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Transport en commun : les coûts d’exploitation exploseront dans le Grand Montréal

Des autobus de la STM au centre de transport sur Saint-Denis
Présentement, 25 % de tous les déplacements dans le Grand Montréal sont effectués au moyen du transport collectif. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Une explosion de la facture reliée au transport en commun est prévue dans la région métropolitaine au cours des dix prochaines années : les coûts d'exploitation vont doubler d'ici 2028.

C’est la conclusion à laquelle arrive la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) dans un document obtenu par le journal La Presse.

La CMM finance 30 % de la facture totale du transport collectif. Présentement, les 82 municipalités membres de la CMM se partagent une facture de près de 3 milliards de dollars pour le transport en commun. D’ici 2028, ce montant s’élèvera à 5,7 milliards de dollars.

« Cette évaluation tient compte du coût d'exploitation des services actuels ainsi que de ceux qui seront livrés durant cette période », rapporte le quotidien.

Cette projection n’inclut pas les promesses de la Coalition avenir Québec de prolonger le réseau express métropolitain vers la couronne ou la création d’un tramway dans l’est de Montréal.

Les villes disposent de l’impôt foncier pour financer leurs services. Or, ce levier possède ses limites. Présentement, la plupart des administrations municipales refusent de hausser les taxes au-delà du taux d’inflation qui se situe à environ 1,8 %.

Un appel au dialogue

La mairesse de Montréal Valérie Plante, qui défend le transport collectif et prône la construction de la ligne rose de métro, a lancé un appel au dialogue afin de trouver des solutions.

La Ville de Montréal paie actuellement 800 millions de dollars pour le transport en commun et dans dix ans la somme grimpera à 1,7 milliard de dollars.

« Les gens qui utilisent le transport collectif à l’échelle métropolitaine, cela va au-delà des 82 municipalités. Alors, il faut réfléchir à comment est-ce qu’on finance les projets de développement. Mais là, on parle essentiellement juste de l’exploitation. On ne parle même pas de projets… », a déclaré Mme Plante.

Photo d'une femme aux cheveux noirs derrière un micro qui soulève l'une de ses mains en fermant les doigts.La mairesse de Montréal Valérie Plante presse Ottawa de financer plusieurs projets de transport dans son prochain budget. Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Des pistes de solutions

Trajectoire Québec, une association qui défend les intérêts des citoyens en matière de transport collectif, estime que le temps presse pour trouver des solutions de rechange.

Son président, François Pépin, affirme : « Je vous dirais surtout avec l’urgence que les taxes qui viennent du pétrole et de l’essence vont aller en diminuant, forcément avec une diminution de la consommation d’essence ».

François Pépin a songé à des moyens alternatifs de financer les services de transport et il a déjà identifié de possibles solutions.

« Il y a différentes pistes qui peuvent être explorées. On parle d’écofiscalité. Essentiellement, c’est de faire payer les gens selon l’utilisation des réseaux qu’ils font. On peut penser à un péage kilométrique autant en transport collectif qu’en transport automobile », a-t-il dit.

La CMM souhaite que d’ici dix ans 35 % de tous les déplacements soient effectués grâce au transport collectif. Présentement, ce taux est de 25 % et stagne en raison de l’offre de service.

Québec consulte les municipalités

Questionnée à ce sujet lors de l'annonce de la réfection du pont Pie-IX, la ministre responsable de la Métropole et ministre déléguée aux Transports, Chantal Rouleau, a indiqué que le député de Beauharnois, Claude Reid, avait été mandaté par le ministre des Transports, François Bonnardel, « pour faire le tour des maires des municipalités pour faire une consultation sur le financement [du transport en commun] ».

Attendu à la fin de l'année, le rapport du député doit contenir des recommandations sur le financement du transport en commun. La ministre n'a pas voulu préciser le type de solutions qui étaient envisagées par Québec.

Avec les informations de Pascal Robidas

Transport en commun

Société