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Gilets jaunes : l'ONU réclame à Paris une enquête sur « l'usage excessif de la force »

Le policier casqué pointe un lanceur de balle de défense, sur un pont, à Paris.

Un policier lors d'une journée de manifestations des gilets jaunes, le 5 janvier dernier. Samedi 2 mars, le mouvement a réuni 40 000 personnes dans toute la France.

Photo : Reuters / Gonzalo Fuentes

Radio-Canada avec AFP

La haute-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU réclame à la France une « enquête approfondie » sur les violences policières qui se seraient produites pendant les manifestations des gilets jaunes qui secouent le pays depuis la mi-novembre. Plus de 3500 blessés ont été comptabilisés depuis le début du mouvement.

Dans un discours prononcé devant le Conseil des droits de l’homme à Genève, Michelle Bachelet encourage le gouvernement français à poursuivre le dialogue et demande « urgemment une enquête approfondie sur tous les cas rapportés d’usage excessif de la force ».

Premier jour pour Michelle Bachelet à la tête du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme à Genève

Michelle Bachelet, à la tête du Haut-commissariat de l'ONU aux droits de l'homme.

Photo : Reuters / POOL New

Face à l’exclusion, les matraques

Selon elle, les gilets jaunes manifestent contre « ce qu’ils considèrent comme [leur] exclusion des droits économiques et de [leur] participation aux affaires publiques ». Elle rappelle que « même dans des États prospères, des gens se sentent exclus des bénéfices du développement et privés de droits économiques et sociaux ».

Elle a aussi dénoncé les répressions violentes des manifestations qui se sont produites récemment au Soudan, au Zimbabwe et en Haïti.

Les manifestants « réclament un dialogue respectueux et de vraies réformes. Et pourtant, dans plusieurs cas, ils sont accueillis par un usage violent et excessif de la force, par des détentions arbitraires, des tortures et même selon certaines informations des exécutions extrajudiciaires », a-t-elle déploré.

Un homme avec un gilet jaune lève les bras. Derrière lui, une femme avec un gilet jaune tient un drapeau français, et d'autres gens marchent dans la rue.

Une manifestation des gilets jaunes à Nice, en France.

Photo : AFP / VALERY HACHE

Gilets jaunes : plus de 3500 blessés

Les chiffres officiels du mouvement des gilets jaunes sont étourdissants. Le dernier bilan du ministère de l’Intérieur français, en date du 18 février dernier, fait état de 1400 blessés du côté des forces de l’ordre et de 2100 parmi les gilets jaunes, dont une centaine de blessés graves.

Depuis le début du mouvement de contestation le 17 novembre dernier, l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN) a été saisie d’une centaine de cas d’accusations de violences policières.

Alors que le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner niait au départ les possibles dérapages de la police, il a déclaré le 11 février dernier : « Il y a des anomalies et des dérapages policiers, il y a systématiquement une enquête et, dès que c’est établi, il y [a] forcément une sanction. »

Lors du dernier acte des manifestations samedi 2 mars, Loïc Prudhomme, député de l’opposition appartenant à La France insoumise, affirme avoir été matraqué sans raison par des policiers. Des allégations relayées par son chef de parti, Jean-Luc Mélenchon.

Le député a saisi l’Inspection générale de la police nationale. Pour le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, un député n’aurait pas dû se trouver dans un lieu « interdit pour une manifestation », qui l'accuse aussi d’avoir provoqué les forces de l’ordre.

LBD : l’appel d'organismes à déposer les armes

Parmi les méthodes de dispersion des manifestants, les lanceurs de balle de défense (LBD) sont les plus décriés. Ces fusils, qui envoient des balles de caoutchouc à haute vitesse, doivent être utilisés « en cas d’absolue nécessité », selon la loi.

D’après un bilan du journal Le Monde, 71 blessures liées à des tirs de LBD avaient été recensées en date du 30 janvier. Face à celles-ci, le gouvernement avait requis le 22 janvier dernier que les policiers équipés de ces « flashballs » portent une caméra, pour garder une trace de leurs actions.

La Ligue des droits de l’homme a déposé des recours contre l’utilisation des LBD au Conseil d’État, la plus haute juridiction française. Le Défenseur des droits a également recommandé leur interdiction « en raison des risques liés à la nature même d’une manifestation où les personnes sont groupées et mobiles. »

Si les LBD concentrent les critiques, d’autres méthodes pour disperser les manifestants sont aussi visées, comme les grenades lacrymogènes. Une manifestante, Zineb Redouane, a trouvé la mort en décembre dernier, à la suite d’un tir de grenade lacrymogène, en marge des manifestations. Le tribunal de Marseille a ouvert une enquête.

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