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L'Ontario doit sabrer 8,6 milliards en santé pour équilibrer son budget, selon un rapport indépendant

Une civière dans un couloir d'hôpital.
Le directeur de la responsabilité financière de l'Ontario laisse présager d'importantes compressions en santé afin d'équilibrer le budget. Photo: Radio-Canada
Philippe de Montigny

Le Bureau de la responsabilité financière de l'Ontario estime que le gouvernement de Doug Ford devra dépenser 8,6 milliards de dollars en moins en santé d'ici 2022-2023 s'il veut équilibrer son budget sans augmenter les impôts.

Le budget du système de santé ontarien se chiffre cette année à 61,3 milliards de dollars, selon l’énoncé économique du gouvernement Ford présenté l’automne dernier.

Les dépenses en santé augmenteront plus rapidement que les revenus au cours des quatre prochaines années, soit de 4,5 % annuellement, souligne le directeur de la responsabilité financière, Peter Weltman, dans son rapport présenté mercredi.

La croissance de la population ontarienne, le vieillissement des baby-boomers et l’augmentation des coûts dans le secteur de la santé sont les grands facteurs qui font grimper ces dépenses, précise-t-il.

Photo d'un homme en complet derrière un lutrin en train de parler au microLe directeur de la responsabilité financière de l'Ontario, Peter Weltman Photo : Radio-Canada / Philippe de Montigny

Les dépenses en santé doivent augmenter bien plus rapidement que les revenus dans les années à venir. Il faut bien y réfléchir.

Peter Weltman, directeur de la responsabilité financière de l’Ontario
Graphique composé d'une courbe bleue montrant la croissance des dépenses prévue et une courbe verte qui montre les coupes nécessaires pour équilibrer le budget.Agrandir l’imageGraphique montrant les compressions nécessaires en santé pour équilibrer le budget, selon le Bureau de la responsabilité financière Photo : Bureau de la responsabilité financière de l'Ontario

Pour mieux voir ce graphique sur mobile

Photo d'un graphique à barres bleues montrant la croissance des indicateurs de besoins dans les différents secteurs de la santé.Agrandir l’imageLa province compte augmenter de 2,9 % ses dépenses dans les services de santé existants, ce qui est bien en deçà du taux de croissance annuelle moyen de 4,3 % attendu des principaux inducteurs de coûts, selon le Bureau de la responsabilité financière. Photo : Bureau de la responsabilité financière de l'Ontario

Pour mieux voir ce graphique sur mobile

M. Weltman prévoit aussi une augmentation d’environ 1,5 milliard de dollars sur quatre ans des salaires des médecins ontariens, qui ont signé un nouveau contrat de travail le mois dernier. L'entente n'impose pas de limite aux honoraires facturés par les médecins.

Le directeur avoue que restreindre les dépenses en santé sans compromettre l’accès aux services et leur qualité serait un défi de taille et invite donc le gouvernement à envisager un débat éclairé avec les Ontariens sur la question.

Réactions

La porte-parole du NPD en santé, France Gélinas, qualifie le rapport de dévastateur. Elle souligne que 30 000 Ontariens sont en attente actuellement d'un lit dans un centre de soins de longue durée et que 1000 patients sont soignés chaque jour dans les corridors des hôpitaux à cause de leur engorgement.

Il n'y a aucune chance que notre système de santé est capable de prendre 8 milliards de dollars de coupures sans avoir un impact dans la qualité et l'accès.

France Gélinas, députée néo-démocrate

Elle accuse par ailleurs le gouvernement Ford d'ouvrir la porte très grande au secteur privé avec sa réforme du système de santé dévoilée récemment.

Un système de santé « mieux connecté »

La ministre de la Santé et des Soins de longue durée, Christine Elliott, annonçait la semaine dernière son plan de créer une méga-agence, qui doit remplacer les 14 réseaux locaux d’intégration des services de santé et six autres organismes provinciaux du secteur.

Le gouvernement espère ainsi éliminer des dédoublements de postes administratifs et réaliser des économies, sans préciser combien d’argent serait épargné ni combien de postes seraient abolis à la suite de cette fusion.

Une femme aux cheveux blonds portant une robe bleue devant un microLa ministre de la Santé, Christine Elliott Photo : La Presse canadienne / Tijana Martin

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