•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Trop de doctorants, pas assez de bourses : le manque à gagner estimé à plus de 1 M$

Consultation chez un psychologue

Les doctorants en psychologie font 1600 heures durant leur internat.

Photo : getty images/istockphoto / lorenzoantonucci

Radio-Canada

L'ampleur du manque à gagner pour les doctorants en psychologie admissibles à une bourse de 25 000 $ est désormais mieux connue. Au moins 54 internes se retrouveraient sans la précieuse bourse l'an prochain.

C’est beaucoup plus que ce à quoi on s’attendait. Ça montre clairement qu’il y a un manque important et que, clairement, le programme va devoir être modifié, souligne Camille Plaisance, présidente de la Fédération des doctorant(e)s en psychologie du Québec (FIDEP).

Cette dernière insiste toutefois pour dire que le chiffre avancé, qui est de 54,5 internes, reste une estimation.

Le chiffre exact, c’est vraiment le gouvernement qui y aurait accès, dit-elle. Pour arriver à ce chiffre de 54,5, la Fédération a contacté elle-même les directions d’universités. Elle tient aussi compte des inscriptions pour l’année 2019-2020, qui pourraient être appelées à changer.

Je pense que c’est important qu[e] [le gouvernement] aille vraiment chercher les informations réelles et exactes pour vraiment régler la situation parce que c’est eux qui ont l’autorité [de le faire].

Nombre de bourses manquantes, selon les estimations de la FIDEP :

  • Université Laval : 21
  • Université du Québec à Trois-Rivières : 12
  • Université de Sherbrooke : 21,5

Selon Camille Plaisance, ce n’est pas normal que ce soit la Fédération qui soit la seule, pour l’instant, en mesure d’avancer des chiffres.

Et ça reste que c’est pour trois universités seulement, nuance-t-elle. Ce qu’on remarque avec nos chiffres, c’est qu’il y aurait des surplus dans d’autres universités, mais ces surplus ne compenseront pas pour les 54 bourses au total. Ça va nécessiter un ajout de bourse pour pouvoir compenser les internes.

En tenant compte de ces surplus, la FIDEP évalue le manque à gagner à environ 1 million de dollars.

Logiquement, ce devrait être au gouvernement d’avoir ces données-là. Eux, en plus, auraient un accès beaucoup plus rapide. Nous, ça fait des mois qu’on travaille à avoir un tableau le plus clair possible.

Camille Plaisance, présidente de la FIDEP 

En septembre dernier, les doctorants en psychologie de l’Université de Sherbrooke ont appris qu’il n’y a pas assez de bourses pour tous ceux qui ont choisi de faire leur internat de 1600 heures dans le milieu public ou communautaire. En 2017, le ministère de l'Éducation a pourtant débloqué 250 bourses de 25 000 $ par année durant trois ans. L'entente doit être revue l'an prochain.

L’Université du Québec à Trois-Rivières et l’Université Laval vivent aussi le même problème.

Depuis que la situation a été mise au jour, la FIDEP n’a pas reçu d'échos de Québec. Elle ignore toujours si le gouvernement acceptera d’avancer les fonds manquants.

On a très peu d’échos, on sait que le dossier chemine…. Tranquillement, mais sûrement, résume-t-elle.

Journées de grève en vue

Pour dénoncer la situation, la FIDEP organise le 20 mars prochain une journée de grève pour l’ensemble de ses membres. Le lieu choisi est devant l’Assemblée nationale, à Québec.

Parallèlement, les étudiants des universités concernées se sont voté d’autres moyens de pression.

  • À l’Université de Sherbrooke, les cours seront levés les 8, 14 et 15 mars.
  • À l’UQTR, les doctorants boycotteront leurs cours, stages et internats du 19 au 22 mars.
  • À l’Université Laval, les étudiants seront en grève le 20 mars. Ils ont aussi décidé de boycotter les stages de l’année 2019-2020 et de l’internat 2020-2021 jusqu’à la résolution du conflit.

Malgré la situation, qu’elle juge très problématique, Camille Plaisance est confiante que le conflit sera bientôt réglé.

On l’espère. C’est sûr qu’il y a l’adoption du budget le 21 mars. C’est assez rapide, mais on pense quand même que le ministère de l’Éducation a à cœur ses internes en psychologie et qu’il va vraiment investir pour pouvoir offrir la compensation et la bourse que tous les internes méritent.

Estrie

Éducation