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Un pas de plus dans la réforme des services de santé au Manitoba

Un homme souriant à une table avec un micro, et des drapeaux de la province du Manitoba derrière lui.
Le ministre manitobain de la Santé, des Aînés et de la Vie active lors de l'annonce faite le 6 mars 2019. Photo: Radio-Canada / Tyson Koschik
Rémi Authier

Le gouvernement progressiste-conservateur continue sa transformation du système de santé au Manitoba, avec le dépôt d'un projet de loi qui en simplifie la structure. Il intègre Soins communs (Shared Health) dans la structure légale des soins de santé de la province et en fait un office de santé au même titre que les offices régionaux.

Le système de santé manitobain comprendra donc sept organismes de santé, soit les cinq offices régionaux de santé, Soins communs et ActionCancer Manitoba. Selon le gouvernement, c’est une façon d’uniformiser l’offre de soins dans la province.

Trois études indépendantes ont conclu que notre système est trop complexe et trop cher.

Cameron Friesen, ministre de la Santé, des Aînés et de la Vie active

Tel qu’annoncé l’été dernier, Soins communs va incorporer plusieurs organismes existants, notamment le Centre des sciences de la santé, le Centre de santé mentale de Selkirk, la Fondation manitobaine de lutte contre les dépendances et les services de diagnostic. L’intégration de ces différentes composantes devrait être effectuée au cours des prochaines années.

Ces organismes étaient jusqu’ici gérés par le ministère de la Santé. Avec ce projet de loi, le gouvernement veut se retirer de l’offre de soins pour la confier aux offices de la santé.

Soins communs sera par ailleurs responsable de la création des plans quinquennaux qui serviront à déterminer quels services de santé doivent être offerts dans la province, et à identifier les besoins en ressources humaines et les dépenses en infrastructures. Ces plans seront créés en collaboration avec les offices régionaux qui devront les respecter dans la planification de leurs activités.

Ceci n’est pas une tentative de réaliser des économies.

Cameron Friesen, ministre de la Santé, des Aînés et de la Vie active

Avec ce projet de loi, le gouvernement veut aussi s’assurer que les organismes de santé respectent les objectifs de performance qui seront établis. En vertu de la loi, le ministre pourrait donner des directives ou réduire le financement des offices régionaux de santé et d’ActionCancer Manitoba s’ils ne respectent pas ces objectifs de performance.

La nouvelle organisation des services de santé dans la province ne devrait pas changer l’offre de services en français, selon le ministre. Les offices régionaux de santé ainsi que Soins communs et ActionCancer Manitoba seront chacun responsables d’assurer le respect de leurs obligations linguistiques.

Le gouvernement manitobain prévoit par ailleurs de standardiser ses ententes avec les fournisseurs de services de santé indépendants comme l’Hôpital Saint-Boniface. Pour l’instant, chaque entente est différente.

Une décision critiquée par l’opposition

Pour le chef du parti libéral du Manitoba, Dougald Lamont, cette transformation du système de santé est un « nouveau niveau de bureaucratie pour dégager [le gouvernement de ses] responsabilités ».

« Si vous essayez de faire la même chose qu’en Nouvelle-Écosse ou en Alberta, vous feriez mieux d’y repenser, parce que cela n’a rien arrangé, ça a mécontenté les infirmières et docteurs et personne n’en a tiré profit », affirme-t-il.

Pour sa part, le chef du Nouveau parti démocratique du Manitoba, Wab Kinew, craint que la nouvelle organisation des services de santé devienne un outil pour masquer des coupes budgétaires.

« Ce n’est pas un changement pour améliorer des services, mais des changements budgétaires », considère-t-il.

Il ajoute que ces changements visent à faciliter, de la part du premier ministre, les compressions budgétaires et les pertes d'emplois.

Manitoba

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