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Quel impact aura le budget provincial sur les universités et les droits de scolarité?

Des étudiants dans le couloir d'une université.

Les établissements postsecondaires pourraient avoir à licencier du personnel ou à ne pas combler des départs, si l’appui de la province n’augmente pas.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Même si les universités du Manitoba augmentent leurs droits de scolarité au-delà du taux d'inflation, l'an prochain, il ne leur sera pas facile de maintenir leur programmation actuelle sans un appui supplémentaire de la part du gouvernement du Manitoba, qui dépose, jeudi, son budget provincial.

Aux prises avec des dépenses de fonctionnement qui augmentent et des besoins en entretien auxquels elles ne peuvent toujours répondre, les établissements postsecondaires pourraient avoir à licencier du personnel ou à ne pas combler des départs, si l’appui de la province n’augmente pas.

Les universités ont soumis, l’an dernier, des prévisions budgétaires en réponse à la province, qui leur demandait de planifier un budget 2019-2020 sans augmentation de la subvention provinciale, assortie d’une hausse des droits de scolarité de 6,5 %.

Les universités de Brandon, de Saint-Boniface et du Manitoba ont transmis ces données à CBC/Radio-Canada. D’autres, comme l’Université de Winnipeg et le Collège Red River, ne les ont pas fournies.

La province dévoilera ses priorités budgétaires jeudi, lorsque le ministre des Finances déposera son budget 2019-2020. Au cours des dernières années, les budgets du gouvernement de Brian Pallister ne contenaient pas de bonnes nouvelles pour les universités et les étudiants : en 2017, il a éliminé la limite permise pour hausser les droits de scolarité et aboli les crédits d’impôt en éducation. Il a aussi gelé le financement aux universités dans le budget 2017-2018 et diminué son aide financière de 0,9 % l’année suivante.

L’Université du Manitoba

Le vice-président aux affaires externes de l’association étudiante de l’Université du Manitoba, Owen Black, signale « une tendance à la hausse des droits de scolarité au cours des deux dernières années, mais pas d’amélioration des conditions » dans lesquelles les cours ont lieu.

Pour pallier la diminution du financement provincial, l’Université du Manitoba indique dans ses prévisions budgétaires qu’elle ira chercher plus d’argent auprès des étudiants. Les 10 millions de dollars supplémentaires que générerait une hausse des droits de scolarité représentent toutefois un risque pour l’établissement, puisque les inscriptions stagnent et que des frais supplémentaires pourraient avoir pour effet de compromettre le recrutement, selon ce dernier.

Le vice-président aux affaires externes de l’association étudiante de l’Université du Manitoba, Owen Black.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Pour le vice-président aux affaires externes de l’association étudiante de l’Université du Manitoba, Owen Black, les droits de scolarité augmentent sans que les conditions en s'améliorent.

Photo : Radio-Canada

Selon ses calculs, une hausse des droits de scolarité pourrait décourager les étudiants étrangers, qui forment 18 % de ses 30 000 étudiants.

Si les inscriptions devaient diminuer, l’Université du Manitoba pourrait faire face à un déficit.

D’autres facteurs entraînent des risques, tels que les coûts d’entretien de bâtiments vieillissants. Le renouvellement des systèmes électriques et mécaniques représente un défi, de nombreux immeubles datant des années 1960 et 1970. Au cours des deux dernières années, plus de 31 bâtiments ont été privés d'électricité pour des périodes pouvant aller jusqu’à 12 heures.

Owen Black raconte qu’un de ses examens a dû être annulé et remplacé par un travail à faire à la maison, en raison d’une panne qui n’était pas reliée aux conditions météorologiques.

« Je n’ai pas pu passer mon examen parce que l’Université du Manitoba n’a pas assez d’argent pour entretenir ses immeubles et s’assurer que l’électricité fonctionne », dit-il.

L’Université indique qu'elle a dû reporter pour des travaux d’entretien dont la valeur se serait élevée à 300 millions et que les bâtiments continueront de se détériorer sans injection de fonds pour les réparer.

L’Université du Manitoba a reçu 348,5 millions de dollars de la province dans le cadre du budget 2018-2019, une somme qui représentait 52 % de ses revenus.

Aucun membre de l’administration universitaire n’était disponible pour commenter la situation.


À Saint-Boniface

Selon les prévisions de l’Université de Saint-Boniface, si les financements provincial et fédéral n’augmentent pas l’an prochain, cela se traduira par une réduction de 3,5 postes ainsi que la mise en veilleuse de travaux de rénovations et d'occasions de développement pour le personnel non syndiqué.

Pour le vice-président de l’Association des professeurs et professionnels de l’Université de Saint-Boniface, David Alper, la situation est inquiétante.

« Nous sommes très inquiets des politiques d’austérité du gouvernement provincial dans le domaine de l’éducation, affirme-t-il. Nous craignons [que la qualité de l’éducation] offerte aux étudiants ne diminue. »

Il s’inquiète particulièrement de l’augmentation des droits de scolarité.

« On sait [que l’augmentation des droits de scolarité] représente une barrière à l’accès à l’éducation postsecondaire pour les étudiants qui viennent de ménages à faible revenu », soutient-il.

Le président de l'Association étudiante de l’Université de Saint-Boniface, Cheikh Ousmane Ben Youssouf Marega, craint aussi une nouvelle augmentation des droits de scolarité.

Selon lui, cette augmentation risque, à long terme, d’alourdir la dette des étudiants canadiens et de décourager les étudiants étrangers de poursuivre leurs études dans la province.

« Les gens viennent à l’USB parce qu’ils reçoivent une bonne éducation avec l’un des coûts les plus bas au Canada. Avec une augmentation, l’USB sera comme toutes les autres universités au pays », affirme-t-il.

« On pense que ce n’est pas la voie de l’avenir que de couper dans le budget de l’éducation. Il faut voir l’éducation comme un investissement dans l’avenir de nos jeunes », ajoute David Alper.

L’USB devra aussi reporter des investissements dans certains services demandés par les étudiants.

Le recteur de l’Université de Saint-Boniface, Gabor Csepregi, a préféré attendre le dépôt du budget avant de faire des commentaires.


À Brandon

Dans le cas de l’Université de Brandon, les prévisions budgétaires indiquaient, l’an dernier, qu’en raison des signaux du gouvernement il fallait s’attendre à une hausse des droits de scolarité de plus de 5 % pour 2019-2020.

Pour maintenir sa programmation, l’Université de Brandon compte sur une hausse de 2,4 % de son financement provincial, soit 906 000 $, à défaut de quoi une dizaine de postes ne seront pas pourvus, des formations saisonnières seront interrompues, et le choix de cours sera réduit.

Le président par intérim de l’Université, Steven Robinson, comprend cependant que la province veuille réduire ses dépenses et estime que l’Université doit trouver des façons de travailler à l’intérieur de ces paramètres. « La province nous a dit de ne pas nous attendre à recevoir beaucoup plus tant que nos finances ne seront pas en bon ordre », dit-il.

Il a appris que les établissements postsecondaires pourraient hausser leurs droits jusqu’à 7,5 % l’an prochain, ce qui représente une hausse de 5 % des droits de scolarité et une hausse de 2,5 % reflétant l’indice des prix à la consommation, dit-il.

La province n’a pas voulu dire ce qu’elle réservait aux établissements d’enseignement postsecondaire dans le budget de jeudi.

Avec des informations de Ian Froese

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