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Réductions d’impôts : Kenney courtise le patronat

Le chef du Parti conservateur uni de l'Alberta Jason Kenney sur une estrade au Metropolitan Conference Centre de Calgary.
Le chef du Parti conservateur uni de l'Alberta, Jason Kenney, veut baisser les impôts des entreprises d'un tiers, s'il est élu. Photo: Radio-Canada / Axel Tardieu
Radio-Canada

Le chef du Parti conservateur uni de l'Alberta (PCU), Jason Kenney, a promis de réduire les impôts des entreprises d’un tiers. S’il est élu, il se donne quatre ans pour faire baisser leur taux d’imposition de 13 à 8 % dans l'espoir de rendre la province fiscalement plus attrayante auprès des entrepreneurs.

En point de presse à Calgary, il a affirmé que l’augmentation des impôts des entreprises, imposée par le NDP, a entraîné une baisse de revenus pour la province.

« En 2014-2015, l’Alberta a généré plus de 5 milliards de dollars grâce aux entreprises. Cette année, le NDP anticipe à peine un peu plus de 4 milliards de revenus. Ils ont donc augmenté les taux de 20 % mais génèrent bien moins de retombées », soutient Jason Kenney.

Cela démontre que leur vieille lutte de classes économiques ne fonctionne pas.

Jason Kenney, chef du PCU

Pour le politologue de l'Université de l'Alberta, Frédéric Boily, cette promesse électorale n'a rien d'audacieux dans la mesure où elle s'inscrit dans la tradition politique des conservateurs. « C'est toujours la fameuse théorie du ruissellement : la production de richesses commence vers le haut et ruisselle sur tout le monde, c'est assez classique. »

Un modèle économique datant de 2012

Jason Kenney s’appuie sur une étude de l’économiste Bev Dahlby publiée en 2012. À la lumière de ce modèle, adapté au contexte actuel, il affirme qu’une réforme fiscale en faveur des entreprises générerait 1,2 million de dollars supplémentaire pour la province d’ici 2023. Il espère également créer « au moins 55 000 emplois ».

« 170 000 Albertains n’ont pas de travail. Des dizaines de milliers ont arrêté d’en chercher. Le revenu annuel des classes moyennes a baissé de 6 400 dollars depuis l’élection du NPD. Le chômage a augmenté pendant six mois sur les huit derniers. Ça ne peut plus continuer ainsi », relève le chef du Parti conservateur uni de l'Alberta.

Cette baisse d’impôts s’appliquerait également aux entreprises de moins de 500 employés.

« L’Alberta a été un leader au Canada en matière d’emplois, de revenus et de croissance dans les dernières décennies, notamment grâce aux faibles taux d’imposition qui ont attiré des centaines d’entreprises comme le Canadien Pacifique et Imperial Oil. Mais aujourd’hui, le NDP a augmenté les impôts des entreprises au point de dépasser ceux de l’Ontario et du Québec, en n’offrant aucun avantage par rapport à nos voisins de la Colombie-Britannique et de la Saskatchewan », considère Jason Kenney.

Un cadeau pour les grosses entreprises, selon le NDP

Jason Kenney avait à peine fini son annonce en conférence de presse que Rachel Notley a répondu aux arguments de son adversaire.

Pendant les élections, il s’agira de choisir entre les intérêts des « grosses entreprises qui font déjà des profits » et l’égalité des chances pour tous, a-t-elle relevé lors d'un symposium sur l’éducation en Alberta.

Cette mesure constituerait la baisse d’impôts la plus conséquente jamais donnée aux entreprises de notre histoire. Est-ce que notre priorité est d’aider les entreprises qui font déjà des profits ?

Rachel Notley, première ministre de l'Alberta

Elle estime que cette mesure coûterait 4,5 milliards de dollars aux Albertains sur quatre ans.

Avec les informations d'Audrey Neveu

Alberta

Politique provinciale