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Le groupe minier Newmont rejette le mariage proposé par Barrick Gold

Le logo de Barrick Gold.
La société américaine Newmont refuse l'offre d'achat de Barrick Gold. Photo: La Presse canadienne / Nathan Denette
Agence France-Presse

Le conseil d'administration du groupe minier américain Newmont a rejeté à l'unanimité lundi l'offre de rachat de Barrick Gold, estimant que la demande en mariage du groupe canadien, numéro un mondial de l'or, « n'est pas dans le meilleur intérêt des actionnaires ».

Barrick Gold propose l'équivalent d'environ 18 milliards de dollars américains pour Newmont, par le biais d'un échange d'actions au terme duquel il détiendrait environ 55,9 % de la nouvelle entité créée et le groupe américain, numéro deux mondial du secteur, 44,1 %. Newmont veut lui-même racheter le canadien Goldcorp pour une dizaine de milliards de dollars.

Notre revue en détail de la proposition non sollicitée de Barrick nous a renforcés dans notre conviction que l'union entre Newmont et Goldcorp offre la meilleure occasion de créer de la valeur pour les actionnaires de Newmont et d'offrir le meilleur retour sur investissement du secteur pour les décennies à venir.

Gary Goldberg, PDG du groupe américain

Le rapprochement entre Newmont et Goldcorp, sur lequel les actionnaires du groupe canadien doivent se prononcer le 4 avril, ravirait la place de numéro un mondial à Barrick Gold.

Dans son communiqué, Newmont souligne que l'offre hostile de Barrick ne comporte aucune prime, ce qui est inhabituel pour une transaction de cette taille et, qui plus est, non sollicitée.

Le PDG de Barrick, Mark Bristow, avait expliqué aux analystes que la prime était constituée par les synergies que les deux groupes pouvaient espérer tirer de la fusion. Il en estime le montant à plus de 7 milliards de dollars américains.

Pour l'instant, cependant, la proposition de Barrick valorise le titre de Newmont à 32,24 $ US par action, nettement sous le cours de clôture du groupe américain en Bourse, à 34,46 $ US à New York.

L'action des deux géants a progressé de près de 2 % lundi, Barrick clôturant de son côté à 12,55 $ US à New York.

Newmont affirme aussi que le portefeuille de sites de Barrick Gold comporte de nombreuses zones à risque alors que le mariage avec Goldcorp rassemblerait des actifs « dans des juridictions minières favorables et dans des districts aurifères prolifiques sur quatre continents ».

Une proposition à Barrick, repoussée

Toutefois, Newmont a également proposé lundi à Barrick Gold de créer une coentreprise pour exploiter leurs principaux gisements respectifs au Nevada, voisins ou très rapprochés les uns des autres. Cet État de l'Ouest américain est un des territoires les plus prometteurs pour l'extraction aurifère et déjà une des principales sources d'approvisionnement de métal jaune dans le monde.

« Cette proposition permettrait aux actionnaires des deux entreprises de concrétiser les synergies existantes tout en évitant les risques importants et les complications liées à la proposition non sollicitée de Barrick », a souligné le PDG de Newmont, en proposant un modèle d'alliance comme le groupe en a déjà discuté avec Barrick.

Barrick a aussitôt repoussé cette offre, la qualifiant d'« irréaliste » car elle confierait la direction de la coentreprise à Newmont, ce qui, selon lui, ne reflète pas la valeur des actifs en cause sur le terrain.

« L'expérience nous a montré que les coentreprises ne fonctionnent bien que lorsque l'actionnaire majoritaire en est aussi l'opérateur », a répliqué Mark Bristow, PDG de Barrick, dans un communiqué.

Barrick et Newmont avaient déjà cherché à fusionner dans le passé. La dernière tentative remonte à 2014. L'opération avait alors échoué au dernier moment car les deux géants miniers n'étaient pas parvenus à s'entendre sur la gouvernance de la nouvelle entité et sur la localisation du siège social.

Les prix de l'or évoluent en dents de scie depuis la fin de la flambée des cours en 2013 et les producteurs cherchent depuis à réduire leurs coûts opérationnels en opérant à grande échelle.

En décembre, Barrick avait ainsi avalé son concurrent britannique Randgold.

Mais cette association ne suffit pas au canadien pour maintenir sa suprématie : en 2017, Newmont et Goldcorp, futurs alliés, avaient au total produit 7,9 millions d'onces d'or, quand Barrick et Randgold réunis en avaient extrait 6,6 millions.

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