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Royalmount : Montréal et Québec renoncent à imposer un « temps d'arrêt » aux promoteurs

Une maquette du projet.

Le projet Royalmount sera situé à l'intersection des autoroutes 15 et 40, en plein coeur de l'île de Montréal.

Photo : Carbonleo

Radio-Canada

La Ville de Montréal et le gouvernement du Québec écartent pour le moment toute idée de suspendre ou de retarder par des moyens judiciaires le controversé projet Royalmount, a appris Radio-Canada.

L'administration Plante et le gouvernement Legault ont plutôt annoncé mercredi la création d'un comité de travail sur la mobilité dans le secteur Namur-De la Savane..

Le comité de travail sera formé de deux ministères – ceux des Transports et des Affaires municipales –, des Villes de Montréal et de Mont-Royal, de l'Association des municipalités de banlieue (AMB), de la Société de transport de Montréal (STM) et de l'Agence régionale de transport métropolitain (ARTM).

Son mandat : déterminer les besoins en mobilité aux abords de l'échangeur Décarie et faire des recommandations en matière de mobilité et d'aménagement pour les secteurs appelés à se développer dans ce secteur en forte ébullition, où une douzaine d'autres projets, comme celui de l'ancien hippodrome Blue Bonnets, pourraient accueillir des milliers de nouveaux résidents au cours des prochaines années..

Le comité de travail sera présidé par Florence Junca-Adenot, professeure au Département d'études urbaines et touristiques à l'Université du Québec à Montréal (UQAM) et spécialiste des questions de transport. Son rapport est attendu à l'automne 2019.

L'amélioration du transport en commun et des conditions de circulation sur les autoroutes 15 et 40 relèvera ensuite du plan stratégique de développement de l'Autorité régionale de transport métropolitain prévu d'ici la fin de l'année 2019.

Une carte du secteur.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Royalmount sera construit à l'angle des autoroutes 40 et 15, mais la première pelletée de terre n'aura pas lieu avant longtemps.

Photo : Google Earth

Le projet Royalmount devrait voir le jour en 2022 à l'angle des autoroutes 15 et 40, sur le territoire de la ville de Mont-Royal. On y prévoit la construction de 5 hôtels, plusieurs tours de bureaux, 160 commerces, 75 restaurants, un parc aquatique, un aquarium, un cinéma, deux salles de spectacle et, depuis peu, une composante résidentielle.

Le projet, mené par la société Carbonleo, ne fait toutefois pas l'unanimité, notamment en raison de son impact sur la circulation, sur les commerces des secteurs avoisinants et sur l'offre de divertissement du Quartier des spectacles, au centre-ville de Montréal.

Professeur titulaire à la Faculté de l'aménagement de l'Université de Montréal, Gérard Beaudet ne cache pas sa déception par rapport au cheminement du projet. « C'est un chèque en blanc qu'on signe au promoteur, s'indigne-t-il, alors qu'une société qui se respecte et qui a des ambitions urbanistiques, elle soumet ces projets-là à une étude d'impact pour être sûre qu'[elle] ne se trompe pas. Parce que si on se trompe, on se trompe lourdement et pour longtemps. »

M. Beaudet fait partie d'une coalition qui, la semaine dernière, avait publié une lettre ouverte intitulée « Dans ces conditions, c’est Royalement non! », dans laquelle une vingtaine de signataires réclamaient le décret d'un moratoire sur Royalmount.

En janvier, une commission permanente de l'agglomération de Montréal avait également publié un rapport recommandant l'imposition d'« un temps d'arrêt » afin de « redéfinir » ce projet immobilier.

Le lendemain, la mairesse Valérie Plante avait dit vouloir procéder par étapes, à commencer par une rencontre avec Carbonleo, la Ville de Montréal et le gouvernement du Québec, afin d'évaluer comment le projet pouvait être revu.

Des réunions ont été organisées dans la plus grande discrétion dans les semaines qui ont suivi. Elles laissent entrevoir certaines améliorations, selon l'administration Plante.

Avec les informations de Benoît Chapdelaine et Jean-Sébastien Cloutier

Grand Montréal

Politique municipale