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Le lanceur d’alerte Louis Robert dépose un grief contre le ministre de l’Agriculture

Un homme en chemise et casquette pose devant un champ.

L'agronome Louis Robert

Photo : Radio-Canada / La semaine verte

Radio-Canada

L'affaire de l'agronome Louis Robert congédié par le gouvernement connaît un nouveau développement. Le Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) a indiqué qu'il a déposé un grief contre le ministre de l'Agriculture, André Lamontagne, pour diffamation.

Selon, le président du SPGQ , Richard Perron, il s’agit d’une première. « À ma connaissance, c'est la première fois qu'un ministre est poursuivi en grief pour diffamation par un de ses employés et même devant les tribunaux civils », a-t-il déclaré.

Louis Robert est cet agronome congédié par le gouvernement en janvier pour avoir dénoncé l'influence indue de l'industrie des pesticides dans la recherche.

Selon le syndicat, le ministre pourrait être appelé à témoigner. M. Perron a rappelé que l'arbitre qui se penchera sur le grief a les mêmes pouvoirs qu'un juge.

Le grief de Louis Robert est motivé par les affirmations du ministre de l’Agriculture selon lesquelles il y avait d'autres raisons pour son limogeage que ce qui était indiqué dans la lettre de congédiement.

La lettre faisait mention de deux motifs, soit un manque de loyauté pour avoir transmis un document à un journaliste, et le fait d'avoir contrevenu à l'obligation de discrétion de la politique de relations avec les médias du ministère.

M. Perron a souligné qu’aucun autre motif n’est mentionné dans le document.

Après le congédiement de M. Robert, le ministre s’était dans un premier temps targué d'avoir congédié personnellement le fonctionnaire. Même le premier ministre François Legault s'était exprimé sur le sujet. En entrevue, le ministre Lamontagne avait laissé entendre que son « intuition » lui suggérait qu'il y avait autre chose dans le dossier de M. Robert.

Pour M. Perron, « c’est de la diffamation pure », car le ministre « ne se basait sur aucun fait ».

« La conduite de l'employeur et du gouvernement dans la gestion médiatique de mon congédiement constitue un abus de droit et porte atteinte à ma dignité, à mon honneur et à ma réputation, peut-on lire dans le grief. Je réclame des dommages et intérêts pour diffamation et atteinte à ma réputation. »

Le syndicat souhaite régler le dossier avant l’arbitrage

Le SPGQ estime que l’employeur a intérêt à régler le grief afin d’éviter que le ministre soit appelé à témoigner en personne. Le syndicat estime que le ministre ne devrait pas tenir « la ligne dure ».

La démarche du syndicat vise à réintégrer le plus rapidement possible M. Robert dans sa fonction, qu'il obtienne des excuses et qu'il soit pleinement indemnisé.

La procédure de grief peut prendre plusieurs mois, voire jusqu'à deux ans et plus, selon M. Perron. Quant à la valeur des dommages qui pourraient être fixés par l'arbitre, le syndicat refuse de spéculer.

Précédemment, deux griefs ont été déposés par Louis Robert. Un contestait son congédiement et demandait sa réintégration avec pleine compensation, l’autre demandait réparation en raison d'une suspension qui dépassait 30 jours, en contravention de la convention collective.

M. Robert pourrait également déposer une poursuite au civil pour diffamation, mais le syndicat souhaite « que le gouvernement réfléchisse et change d'avis » rapidement, avant de se rendre aux tribunaux.

Par ailleurs, la pétition réclamant la réintégration de M. Robert a tout récemment franchi le cap des 50 000 signatures.

Le président du SPGQ rencontrera prochainement la Confédération des syndicats nationaux, la Fédération des travailleurs du Québec, ainsi que la Centrale des syndicats du Québec, dans le but de susciter une plus grande mobilisation en faveur de M. Robert.

Avec les informations de Thomas Gerbet et de La Presse canadienne

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