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Analyse

Démocrates et Donald Trump : une guerre sans merci

Le président Donald Trump avant le discours sur l'état de l'Union, avec le vice-président Mike Pence et la présidente de la chambre Nancy Pelosi, au Capitol à Washington, le 5 février 2019.

Le président Donald Trump avant le discours sur l'état de l'Union, avec le vice-président Mike Pence et la présidente de la chambre Nancy Pelosi, au Capitole à Washington, le 5 février 2019.

Photo : Reuters

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les démocrates viennent de laisser tomber les gants. La bataille qu'ils amorcent contre Donald Trump commence vraiment. Elle sera longue et sanglante. Le comité judiciaire de la Chambre, maintenant dirigé par les démocrates, exige des documents à 80 personnes, organisations et entreprises liées au président des États-Unis.

Ils veulent démontrer que le chef de la Maison-Blanche est responsable d'entrave à la justice ou a été impliqué dans de la corruption, ou encore qu'il a profité de son poste pour s'enrichir. L'importance de la démarche des démocrates est telle qu'il est difficile pour l'instant d'en saisir toute l'ampleur. Les personnes visées par le comité ont toutes été ou sont encore proches de Donald Trump.

Donald Trump Jr, Eric Trump, Jared Kushner (gendre du président), Don McGahn (ex-conseiller juridique à la Maison-Blanche), Paul Manafort (ex-directeur de campagne), Jeff Sessions (ex-ministre de la Justice), Michael Flynn (ex-conseiller à la sécurité nationale), Hope Hicks (ex-directrice des communications), Allen Weisselberg (ex-comptable), Reince Priebus (ex-directeur de cabinet), Stephen Bannon (ex-stratège en chef) et Sean Spicer (ex-secrétaire de presse), pour ne nommer que ceux-là, doivent tous remettre leurs documents d'ici le 18 mars.

Stratégie des petits pas

Par ce geste d'éclat – une opération que la Maison-Blanche s'est empressée de qualifier de « honteuse » –, les démocrates tentent de calmer leur base qui réclame de plus en plus la destitution de l'actuel président. Ils adoptent la stratégie des petits pas qui pourrait durer longtemps et faire mal paraître Donald Trump. Le comité veut accumuler des preuves afin que la destitution paraisse inévitable. Il souhaite surtout s'assurer que l'enquête et le rapport Mueller restent en vie le plus longtemps possible au cas où ses conclusions ne seraient pas rendues publiques.

Durant deux ans, les républicains ont contrôlé les comités de la Chambre et ont voulu en savoir le moins possible sur Donald Trump. Ils n'avaient aucun intérêt à embarrasser publiquement l'homme qui leur a redonné le pouvoir. Disons que les républicains n'ont pas insisté pour connaître la vérité. Le retour des démocrates change radicalement la joute politique. Donald Trump est aujourd'hui sous haute surveillance.

Les démocrates veulent maintenant tout connaître des rencontres, des conversations, des échanges de courriels, des mémos, des documents qui ont eu lieu et circulé durant la campagne et dans l'administration Trump. Les demandes du comité visent aussi le département de la Justice et le FBI. On veut savoir si le président a abusé de ses pouvoirs et tenté de promouvoir ses entreprises au détriment de la constitution des États-Unis.

Des gouvernements étrangers utilisent-ils l'hôtel Trump à Washington pour s'attirer les faveurs du président? A-t-il négocié un projet d'une tour à condos à Moscou durant la présidentielle? Le président a-t-il utilisé adéquatement sa fondation? Savait-il que Wikileaks s'apprêtait à publier des documents pour nuire à Hillary Clinton? Était-il au courant de la rencontre du mois de juin à New York pendant laquelle une avocate russe a rencontré son équipe pour probablement lui offrir des informations embarrassantes sur la candidate démocrate? Que savait Donald Trump des contacts de Michael Flynn avec l'ambassadeur russe Sergey Kislyak? Beaucoup de questions et de zones d'ombre, mais très peu de réponses jusqu'à maintenant.

Destitution

La démarche des démocrates est d'autant plus significative que c'est ce même comité judiciaire qui mènerait une éventuelle procédure de destitution. Une idée qui ne plaît pas pour l'instant à Nancy Pelosi, la leader démocrate à la Chambre des représentants. Elle est d'avis qu'il faut d'abord avoir les preuves avant de destituer le chef de la Maison-Blanche. De plus, les démocrates n'ont pas la majorité au Sénat dont il faut l'aval des deux tiers pour chasser un président du pouvoir.

L'idée de destituer Donald Trump divise les États-Unis où l'humeur politique est à trancher au couteau. Les démocrates veulent éviter de répéter l'erreur des républicains à la fin des années 1990. Ils avaient alors tenté de destituer Bill Clinton le transformant presque aussitôt en martyr. Même le leader républicain au Sénat, Mitch McConnell, a reconnu que cette tentative a beaucoup nui à son parti.

La stratégie des démocrates se veut une approche prudente, méthodique, mais déterminée afin de s'assurer que toute la vérité soit faite, un jour, sur les agissements du président. De cette façon, les faits et seulement les faits, souvent malmenés par cette administration, vont déterminer de l'avenir de Donald Trump et de sa place dans l'Histoire.

Christian Latreille est correspondant de Radio-Canada à Washington

Donald Trump, président des États-Unis

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