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Les hôpitaux peinent à gérer l’augmentation des cas liés à la méthamphétamine

Le docteur Eddy Lang est responsable des urgences à Calgary.
Le chef des urgences de Calgary, Eddy Lang, s'inquiète du nombre croissant de patients sous l'effet de la métamphétamine en cristaux. Photo: Radio-Canada / CBC
Radio-Canada

Les professionnels de la santé cherchent des solutions pour gérer les patients sous l'effet de la méthamphétamine en cristaux (crystal meth), qui sont de plus en plus nombreux dans les salles d'urgence albertaines.

« Code blanc » : c’est l’appel lancé pour qu’un agent de sécurité se rende immédiatement au chevet d’un patient.

« Code mauve », c’est celui qui demande de l’aide pour venir désamorcer une situation durant laquelle un patient risque de devenir violent.

Le Dr Eddy Lang, chef des urgences de Calgary, entend ces mots de plus en plus souvent. Les salles d’urgence de la métropole, comme ailleurs en Alberta, sont aux prises avec une augmentation fulgurante du nombre de patients ayant consommé de la méthamphétamine en cristaux, explique-t-il.

« [Ils arrivent] agités, avec plusieurs symptômes de psychose et de paranoïa. Ils sont dangereux », poursuit-il.

Il ajoute que chaque hôpital de Calgary traite en moyenne désormais 200 patients ayant des complications liées à cette drogue par année. C’est quatre fois plus qu’en 2013.

Durant la même période, le nombre d’Albertains qui souhaitent fréquenter un centre de désintoxication pour soigner une dépendance à cette drogue a triplé en cinq ans, selon Services de Santé Alberta (AHS).

Le problème avec la meth, c’est que ça cause des symptômes psychotiques et de l’agitation importante, même quand c’est une dose “ordinaire”.

Eddy Lang, chef des urgences à Calgary

Le personnel médical est à la recherche de stratégies pour gérer ces situations dans le contexte d’une salle d’urgence. Cela implique souvent l’intervention d’agents de sécurité. Ces derniers sont très efficaces pour désamorcer la tension des patients avant qu’ils ne deviennent violents, explique le chef des urgences. Ils aident aussi les professionnels à injecter des calmants lorsque c’est nécessaire.

Les altercations avec le personnel médical sont néanmoins nombreuses, et elles peuvent être « traumatisantes ». Les professionnels de la santé à travers la province encouragent d’ailleurs les employés qui ont du mal à se remettre d’une altercation difficile à obtenir de l’aide psychologique.

Les autorités du réseau de la santé étudient aussi la possibilité de transporter les patients, dont la vie n'est pas en danger, vers un refuge où ils pourraient dégriser en sécurité.

Une « épidémie » chez les moins fortunés

La consommation de méthamphétamine en cristaux augmente fortement, non seulement en Alberta, mais aussi au Manitoba et en Saskatchewan. Ainsi, l’Office régional de la santé de Winnipeg a constaté une hausse de 1200 % de personnes hospitalisées en raison de l'usage de méthamphétamine en cristaux de 2013 à 2018.

Cette augmentation s’explique en partie par la chute de son prix. Elle est un substitut de choix pour les personnes ayant une dépendance aux opioïdes, qu’ils ne peuvent plus se permettre.

Son faible coût et sa disponibilité expliquent pourquoi elle est particulièrement populaire chez les plus démunis, selon Eddy Lang. Ces personnes n’ont souvent nulle part où aller lorsqu’elles sortent d’un séjour à l’urgence.

Une personne chauffe de la méthamphétamine en cristaux à l'aide d'un briquet.Un utilisateur de méthamphétamine en cristaux Photo : CBC

« C’est vraiment les gens les plus désavantagés dans notre société qui sont les plus touchés », dit-il.

Durant les mois de janvier et de février seulement, la police de Calgary a porté près de 250 accusations contre 43 personnes pour des crimes liés au trafic de drogues. Elle a aussi saisi 240 grammes de substances diverses, dont de la méthamphétamine, de l’héroïne et de la cocaïne.

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