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  • Mimi d’Estée, une actrice de son temps

    Mimi d'Estée racontant l'histoire de la Belle au bois dormant dans une émission de la télévision de Radio-Canada en 1952.

    La comédienne Mimi d'Estée a été une importante figure de la radio et de la télévision au Canada français à partir des années 1930.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    Le 7 mars 2004 s'éteignait la comédienne Mimi d'Estée. Elle a été une pionnière de la radio et de la télévision canadiennes de même qu'une actrice engagée dans l'action sociale comme le révèlent nos archives.

    Vedette de la télévision canadienne…

    Née à Paris en 1908, Reine Césarine Berthe Leborgne arrive au Canada en 1913 à l’âge de cinq ans.

    C’est le comédien Henri Poitras (1896-1971) qui lui trouve son nom d’artiste. Il considère que son patronyme véritable, Leborgne, n’est pas très convenable pour jouer sur les planches.

    Elle est une des premières vedettes féminines de la télévision canadienne.

    Entre février 1954 et avril 1957, par exemple, elle interprète à la télévision de Radio-Canada le rôle de Jeanne Delisle dans le téléroman 14, rue de Galais.

    14, rue de Galais, 23 février 1954

    Dans l'extrait de l’épisode de 14, rue de Galais, diffusé le 23 février 1954, on peut avoir une idée du jeu de Mimi d’Estée alias Jeanne Delisle.

    C'est un rôle très émotif. Elle attend son fils de 17 ans Paul, dont elle comprend mal le caractère et qui n’est pas rentré de l’école.

    On apprend par la suite que Paul voudrait devenir prêtre, ce qui sème la consternation chez Jeanne Delisle et son époux.

    Nous noterons au passage le rythme extrêmement lent du générique qui est à mille lieues des découpages très rapides et saccadés à la mode de nos jours.

    … mais aussi reine de la radio

    Avant d’être une vedette du petit écran, Mimi d’Estée a fait sa marque sur les ondes de plusieurs radios du Canada français.

    Propos et confidences,18 décembre 1988

    Mimi d’Estée raconte dans un extrait de l’émission Propos et confidences diffusée le 18 décembre 1988 les débuts de ce qu’on peut décrire comme l’âge d’or de la radio au Canada français.

    Nous sommes au début des années 1930. On est en pleine dépression économique et les gens cherchent à se divertir à petit prix.

    C’est dans ce contexte morose que naît ce qu’on appelle les romans-savon.

    C’est le surnom qu’on donne alors aux émissions radiophoniques que les stations diffusent en feuilletons et qui sont payées grâce aux publicités des compagnies qui vendaient du savon.

    En 1933, Henri Deyglun, l’époux de Mimi d’Estée, propose à une station radiophonique un feuilleton intitulé Ovide et Cyprien.

    La trame du feuilleton est une confrontation entre un Canadien et un Marseillais.

    En 1937, le dramaturge soumet au poste C.K.A.C un feuilleton poétique en vers de douze pieds, en alexandrins, qui racontent les aventures de Nénette et de Rintintin.

    À la grande surprise des administrateurs de C.K.A.C., l'émission Nénette et Rintintin connaît un succès monstre. Mimi d’Estée, alias Nénette, ainsi qu’Henri Deyglun, qui joue le rôle de Rintintin, deviennent d’immenses vedettes.

    Leur présence à une séance de signature d’autographes contribue même un jour à bloquer l’artère principale de Montréal, la rue Sainte-Catherine, entre les rues Amherst et de Bleury!

    Est-on surpris qu’en 1940, Mimi d’Estée soit couronnée reine de la radio? C’est une première.

    Le combat de Mimi d’Estée

    Outre ses activités à la radio, Mimi d’Estée est chroniqueuse pour plusieurs journaux.

    Le temps de vivre, 14 novembre 1990

    C’est dans ce contexte qu’elle entame un combat qu’elle raconte à l’animateur Jacques Boulanger de l’émission Le temps de vivre diffusée le 14 novembre 1990.

    Nous sommes en 1947-1948. L’Église catholique domine la société canadienne-française et lui impose souvent une morale rigide.

    Bientôt, Mimi d’Estée reçoit une multitude de lettres provenant de ce qu’on appelle alors les « filles-mères ».

    À l’époque, ces mères célibataires sont mises au ban de la société, car jugées pécheresses par la morale catholique.

    Jetées à la rue, sans argent et sans toit, ces femmes désespérées écrivent à Mimi d’Estée des quatre coins du pays pour qu’elle les aide.

    Indignée, l’actrice n’hésite pas un instant à se porter à leur rescousse.

    Elle écrit à ces femmes de venir chez-elle.

    De là, Mimi d’Estée s’organise pour leur trouver où loger et du travail. Même si la tâche se révèle colossale, Mimi d’Estée persévère dans ce combat pendant plusieurs années.

    Mimi d’Estée poursuit sa carrière jusqu’à un âge avancé. Elle meurt à 96 ans le 7 mars 2004.

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