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Le prix du homard des Îles devant la Régie des marchés agricoles

Un vendeur saisit un homard vivant dans un marché public de poissons et fruits de mer à Beijing, en Chine, en juin 2018.

Un homard

Photo : Reuters / Thomas Peter

Joane Bérubé

Deux jours d'audience sont prévus, jeudi et vendredi, à la Régie des marchés agricoles sur le prix du homard entre l'Association québécoise de l'industrie de la pêche (AQIP) et l'Office des pêcheurs de homards des Îles-de-la-Madeleine.

Les deux organisations seront en arbitrage pour réévaluer la valeur témoin qui sert à établir le prix payé au débarquement par les industriels.

Aux Îles-de-la-Madeleine, le prix du homard est calculé en fonction du prix de vente reçu par les industriels. C’est 75 % sur le premier 3 $ et 90 % sur la balance. C’est une bonne moyenne aux pêcheurs, juge le directeur général de l’AQIP, Jean-Paul Gagné.

Toutefois, si l’écart entre ce prix et celui de la valeur témoin est supérieur à 25 ¢, le prix sera réajusté. La valeur témoin retenue est celle du Seafood Price-Current établi selon la moyenne des transactions réalisées aux États-Unis entre acheteurs et vendeurs de homard.

Selon l’AQIP, le Seafood Price-Current ne reflète pas le prix payé par le premier acheteur. On ne peut pas appliquer ça, on serait à zéro dans les marges bénéficiaires. L’an dernier, ils [les régisseurs] nous ont donné raison de ne pas appliquer ça, mais c’est toujours une épée de Damoclès qu’on a au-dessus de la tête, indique Jean-Paul Gagné.

L’AQIP souhaiterait que le prix témoin soit celui de la Nouvelle-Écosse.

Révision de la formule?

Le négociateur mandaté par l'Office des pêcheurs de homards des Îles-de-la-Madeleine, Me Claude Régnier, explique les homardiers veulent de leur côté que le prix soit établi selon le marché.

D’après Me Régnier, les pêcheurs souhaitent que la révision soit celle de la formule de calcul des prix. On veut que l’établissement du prix soit une conséquence du marché, voir quel est l’état du marché, voir quel est le prix de vente pour les acheteurs et trouver un juste milieu entre les deux pour mettre à la fois aux acheteurs et aux pêcheurs d’y trouver leurs bénéfices.

Le représentant de l’Office note lui aussi que depuis 2014, la marge entre les prix payés par les meilleurs acheteurs et la valeur-témoin s’est élargie brusquement et que cet écart a encore progressé en 2015. La courbe des prix est la même, dit-il, mais la marge est beaucoup plus grande. On veut réussir à effacer cette marge de manière à ce qu’on tienne compte de ce qui est survenu sur le marché.

La formule de calcul de prix du homard des Îles date de la fin des années 1990.

Prix de l'an dernier

L'issue des audiences viendra aussi déterminer le prix que les pêcheurs auraient dû recevoir pour huit des neuf semaines de pêche de la saison dernière. Compte tenu des délais, la décision de la Régie des marchés agricoles pourrait survenir après le début de la saison de pêche, en mai prochain.

M. Gagné se dit déçu que les deux parties se retrouvent encore une fois devant la Régie des marchés agricoles.

Les audiences devaient avoir lieu à l’automne ont été reportées en janvier, puis en mars. La saison 2019 est à nos portes et il n’y a rien qui nous dit que la décision de la Régie va être rendue avant le début de la saison, déplore Jean-Paul Gagné. Les gens se basent normalement sur le prix de la saison précédente, mais si on ne l’a pas, ça devient compliqué, ajoute-t-il.

Il souligne que son organisation demande depuis plusieurs années que soit révisée la loi sur la mise en marché des produits agricoles qui encadre le fonctionnement de la Régie. Jean-Paul Gagné estime entre autres que le nombre de régisseurs est insuffisant pour répondre à l’arbitrage des multiples programmes mixtent qui existent dorénavant au Québec.

Les négociations étaient toujours en cours, la semaine dernière, entre les parties afin d’éviter l’arbitrage. On s’approche, mais on n’a pas réussi à trouver un terrain d’entente alors l’arbitrage tient toujours, commente Me Régnier.

Les audiences doivent se dérouler jeudi et vendredi au Centre récréatif de L’Étang-du-Nord aux Îles-de-la-Madeleine.

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Industrie des pêches