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La reconnaissance automatisée pour réduire le trafic de drogue en prison

Vue d’un centre carcéral au travers des grilles de sécurité qui l’entourent.
Le projet a été jugé concluant par les autorités britanniques. Photo: Radio-Canada / CBC
Radio-Canada

Ces derniers mois, 770 visiteurs ont dû faire analyser leur visage, leur iris ou leurs papiers par un système informatique avant d'aller rencontrer un proche dans une prison britannique pour un projet pilote visant à réduire le trafic de drogue. Une nouvelle mesure qui suscite la grogne de groupes de défense de la vie privée.

Les caméras et le système d’analyse des visages installés dans trois prisons du Royaume-Uni servaient à vérifier l’identité des personnes rendant visite à un détenu. Pendant six semaines en décembre et en janvier, les autorités pouvaient donc détecter si un visiteur se présentait sous une fausse identité ou si cette personne avait l’habitude de rendre visite à plusieurs détenus différents.

À l’une des prisons où le test a eu lieu, les responsables ont rapporté que davantage de visiteurs ne s’étaient pas présentés qu’à l’habitude, lorsque l’existence du système a été rendue publique.

Un projet jugé concluant

Les autorités affirment que le projet pilote est concluant et désirent maintenant étendre ces systèmes à d’autres prisons.

« Les nouvelles technologies sont vitales dans notre lutte aux groupes qui causent du chaos dans les prisons, et cet équipement biométrique a le potentiel d’alimenter nos efforts de façon significative », a expliqué à BBC News le secrétaire de la Justice britannique, David Gauke.

M. Gauke espère que cette technologie, jumelée à d’autres mesures, permettra de faire des prisons un lieu de réhabilitation sécuritaire où les détenus pourront mettre de côté leurs mauvaises habitudes.

Inquiétudes et protestations

Mais l’initiative du gouvernement britannique se heurte à des protestations provenant de différents groupes de pression. L’Howard League for Penal Reform, un groupe militant pour de meilleures conditions de détention, croit qu’il est encore trop tôt pour conclure que le projet pilote a eu de véritables effets dissuasifs sur les trafiquants de drogue. Ce groupe demande au gouvernement de fournir plus de preuves pour soutenir sa thèse.

L’organisme Big Brother Watch, qui défend les libertés civiles et la notion de vie privée du public, juge quant à lui que le gouvernement a choisi une « approche expérimentale en regard des droits de la personne » en installant ces systèmes automatisés dans les prisons. Selon ce groupe, les autorités cherchent à accroître l’acceptabilité sociale de la reconnaissance faciale en l’utilisant d’abord en prison, un environnement très contrôlé.

Big Brother Watch fait déjà campagne contre l’utilisation par les services policiers de tels systèmes ailleurs qu’en prison et a entrepris une poursuite contre le gouvernement pour tenter d’en démontrer l’illégalité.

Avec les informations de BBC News, et MIT Technology Review

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