la réouverture, mais dans le contexte, même si ne n'est pas idéal, c'est ce qui est le plus sécuritaire.

Kim Beauregard-Lepage, chef de l'unité d'obstétrique, Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Abitibi-Témiscamingue

Le CISSS-AT avait pourtant tenté de livrer des résultats. Pour cette deuxième soirée d'information, une brochette de 13 personnes étaient assises sur la scène pour présenter à la population des actions concrètes afin de tenter de corriger le problème de découverture. Parmi celles-ci, un comité de citoyens, dont le mandat prioritaire est de rouvrir l'unité d'obstétrique.

Ce comité s'est réuni à deux reprises. La présidente du comité, Évelyne Bruneau, a reconnu que les échanges ont été difficiles lors de leur première réunion.

« Je ne vous cacherai pas que les discussions ont été chaotiques, mais nous avons avancé », a affirmé Évelyne Bruneau.

Parmi les mesures d'atténuation présentées, le CISSS-AT et le comité de citoyens ont annoncé l'affichage d'un deuxième poste d'infirmière, une allocation pour des frais de déplacement destiné aux futures mamans qui devront se rendre dans un autre centre hospitalier, la création d'un guide écrit pour outiller les futures mamans et une troisième ambulance pour desservir le territoire.

« Ce que je viens d'entendre, c'est un beau jeu de violon. Et votre affichage, il risque d'y avoir personne », a exprimé l'infirmière Annick Bédard, lors de la période de questions. Son intervention a été suivie d'une salve d'applaudissements.

Des gens assistent à une rencontre.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les mesures d’atténuation proposées par le CISSS-AT n’ont pas suffi à avoir raison de la grogne palpable chez les 350 personnes réunies le 6 mars 2019 à la Salle Desjardins de la Polyno de La Sarre.

Photo : Radio-Canada / Lise Millette

Un os dans les postes en natalité

Loin de satisfaire l'audience, l'annonce de l'affichage d'un deuxième poste d'infirmière a irrité parce que ce poste est « fusionné », ce qui signifie que les infirmières en natalité ne seront pas uniquement affectées au service de natalité.

« On crée un poste d'infirmière, mais on s'assure qu'elle a un élastique pour l'envoyer dans d'autres départements, mais la ramener en natalité quand on a besoin d'elle », a dénoncé le vice-président du syndicat Jean-François Beaulé, estimant que cette façon de faire crée de l'instabilité et mine les conditions de travail.

Le directeur adjoint au programme jeunesse du CISSS-AT, Mario Racette, a confirmé que les infirmières qui obtiendront les postes en natalité pourraient, par exemple, être envoyées en chirurgie s'il n'y a pas d'activité.

Un mécanicien, c'est un mécanicien et il veut faire de la mécanique. Une infirmière en natalité, elle veut faire de la natalité. Nous, on vide même les poubelles.

Annick Bédard, infirmière
Une femme enceinte s'exprime devant une assemblée dans un auditorium.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

« Ce qu'on voit, c'est un problème majeur d'organisation du travail », a soutenu la députée néo-démocrate Christine Moore.

Photo : Radio-Canada / Lise Millette

Elle-même infirmière de profession, la députée néo-démocrate Christine Moore a résumé l'impasse en ces mots.

« Ce qu'on voit, c'est un problème majeur d'organisation du travail. L'infirmière qui a un poste à temps complet devrait pouvoir travailler à temps complet dans son département et faire des rotations chez les infirmières à temps partiel », a soutenu Christine Moore.

Une autre médecin de La Sarre, actuellement en congé de maternité, s'est montrée plus catégorique en pressant le CISSS-AT d'agir promptement.

« Si ce n'est pas terminé en septembre, des médecins, vous allez en perdre. Ça se parle déjà », a affirmé la Dre Marylène Lessard.

Le président-directeur général du CISSS-AT, Yves Desjardins, a tenté de tempérer les propos et a promis de revenir dans un mois devant la population pour présenter l'évolution du dossier.

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