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Syrie : des centaines de personnes évacuées de l'ultime poche de l'EI

Le conflit entre les Forces démocratiques syriennes et le groupe armé État islamique a poussé les civils à fuir Baghouz.

Le conflit entre les Forces démocratiques syriennes et le groupe armé État islamique a poussé les civils à fuir Baghouz, ville située à la frontière irakienne.

Photo : AFP / Getty Images / Delil Souleiman

Agence France-Presse

Des centaines de personnes ont été évacuées mardi de l'ultime bastion du groupe armé État islamique (EI) dans l'est de la Syrie, sous la supervision de l'alliance arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes. Engagées contre les djihadistes jusqu'au-boutistes, elles les ont acculés dans leurs derniers retranchements, dans le dernier lambeau de leur « califat ».

Parmi ceux qui sont sortis du village de Baghouz, dernière poche de l'EI en Syrie située dans la province orientale de Deir Ezzor, se trouve l'épouse du djihadiste français Jean-Michel Clain. Elle a annoncé aux journalistes la mort de son époux, dont le nom est étroitement lié aux attentats de Paris du 13 novembre 2015.

L'alliance arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS) a ralenti depuis dimanche son assaut contre le dernier réduit de l'EI pour permettre aux civils qui y sont retenus et aux combattants qui veulent se rendre de quitter l'enclave.

Mardi encore, des centaines d'hommes, de femmes et d'enfants sont arrivés à une position des FDS dont les combattants procèdent à des fouilles et à des interrogatoires poussés pour identifier les djihadistes qui se cacheraient parmi la foule, a constaté une journaliste de l'AFP.

Les hommes, séparés du groupe, sont assis au sol et entourés par des combattants des FDS, tandis que les femmes, vêtues d'un niqab qui les couvre de la tête aux pieds, reçoivent de l'eau et des couches pour la multitude d'enfants qui, souvent, les accompagnent.

Des camions circulent sur la route.

Des camions évacuent des dizaines de civils du bastion de l'EI à Baghouz, dans l'est de la Syrie.

Photo : Reuters / Rodi Said

La veille, un porte-parole des FDS, Mustafa Bali, avait annoncé la sortie d'« environ 3000 personnes » en moins de 48 heures. Parmi eux « se trouvait un grand nombre de djihadistes de l'EI qui se sont rendus », a-t-il rapporté sur son compte Twitter.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a, lui, fait état de l'« évacuation de 280 djihadistes » ayant capitulé depuis le ralentissement des opérations dimanche.

Émergence et déclin de l'EI

Après une montée en puissance fulgurante en 2014, l'EI avait proclamé en juin de la même année un « califat » sur des pans entiers de la Syrie et de l'Irak voisin. Mais, face à plusieurs offensives ces deux dernières années, les djihadistes ont vu leur territoire se réduire comme une peau de chagrin.

Dans le secteur de Baghouz, les djihadistes font face à des tirs d'artillerie et des frappes aériennes de la coalition internationale emmenée par Washington. « La bataille pour vaincre l'EI se poursuit », a assuré à l'AFP le porte-parole de la coalition anti-EI, Sean Ryan, confirmant que des raids étaient menés.

Selon le directeur de l'OSDH Rami Abdel Rahmane, ces frappes visent à « empêcher les djihadistes de mener des contre-attaques ou de prendre la fuite ».

Plus de 54 000 personnes, principalement des familles de djihadistes, ont déjà quitté l'ultime réduit depuis décembre, selon l'OSDH. Parmi eux, plus de 5000 djihadistes ont été arrêtés, d'après cette source.

La grande majorité des personnes évacuées sont transférées vers le camp de déplacés d'Al-Hol, plus au nord, où des dizaines de milliers de personnes s'entassent dans des conditions difficiles, dénoncées par des ONG.

La population du camp s'élève désormais à plus de 56 000 habitants, « dont plus de 90 % sont des femmes et des enfants », a indiqué mardi le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) de l'ONU en Syrie.

Une femme en niqab s'occupe de ses enfants.

La femme du djihadiste français Jean-Michel Clain, Dorothee Maquere a quitté les derniers retranchements de l'EI à Baghouz.

Photo : Getty Images / DELIL SOULEIMAN

« Entre le 22 février et le 1er mars, environ 15 000 personnes sont arrivées dans le camp », a ajouté l'OCHA, qui fait état de la mort de 90 personnes - dont les deux tiers sont âgés de moins de cinq ans – lors des trajets précaires les emmenant de Baghouz vers Al-Hol ou juste après leur arrivée dans le camp.

Mardi, « 600 personnes sont arrivées tôt le matin au camp », a indiqué à l'AFP le Comité international de secours (IRC). Des centaines d'étrangers, des Français, des Britanniques, mais aussi des Russes, sont sortis de l'ultime réduit de l'EI.

Mardi, l'épouse du djihadiste français Jean-Michel Clain a quitté la poche de l'EI, annonçant que son époux avait été tué en février, deux jours après son frère Fabien Clain, tué lui dans une frappe de la coalition internationale. « Le drone a tué mon beau-frère, et l'obus de mortier a tué mon mari », a déclaré Dorothée Maquere qui se trouvait dans une zone de rassemblement tenue par les FDS.

Âgé de 38 ans, Jean-Michel Clain a été identifié comme le psalmodieur des Anashid – chants religieux – entendus dans le message audio revendiquant les attentats du 13 novembre 2015 à Paris, qui ont fait 130 morts.

La bataille contre l'EI représente aujourd'hui le principal front de la guerre en Syrie qui a fait plus de 360 000 morts depuis 2011.

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