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Crabe des neiges : la prolongation de la suspension de la certification déçoit en Gaspésie

Crabiers au quai de Rimouski

Crabiers au quai de Rimouski

Photo : Radio-Canada / Simon Turcotte

Joane Bérubé
Bruno Lelièvre
Maude Rivard

Les réactions sont déjà nombreuses à la suite de la décision du Marine Stewardship Council (MSC) de maintenir la suspension de certification de pêche durable pour le crabe des neiges du sud du golfe du Saint-Laurent. L'organisme international estime qu'il est trop tôt pour déterminer si les efforts pour protéger la baleine noire sont suffisants.

Les crabiers gaspésiens, qui ont vu plusieurs grandes zones de pêche être fermées l’an dernier en raison de la présence de la baleine dans le golfe, digèrent mal cette décision.

Le président Daniel Desbois conteste l’analyse de la MSC. Ils disent avoir vu deux baleines avec des cordages, relate M. Desbois, mais nous avons marqué nos cordages l'an passé. Ils déduisent que ça vient de la zone 12, mais il n'y a aucune preuve. Ils ne répondent pas à nos questions. On ne sait même pas d'où viennent ces cordages.

Cette décision est d’autant plus décevante que la ressource est en excellente santé, souligne le directeur de l’Association québécoise de l’industrie de la pêche, Jean-Paul Gagné. N'empêche que c'est l'image de l'industrie qui en souffre. C'est comme une tache. Je trouve ça dommage parce qu'il y a eu du temps, de l'argent, de la recherche pour obtenir un MSC. C'est très sévère. On se demande pourquoi des fois , commente M. Gagné.

Les transformateurs n’excluent pas la possibilité de se tourner vers une autre certification de pêche durable.

Pas d'effets à court terme

Cette décision ne devrait pas avoir de conséquences sur les prix du crabe à court terme. Les deux principaux marchés du crabe des neiges, le Japon et les États-Unis, n'exigent pas la certification pour le moment.

Des travailleuses et travailleurs d'usine travaillent à la chaîne afin d’apprêter le crabe.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des travailleuses et travailleurs d'usine travaillent à la chaîne afin d’apprêter le crabe.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

André-Pierre Rossignol, conseiller à l’exportation à GimExport, rappelle que la certification est surtout exigée en Europe. Certains acheteurs américains et asiatiques la demandent parfois. Mais ce n’est pas la majorité , précise M. Rossignol.

Le produit, souligne-t-il, est en très forte demande. Il y a plus de demandes que de produits disponibles , fait-il valoir.

Par contre, s’il survenait une crise économique provoquant un effondrement du marché, le fait de détenir une certification comme celle de la MSC pourrait devenir un enjeu, analyse l’expert. Ce dernier demeure cependant optimiste. J’ai bon espoir qu’on pourra garder la certification. Je serais surpris après cette saison qu’elle soit toujours perdue. C’est difficile de faire plus. L’industrie est très consciente de l’importance d’appliquer les mesures et tout le monde est bonne foi, assure-t-il.

La certification avait été suspendue au printemps 2018, quelques semaines avant le début de la saison de pêche, à la suite du grand nombre de baleines noires trouvées mortes dans le golfe du Saint-Laurent en 2017.

L’an dernier, le ministère des Pêches et des Océans a imposé des mesures de protection comme la réduction de la vitesse des navires, un accès interdit à des secteurs de pêche lors de la présence d’une baleine. Aucune baleine n'a été retrouvée morte l'an dernier.

Pêches et Océans a imposé la fermeture de la zone statique à partir du 28 avril 2018 aux pêcheurs de crabe des neiges. La superficie de cette zone est de 14 000 km². Cette mesure a été prise pour protéger la baleine noire.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Pêches et Océans a imposé la fermeture de la zone statique à partir du 28 avril 2018 aux pêcheurs de crabe des neiges. La superficie de cette zone est de 14 000 km². Cette mesure a été prise pour protéger la baleine noire.

Photo : Pêches et Océans Canada

Le MSC estime toutefois qu’il ne suffit pas d’une saison sans mortalité pour prouver qu’il n’y a plus aucun danger d’empêtrement. L’industrie devra fournir d’autres preuves pour démontrer que la pêche au crabe des neiges ne nuit pas au rétablissement de la population des grands mammifères marins.

Il ne reste qu’un peu plus de 400 baleines dans l’ensemble de l’Atlantique Nord.

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Industrie des pêches