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L'effet miroir FET.NAT

Les photos noir et blanc de chaque membre de la formation sont alignées à raison de deux par rangée.

Olivier Fairfield, Linsey Wellman, JF No et Pierre-Luc Clément forment le groupe gatinois FET.NAT.

Photo : Radio-Canada

Jean-François Chevrier

Pour son troisième album complet, Le Mal, le quatuor art punk gatinois poursuit son exploration du détachement. Détachés au point où Olivier Fairfield, Pierre-Luc Clément, JF No et Linsey Wellman assisteraient éventuellement à une de leurs propres prestations assis parmi les spectateurs? La possibilité existe, selon FET.NAT.

Dans une volonté de créer une image miroir illusoire, FET.NAT tente l'auto-extraction performative de chaque membre du groupe sur son nouveau disque.

Le Mal est ainsi présenté en deux temps.

Les cinq premiers titres sont interprétés dans une forme traditionnelle à la sauce FET.NAT : une musique rythmée, souvent déconstruite et servant d’enrobage à la poésie singulière du chanteur, JF No. Puis, l’auditeur redécouvre ces mêmes titres, cette fois réinterprétés en utilisant exclusivement des instruments compatibles à la technologie MIDI (Musical Instrument Digital Interface)... incluant la guitare en plastique du jeu Guitar Hero.

L’idée est de créer une distance entre notre performance et nous-mêmes à travers des machines difficiles à utiliser

Pierre-Luc Clément, bassiste de FET.NAT

La technologie MIDI, souvent décrite comme linéaire et sans chaleur humaine, peut aisément devenir un obstacle à la création musicale. L’expérience MIDI représentait donc un défi important pour le quatuor. Au final, l’expérience s'avère très concluante : même si les chansons sont conçues par des artistes, les enregistrements MIDI détachent l’être humain de sa performance.

Patio Monday (présentée en format traditionnel) et Patio Tuesday (MIDI) témoignent de cet envers réversible, comme le qualifie Pierre-Luc Clément.

Une trilogie

C’est lors d'une résidence au centre en arts médiatiques Daïmon que FET.NAT a entrepris ce vaste projet du détachement volontaire de l’artiste dans sa performance. Depuis deux ans, l’approche représente une expérience en laboratoire qui s’opère en trois volets.

Dans un premier temps : l’expérience MIDI, dont l’album Le Mal s’inspire.

Dans une deuxième tentative d’auto-extraction, chaque membre a transposé ses partitions sur un disque vinyle. Lors d’une performance devant public, les musiciens, rebaptisés DJ le temps d’un spectacle, ont fait tourner leurs partitions décloisonnées dans le but de créer une chanson originale.

Le troisième volet reste à venir et à définir, mais de l'aveu du bassiste, il faudra attendre la dissolution du groupe.

Dans un ultime effort d’auto-détachement, les membres assisteront, en quelque sorte, à leur propre performance.

Existons-nous quand nous n'avons pu besoin d’être là? C’est ce que le public découvrira dans 2, 5 ou 10 ans, soutient le bassiste.

FET.NAT, groupe pop(ulaire)

Il demeure difficile d'étiqueter la musique de FET.NAT. Free jazz? Afro Beat? Expérimental? Chose certaine, le groupe est très populaire. Dans son exploration sonore, il a le souci de demeurer accessible pour le plus grand nombre.

Pour les diffuseurs, FET.NAT offre un spectacle riche à saveur théâtrale mettant en scène des musiciens de grand talent. Au fil des ans, ils ont foulé les scènes du Centre national des arts, du Festival de jazz et du Bluesfest d’Ottawa, sans oublier l’ancien (et tout petit) Temporaire de la rue Saint-Redempteur, dans le Vieux-Hull.

On peut jouer n’importe où... À la limite, ce n’est pas vraiment grave ce qu’on joue, c’est comment on le joue. C’est la raison pour laquelle j’aime tant jouer avec ces gars-là.

Pierre-Luc Clément, bassiste de FET.NAT

Faisant fi des étiquettes de genres, FET.NAT ne cesse de surprendre. Son plus récent effort ne fait pas exception. Le Mal, comme tous les albums de la formation, est disponible gratuitement en format numérique sur Internet.

Il y a trois étoiles noires et deux qui sont grises.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jean-François donne la note de 3,5 sur 5 à cet album.

Photo : Radio-Canada

Ottawa-Gatineau

Musique