•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Québec rétablit le poste de commissaire à la santé et au bien-être

La ministre McCann.

La ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, a décidé de rétablir le poste de commissaire à la santé et au bien-être.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada

Le gouvernement du Québec ressuscitera le poste de commissaire à la santé et au bien-être que le gouvernement libéral de Philippe Couillard avait aboli en 2016. La ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, lance le processus en prévision de la nomination du futur commissaire qui entrera en fonction l'été prochain.

Chargé de surveiller la performance du système de santé, le commissaire travaillera avec une équipe d’une vingtaine d’employés et un budget de 3,2 millions de dollars. Son rôle consistera à analyser le système de santé et à informer la population de l’état du réseau.

« Notre gouvernement s'est engagé à rétablir rapidement le poste de commissaire à la santé et au bien-être, qui est actuellement inactif », a déclaré la ministre McCann par communiqué.

« Nous croyons qu'il est essentiel, au Québec, de pouvoir compter sur un organisme indépendant qui peut analyser la performance du réseau de la santé et des services sociaux, formuler des critiques constructives et proposer des recommandations pour améliorer l'accès aux soins. »

Des partenaires du réseau de la santé seront conviés, dans les prochaines semaines, à proposer une liste de candidats aptes à occuper le poste de commissaire. La ministre McCann recommandera ensuite au Conseil des ministres un candidat figurant sur cette liste.

« Il faut beaucoup d’analyse à partir des données pour être capable de savoir si on est performant, par exemple, en santé mentale, si on est performant dans nos urgences. Il fait des recommandations », a expliqué l’ancien commissaire à la santé Robert Salois en entrevue à ICI RDI.

« Il y avait un volet moins utilisé au moment où j’ai occupé le poste parce qu’on manquait de données et de personnel, mais on aurait aimé faire un volet plus économique afin d’être en mesure de constater l’ampleur de nos recommandations, poursuit-il. […] La recommandation au ministre devrait être accompagnée d’une analyse financière [des mesures proposées]. »

Un poste aboli en catimini

Le ministre de la Santé de l’époque, Gaétan Barrette, avait décidé d’abolir le poste sans en expliquer les raisons. La mesure avait été dissimulée dans le budget du gouvernement et le commissaire de l’époque, Robert Salois, avait appris la nouvelle de la bouche d’un fonctionnaire.

M. Salois a occupé le poste pendant les 10 ans que le poste a existé, soit de 2006 à 2016.

M. Barrette avait ainsi aboli le poste que M. Couillard avait lui-même créé en 2006, alors qu’il était ministre de la Santé, et qu’il qualifiait de pilier de sa réforme du réseau de la Santé.

L’abolition du poste avait été dénoncée par la porte-parole de l’opposition en matière de santé, la péquiste Diane Lamarre, par le porte-parole caquiste en matière de santé, François Paradis, par le co-porte-parole de Québec solidaire Amir Khadir, par l’Association médicale du Québec, qui regroupe environ 10 000 médecins, et par M. Salois lui-même.

« C'est la loi du silence » que veut imposer le ministre, avait notamment déploré Mme Lamarre.

« La volonté du gouvernement libéral ne fait aucun doute : censurer une voix indépendante qui ne se gênait pas pour informer le public sur les lacunes du système de santé », avait commenté M. Khadir.

« Le ministre n'aime pas l'image que ça lui renvoie. Il ne fait ni une ni deux et casse le miroir », avait renchéri François Paradis. Il soulignait alors que l’organisation avait prouvé son indépendance, son intégrité et son utilité pour fournir un portrait réel et réaliste de notre réseau de santé.

Quant à M. Salois, il déplorait que plusieurs études et rapports en préparation soient abandonnés. « On avait une table pleine » de sujets d'intérêt à explorer, d'une importance « cruciale » pour améliorer la performance du système, avait indiqué M. Salois.

En mai dernier, le gouvernement Couillard s’était toutefois ravisé, à la fin de son mandat, en remettant en place la structure du commissariat, qui est depuis demeurée une coquille vide, sans budget ni personnel.

La section Commentaires est fermée

Les commentaires sont modérés et publiés du lundi au vendredi entre 6 h et 23 h 30 (heure de l’est).

Vous souhaitez signaler une erreur?Écrivez-nous (Nouvelle fenêtre)

Vous voulez signaler un événement dont vous êtes témoin?Écrivez-nous en toute confidentialité (Nouvelle fenêtre)

Vous aimeriez en savoir plus sur le travail de journaliste?Consultez nos normes et pratiques journalistiques (Nouvelle fenêtre)

Chargement en cours

Infolettre Info nationale

Nouvelles, analyses, reportages : deux fois par jour, recevez l’essentiel de l’actualité.

Formulaire pour s’abonner à l’infolettre Info nationale.