•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Sayona et lobbyisme : des comités citoyens réclament une reddition de compte aux élus

Un jeune homme parle au micro, un homme assis de chaque côté de lui.

Rodrigue Turgeon, porte-parole du Comité citoyen de protection de l'esker

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Thomas Deshaies

Une enquête de Radio-Canada révélait ce matin qu'un conseiller et le président de la minière Sayona Québec ont rencontré des élus sans être correctement enregistrés au Registre des lobbyistes. Des citoyens demandent maintenant aux élus de dévoiler la teneur de leurs échanges afin de rétablir le lien de confiance avec les institutions.

La députée d'Abitibi-Ouest, Suzanne Blais, le maire d'Amos, Sébastien D'Astous, et le maire de La Motte, Réjean Richard, ont rencontré un conseiller pour Sayona Québec, Pierre Renaud, qui n'était pas correctement enregistré au Registre des lobbyistes.

Le porte-parole du Comité citoyen de protection de l'esker, Rodrigue Turgeon, qui a déposé une plainte au Commissaire au lobbyisme avec la citoyenne Marie-Hélène Massy Émond, souhaite maintenant que les élus fassent la lumière sur leurs échanges avec les représentants de la minière. Je souhaite que ces [élus] nous révèlent le contenu des discussions, s'exclame-t-il. Est-ce qu'il y a eu des tentatives d'influence? C'est ça qui est en jeu. Même son de cloche du côté du Regroupement vigilance mine de l'Abitibi-Témiscamingue (REVIMAT).

Le bris de confiance pourra être rétabli lorsqu'il y aura une réaction proportionnée [des élus] à cette situation qui n'a aucun sens.

Rodrigue Turgeon, porte-parole du comité citoyen de protection de l'esker

Marie-Hélène Massy Émond, qui est membre du Comité nouvelle vision de La Motte, milite pour la transparence de nos institutions démocratiques. Nos élus, d'emblée, on a confiance en eux, mais on a besoin de reconstruire une relation de confiance. Mais bon, visiblement, il n'y a pas de documents écrits [faisant état des rencontres entre les élus de La Motte], affirme-t-elle.

Mme Émond juge cependant que c'est surtout la minière qui doit s'expliquer. Ce que je déplore, c'est l'attitude de l'entreprise Sayona, qui arrive dans mon village et qui n'aviserait pas correctement les élus municipaux des rôles de chacun de ses représentants, explique-t-elle.

Suzanne Blais réagit

La députée d'Abitibi-Ouest, Suzanne Blais, affirme qu'elle fera preuve d'une plus grande prudence à l'avenir. Nous allons être encore plus vigilants, survérifier si les gens qui nous rencontrent sont inscrits au registre du lobbyisme, c'est très important, tranche-t-elle.

Suzanne Blais, candidate de la Coalition avenir Québec, en compagnie du chef de la CAQ François LegaultAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Suzanne Blais, candidate pour la Coalition avenir Québec

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Mme Blais a confirmé en entrevue qu'un conseiller de Sayona, l'ancien président du BAPE de 2007 à 2012, Pierre Renaud, a tenté de démontrer que selon lui, la minière n'avait pas à se soumettre à cette procédure. Il n'était pas inscrit au Registre des lobbyistes pour Sayona.

Le maire de La Motte n'avait pas retourné nos appels au moment de mettre en ligne cet article. Le maire d'Amos ne pouvait pas nous accorder d'entrevue aujourd'hui.

Plusieurs réactions

Le cofondateur de la Coalition pour que le Québec ait meilleure mine, Ugo Lapointe, estime que cette situation est inquiétante. Ça risque d'alimenter le cynisme des citoyens face à nos institutions publiques, a-t-il déclaré en entrevue à l'émission Des matins en or.

Ugo Lapointe, de la coalition Québec meilleure mineAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Ugo Lapointe, de la coalition Québec meilleure mine

Photo : Radio-Canada / Archives

La députée de Rouyn-Noranda-Témiscamingue, Émilise Lessard-Therrien, réclame une enquête du Commissaire au lobbyisme sur Sayona. On souhaite que le Commissaire au lobbyisme enquête sur le cas et donne les pénalités, a-t-elle déclaré.

Mme Lessard-Therrien se questionne aussi sur les obligations des anciens fonctionnaires du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE). Ça nous amène en tant que formation politique à réitérer notre demande de réforme sur le BAPE pour réfléchir sur le devoir des individus qui portent ces institutions, sur l'avant, pendant et après leur mandat, a-t-elle souligné.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !