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Bellechasse : on réclame moins d'ambulanciers sur appel pour « sauver plus de vies »

Michel Beaulieu et Sylvain Faucher aident une femme éprouvant des difficultés respiratoires.
Michel Beaulieu et Sylvain Faucher aident une femme éprouvant des difficultés respiratoires. Photo: Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie
Marc-Antoine Lavoie

Huit minutes. C'est le temps que des ambulanciers ont pris pour intervenir auprès d'une femme souffrant de détresse respiratoire dans un secteur isolé en Beauce. Dans les mêmes circonstances, la victime aurait attendu beaucoup plus longtemps dans Bellechasse, estime une organisation qui souhaite la fin des horaires sur appel pour ses ambulanciers.

Le nombre d'interventions d'urgence devenu trop important, Dessercom réclame au gouvernement du Québec que Saint-Charles, dans Bellechasse, suive l'exemple de Sainte-Marie, en Beauce, où la fin de ce type d'horaire fait déjà ses preuves.

Les ambulanciers Michel Beaulieu et Sylvain Faucher pensent que la fin des horaires sur appel en Beauce contribue à sauver des vies. Ils citent l'exemple de la femme qui souffrait de détresse respiratoire dans un secteur isolé.

Bellechasse : on réclame moins d'ambulanciers sur appel pour « sauver plus de vies »

« Si ça avait été un arrêt cardiaque, on aurait été dans les délais pour donner une chance au patient. Avec l'ancienne version, en horaire de faction, les chances de survies auraient été minimes », explique Michel Beaulieu.

Ce délai de huit minutes aurait pourtant été impossible à atteindre il y a quelques semaines, lorsque les ambulanciers de Sainte-Marie attendaient les appels d’urgence à leur domicile.

Depuis janvier, les « horaires de faction » ont été supprimés à Sainte-Marie. Les effectifs en poste sont maintenant tous prêts à se déployer rapidement sur le territoire.

« Anciennement mon équipe, il aurait fallu se rejoindre et partir. Ça aurait pris au moins 15 minutes pour se rendre chez madame », raconte Michel Beaulieu.

Territoire plus sécuritaire

L’ambulance arrive à l’Hôtel-Dieu de Lévis. Après une trentaine de minutes de transport, la patiente est maintenant entre bonnes mains.

Les ambulanciers arrivent à l'Hôtel-Dieu de Lévis avec la patiente.Les ambulanciers arrivent à l'Hôtel-Dieu de Lévis avec la patiente. Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Le taux d’adrénaline de Sylvain Faucher, le conducteur, redescend. Cumulant 29 ans de service, l’ambulancier est convaincu que l'abandon des horaires sur appel rend le territoire plus sécuritaire.

Toutes les réanimations que j'ai réussies ont été faites lorsque j'étais sur le chiffre à l'heure. En faction, on n’a jamais réussi à réanimer quelqu'un.

Sylvain Faucher, ambulancier

M. Faucher a été 14 ans sur appel avant d’obtenir un poste à l’heure.

Interventions trop nombreuses

Les ambulanciers sur appel doivent être prêts à intervenir en tout temps, à partir de leur domicile, 24 heures sur 24, durant une période de sept jours.

Loin de dénigrer les horaires sur appel, Le directeur des opérations chez Dessercom explique que cette façon de faire est « très utile dans les régions moins peuplées » puisque le nombre de sorties d’urgence est moins élevé.

Sylvain Faucher au volant de son ambulance.Sylvain Faucher cumule une trentaine d'années de service comme ambulancier. Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Étienne Parent soulève que la moyenne d'intervention à Sainte-Marie atteignait régulièrement les 40 heures par semaine, de jour comme de nuit. Le seuil acceptable pour les ambulanciers sur appel est de 28 heures par semaine, selon Dessercom.

À Saint-Charles-de-Bellechasse, les ambulanciers sur appel ont dépassé la trentaine d’heures d’intervention par semaine l’an dernier. M. Parent croit qu’il faut agir rapidement.

« Il y a de plus en plus de personnes qui habitent dans la région de Bellechasse. Avoir plus d’équipes en poste permettrait un déploiement dynamique sur le territoire », affirme le gestionnaire.

Une pancarte d'ambulance et un véhicule ambulancier près du Centre intégré de santé et de services sociaux de Chaudière-AppalachesLes appels d'urgence sont de plus en plus nombreux en Chaudière-Appalaches. Photo : Radio-Canada

Étienne Parent précise que l’ajout d’une équipe sur le terrain permettrait de prêter main-forte aux effectifs de Lévis lorsque plusieurs appels d’urgence surviennent en même temps.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de Chaudière-Appalaches rappelle que de nombreuses modifications ont été apportées aux effectifs au cours des derniers mois dans la région. L’organisation assure collaborer avec les entreprises ambulancières et poursuivre son analyse à ce qui a trait à la charge de travail.

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